Désolant

Des pâtes impérialistes pour les pauvres

Pâtes du Mercal fabriquées par Cargill

On connaît les diatribes de Hugo Chávez contre les méfaits de l’impérialisme et des grandes entreprises multinationales. On connaît moins certains accommodements que la révolution bolivarienne peut prendre avec certains de ses « ennemis ».

Un exemple ? Le gouvernement a lancé de grands programmes sociaux appelés misiones [missions]. Parmi celles-ci, la mission Mercal a consisté à mettre sur pied un réseau parallèle pour la distribution et la vente des produits de première nécessité. Même si les magasins et marchés Mercal s’adressent en priorité aux moins nantis, ils sont ouverts sans discrimination à tous les Vénézuéliens. Il s’agit d’un effort gouvernemental pour rompre les tout-puissants monopoles de distribution du pays et défendre le pouvoir d’achat des plus pauvres. Sans aucun doute, les intentions sont bonnes, même si parfois elles se trouvent compromises par certaines pratiques de corruption et de favoritisme, déviation fréquente au Venezuela.

Eh bien, les pâtes que l’on vend dans les Mercal à 1200 bolivars le kilo (environ 0,30 €) sont fabriquées par Cargill du Venezuela, ni plus ni moins. Cargill, l’une des multinationales les plus vilipendiées au monde pour ses pratiques peu respectueuses de l’environnement et des droits des travailleurs!

Jugeons-en : Cargill joue un rôle pivot dans la destruction de l’Amazonie, dénonce Greenpeace. Non seulement la multinationale participe activement, voire frauduleusement, à la déforestation afin de promouvoir la culture intensive du soja, mais encore elle compte parmi ses fournisseurs des fermes pratiquant des formes d’esclavagisme. Cargill a d’ailleurs été condamnée à plusieurs reprises par la justice brésilienne, en raison de ses pratiques abusives.

On n’en est pas là au Venezuela. Certes, présente surtout dans la grande distribution, Cargill contrôle une bonne partie du marché des farines, du riz, des huiles et des pâtes, à tel point qu’il est bien difficile d’éviter ses produits dans les supermarchés. Mais, somme toute, la filiale vénézuélienne de Cargill apparaît comme une entreprise capitaliste tranquille et exemplaire, qui soulève un minimum de vagues.

Il n’empêche : la mission Mercal pourrait choisir des fournisseurs plus recommandables, et favoriser notamment la petite et moyenne industrie nationale. Ce serait une bonne façon de pratiquer dans les faits le « développement endogène » que prêche à longueur de discours Hugo Chávez et d’offrir des pâtes moins impérialistes aux Vénézuéliens.

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