Ecologique/Epoustouflant/Pratique

À la découverte des superbes oiseaux des Llanos

oiseaux llanos hoatzin

Un hoatzin se laisse apercevoir, perché sur la plus haute branche

J’ai eu récemment l’occasion de participer à un atelier d’initiation à l’observation d’oiseaux. C’était à Elorza, en plein cœur des Llanos, une région réputée pour la grande variété d’oiseaux qui y nichent. Dans ces plaines immenses inondées plusieurs mois par an, où alternent savanes et forêts, ce sont plusieurs centaines d’espèces que l’on peut observer. Aux espèces autochtones et sédentaires s’ajoutent en hiver les migrateurs venus du Nord. Une terre bénie, donc, pour les ornithologues tant professionnels qu’amateurs.

Je passerai rapidement sur la partie théorique de l’atelier, qui consistait surtout à aiguiser les facultés d’observation des participants (pour la plupart de futurs guides touristiques) et à les appliquer spécifiquement aux oiseaux, exemples à l’appui. Ce que tout le monde attendait, c’était la sortie sur le terrain et l’observation in situ.

L’activité a été à la hauteur des espérances : en trois jours, ce sont plus de 200 espèces qui ont été observées, et cela dans un même espace relativement confiné : le Hato Peñalero, une grande propriété située à seulement quelques kilomètres d’Elorza. La particularité du lieu : ses propriétaires sont conservationnistes et interdisent la chasse et la pêche sur leur territoire. Si bien qu’en plus des nombreuses espèces d’oiseaux, nous avons pu observer sans peine des troupes de chiguires (capybaras) et des dizaines de chevreuils paissant librement dans la savane. Sans compter les caïmans, les iguanes, les chauve-souris et autres habitants de ces lieux.

Ni lève-tard, ni couche-tôt

Mais revenons à nos oiseaux. Pour bénéficier des moments les plus favorables à l’observation, il vaut mieux n’être ni un lève-tard, ni un couche-tôt. En effet, il faut être sur pied dès 5 heures du matin pour profiter des premières activités diurnes des dizaines de milliers d’oiseaux qui peuplent l’endroit. À partir de 9 heures, la chaleur devient étouffante et les activités décroissent progressivement jusqu’en fin d’après-midi, où elles reprennent de plus belle, jusqu’à la tombée de la nuit. C’est alors que commence l’observation des oiseaux nocturnes, qui prendra encore quelques heures. Au total, une journée bien remplie, entrecoupée par une longue sieste au moment le plus chaud de la journée : l’observateur mène en quelque sorte une vie d’oiseau !

Au petit matin, nous avons installé quelques filets permettant de capturer des oiseaux sans leur causer de dommage. Une fois capturé, l’oiseau est identifié, photographié, puis immédiatement relâché. Ce n’est sans doute pas la manière la plus naturelle de les voir, mais beaucoup d’oiseaux se laissant difficilement observer, il était utile de les capturer dans le cadre de cet atelier, afin que les participants puissent s’exercer à l’identification et se familiariser avec un maximum d’espèces différentes.

Les photos obtenues dans de telles conditions ne sont pas les meilleures : l’oiseau est souvent stressé et adopte des attitudes peu naturelles. Par contre, la capture permet de faire des gros plans qu’il serait bien difficile d’obtenir en prise naturelle. Quoi qu’il en soit, je reste personnellement un partisan de l’observation sans filet et de la photographie prise en pleine nature. Même si elles limitent le nombre des espèces observées, ces conditions-là sont irremplaçables pour une observation des attitudes et comportements réels de l’oiseau. Elles sont aussi plus respectueuses de la nature. Et tant pis pour les fanatiques et collectionneurs patentés qui sont prêts à bousculer l’ordre naturel pour observer toujours plus d’espèces !

Observateur attentif

Au final, ce fut une intéressante expérience. Même si je ne prétends pas devenir un ornithologue ni même un fana de birdwatching, je verrai dorénavant les oiseaux avec d’autres yeux : ceux d’un observateur attentif plutôt que ceux d’un simple touriste qui s’extasie superficiellement sur le nombre et la variété des oiseaux des Llanos, sans chercher à en savoir plus. Je chercherai, moi, à en savoir plus.

Deux livres de référence m’accompagneront dorénavant dans mes pérégrinations : Una Guía de las Aves de Venezuela, de William H. Phelps, Jr. et Rodolphe Meyer de Schauensee (éd. Ex Libris, 1994, épuisé) et Birds of Venezuela, 2nd ed., de Steven L. Hilty, Princeton Univ. Press, 2003.

Voici le résultat photographique de ces deux journées d’atelier :

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3 réflexions sur “À la découverte des superbes oiseaux des Llanos

  1. Cet atelier a du être passionnant, dans quel cadre (privé, public) avez vous pu y assister? Je suis franchement intéressée et suis une birdwatcheuse on ne peut plus amateur qui ne demande qu’à peaufiner ses techniques d’observations!

    • Bonjour Audrey,
      L’atelier était organisé dans le cadre d’un projet de tourisme de base communautaire que mène à Elorza la fondation pour laquelle je travaille. Il était ouvert au public local, essentiellement un groupe de jeunes désireux de s’initier aux techniques pour devenir guide de nature.

      • Dans le cadre d’un voyage en 2010 ( blog venezuela-en-quete) j’ai pu approcher les merveilles naturelles et sauvages de ce pays; avec un modeste appareil j’avais ramené quelques clichés du Delta de l’Orenoque, et en particulier le Hoatzin, des perroquets..mais pas d’aussi près que les vôtres…

        Christine

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