Politiquement incorrect

Le charisme de Chávez : en plein dans le mille!

Chavez durant un meeting

Il faut vraiment être de mauvaise foi (mais beaucoup le sont) pour ne pas reconnaître que Hugo Chávez possède un charisme peu commun. Il est un animal politique de la meilleure race, qui parvient à charmer, conquérir ou convaincre ses interlocuteurs en deux temps trois mouvements. Il possède une extraordinaire facilité de parole, s’adapte quasi mimétiquement au public en face de lui et semble se trouver à l’aise dans toutes les situations, que ce soit à la tribune de l’ONU ou face à des militants enflammés. Aussi a-t-on pu le comparer à une espèce de Zelig, le célèbre personnage-caméléon inventé par Woody Allen.N’est-ce pas précisément ce don de parole qui le rendit célèbre, lorsque, le 4 février 1992, au matin de son coup d’état manqué, face à toutes les caméras du Venezuela, il fit en 169 mots et un peu plus d’une minute une historique déclaration de reddition. Après un tel échec, n’importe qui aurait perdu la face. Lui, au contraire, l’a gagnée : depuis cette date, il n’est plus sorti de l’histoire du Venezuela.

Pas plus tard qu’il y a deux semaines, une députée européenne de passage au Venezuela (dont je tairai diplomatiquement le nom), qui avait eu la chance de rencontrer Hugo Chávez, me commentait, à manière de confirmation, que le personnage débordait effectivement de charisme. Elle ajoutait même, en aparté, qu’il ne manquait pas de sex appeal, un fameux compliment venant d’une représentante de la gent féminine!

Corps et âme
Un exemple parfait de ce charisme en action, je le trouve exprimé textuellement dans le blog de Pierrecito, un jeune français venu passer quelques mois à Caracas (sans doute dans le cadre d’un stage d’étudiant). Lui aussi a eu la chance de rencontrer le président à Miraflores, le palais présidentiel. Après en avoir expliqué avec force détails les circonstances, Pierrecito explique :

Ce bonhomme est vraiment incroyable. Si on rapproche un programme politique vraiment excellent au charisme qu’il dégage, on comprend son soutien populaire. Il m’est difficile de parler plus de la personnalité de Chavez. En fait, ce n’est pas tellement intéressant car après tout on se fiche de l’homme, ce qui compte c’est ce qu’il fait, mais il faut connaître le personnage pour se rendre compte du charisme qu’il a. Ce charisme, cette proximité que les classes basses lui reconnaissent parce qu’il parle comme quelqu’un du peuple, parce qu’il va dans les barrios [bidonvilles], parce qu’il fait énormément pour cette population (qui représente 60% du pays, ne l’oublions pas) à laquelle aucun dirigeant ne s’était jamais réellement intéressé, c’est cela qui fait Chavez.

Pierrecito, malgré son discours quelque peu ingénu, se révèle être un excellent analyste, critique et clairvoyant :

Aujourd’hui, j’ai compris quelque chose de « bien important », comme on dit ici.Quand j’étais dans ce salon, j’ai senti les motivations d’une politique, de toute une ambitieuse pensée qui vise à développer un pays qui manque de presque tout, sauf de bonheur. Mais ce que j’ai senti, aussi, c’est l’odeur du pouvoir. Toute cette adulation, toutes ces responsabilités, tous ces projets – tout cet argent – se réparti dans des mains qui acquièrent d’autant plus de pouvoir qu’elles sont populaires. Je n’ai pas vraiment d’opinion sur le sujet… ça pue le pouvoir, mais en même temps on ne va pas reprocher à un gouvernement d’être populaire, non ?

En fait, ce que j’ai réalisé, c’est la différence entre la recherche du pouvoir que doivent lorgner bien des opportunistes qui enfilent le tee-shirt rouge, et l’altruisme qui m’envahit comme les autres lorsque je parcours le barrio. C’est cela, quand on se mêle au travail communautaire, on rencontre sans arrêt des gens plein d’énergie, qui croient dans leur futur, qui on envie de changer des choses et parlent avec enthousiasme, même si rien ne va comme il faudrait… Les gens s’organisent, c’est dur mais les choses avancent, petit à petit.

Les habitants des barrios se sont toujours organisés entre eux, car ils n’ont pas le choix : délaissés, quand ils sont arrivés, il leur a fallu tout organiser eux-mêmes. Naturellement, des systèmes d’entraide se sont formés, pour aider les nouveaux arrivants (lui affecter un terrain, l’aider à faire sa maison), pour aider ceux qui ont un problème (tout le monde se cotise quand un enfant est malade), ou pour organiser la ville (réclamer trois sous à la mairie pour acheter des tuyaux et improviser les réseaux)… Mais depuis que le gouvernement s’occupe d’eux, tout change : la constitution décrit la participation populaire comme une composante des pouvoirs, les missions gouvernementales mettent en place des services de proximité, des budgets, des prêts sont accordés aux coopératives pour développer des projets de développement…

Et Pierrecito conclut :

Toute une population prend confiance pour travailler pour le futur. Cette énergie, on la ressent partout, et cumulée à la générosité naturelle des gens, à leur sympathie, cela donne tout simplement envie de s’engager corps et âme avec eux. Naturellement.

Hugo ChávezLà, on s’aperçoit que le charisme de Chávez a véritablement fonctionné. Il a été le déclencheur d’une émotion et d’une réflexion qui ont poussé Pierrecito à s’engager corps et âme aux côtés des plus démunis.

Et des Pierrecitos, il y en a plus qu’on ne pense, en Europe, en Amérique du Nord, et même, figurez-vous, au Venezuela!

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