Etonnant

Le bruit, c’est la vie

Camerata roja, por Jacobo Borges

Le bruit est un élément essentiel de la vie au Venezuela. S’il n’y a pas de bruit, il n’y a pas de vie. Aussi simple que cela.

Vous fêtez entre amis? Faites du bruit, il faut que cela se sache. Vous regardez un match de foot à la télé? Mettez-la à plein volume, que tout le monde entende quand il y a un GOOOOOOOOOOOOOOOOOL! Vous parlez au téléphone dans la rue? Criez plus fort encore, que l’on sache bien que vous vous disputez avec votre bon(ne) ami(e). Vous allez à la plage? N’oubliez surtout pas votre sound system, il doit être plus puissant que celui du voisin. C’est vendredi soir? Baladez-vous toutes fenêtres ouvertes dans votre bolide gueulant du reggaeton à tous vents.

Question de modernité? Affaire de jeunes? Non, pas seulement. Le goût du bruit transperce ici les époques, fait fi des générations. Un exemple : les messes d’aguinaldo, en décembre. Quoi de plus traditionnel? Eh bien, à six heures du mat, on vous réveillera le voisinage à coup de mortier pour vous annoncer qu’elles commencent (voir mon billet sur le sujet). Quant aux fêtes de village, tout ce qu’il y a de plus traditionnel également, ce ne sont qu’explosions durant une semaine pour accompagner les vierges et les saints! Même les enterrements sont ici plutôt bruyants, si on les compare à d’autres!

Le bruit fait donc partie intégrante de l’idiosyncrasie vénézuélienne. Il est partout et toujours de la partie. Alors, si vous venez par ici, savourez-le dans toutes ces dimensions, vivez-le à fond, participez-y sans remords, jouissez de la cacophonie. Et qu’il ne vous vienne surtout pas à l’idée de vous plaindre. Personne ne vous entendra, au milieu du tintamarre.

En un mot, vivez comme le Vénézuélien et, avec lui, persuadez-vous d’une chose : le silence, c’est la mort.

Illustration : Camerata Roja, du peintre vénézuélien Jacobo Borges
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Une réflexion sur “Le bruit, c’est la vie

  1. « Le bruit, c’est la vie », c’est exactement ce que le patron d’un restaurant a fait remarquer à mon épouse (brésilienne), un jour où elle lui faisait remarquer à quel point son établissement est bruyant. Le Brésil aussi est bruyant, quoi que peut-être moins que le Venezuela si j’en juge par ton billet.

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