Inattendu/Insolite/Politiquement incorrect

Les commérages de WikiLeaks

wikileaksLes câbles diplomatiques publiés par WikiLeaks ne manquent pas de révélations intéressantes sur la politique des États-Unis à l’égard du Venezuela. Mais on y trouve aussi quelques perles amusantes qui feront désormais partie de la petite histoire, à défaut de la grande. Des ragots, des commérages apparemment sans importance, mais tout de même révélateurs.

Voyez ce câble émis le 1er octobre 2008 par l’Ambassade des États-Unis à Caracas. Il relate un incident qui s’est produit la veille à bord d’un vol American Airlines, lors de son arrivée au Venezuela.

Un membre de l’équipage aurait diffusé l’annonce suivante :

Welcome to Venezuela. Local Chavez time is… » [Bienvenue au Venezuela. Il est … h., heure locale de Chávez.]

Il s’agissait d’une allusion pas très diplomatique -c’est le moins que l’on puisse dire-, au changement horaire de trente minutes que le gouvernement vénézuélien avait instauré quelques mois auparavant, en décembre 2007. Seulement voilà : un passager de l’avion n’a pas entendu exactement la même chose. Selon lui, l’annonce disait :

Welcome to Venezuela. Loco Chavez time is… » [Bienvenue au Venezuela. Il est … H., heure du fou Chávez.]

Il est vrai qu’entre local prononcé à l’anglaise et l’espagnol loco, la différence de prononciation est minime. Cette petite différence allait mener en quelques minutes à un incident diplomatique mineur, de ceux qui viennent empoisonner les relations par des détails de peu d’importance, mais qui révèlent aussi l’extrême sensibilité qui prévaut concrètement dans le rapport entre les deux pays.

Accord à l’amiable

En effet, à la descente de l’avion, la personne qui attendait le passager mécontent n’était autre qu’un membre de l’Assemblée nationale élu sur les listes du PSUV (Parti socialiste unifié du Venezuela). Ce dernier ne s’est pas fait prier pour téléphoner directement au vice-président de la République, qui a immédiatement tout mis en branle pour procéder à la détention des membres de l’équipage de l’avion. Ceux-ci ont dû rester dans l’aire internationale de l’aéroport en attendant la résolution de l’incident.

On ne saura sans doute jamais si le mot prononcé a été local ou loco. En effet, avant que les preuves de l’enregistrement ne soient recueillies, le représentant d’American Airlines au Venezuela est parvenu à un accord à l’amiable avec les autorités vénézuéliennes : l’avion redécollera sans passagers vers les États-Unis avec l’équipage incriminé aussitôt que le plein de carburant sera effectué.

Ainsi en fut-il. Le coût de l’incident était considérable pour la compagnie aérienne : le lendemain matin, le vol 902 de Caracas à Miami a dû être tout simplement annulé.

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2 réflexions sur “Les commérages de WikiLeaks

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