Archive pour février, 2011


Contrebande d'essence entre le Venezuela et la Colombie

Contrebande par voie fluviale

Le prix extrêmement bas de l’essence au Venezuela facilite évidemment la contrebande vers les pays voisins, en particulier vers la Colombie, où le précieux carburant coûte en moyenne 60 fois plus cher! S’agissant de trafic illicite, il est difficile de connaître les quantités ainsi passées en fraude. On l’évalue cependant à un million de litres par jour, de quoi alimenter une ville de plus de deux millions d’habitants.

Tous les moyens sont bons pour pratiquer cette exportation illégale, dont l’ampleur indique qu’elle bénéficie de l’appui d’autorités vénézuéliennes, en particulier dans les rangs de l’armée et de la garde nationale. Une mafia s’est formée, qui va du capo qui contrôle les opérations jusqu’au petit passeur, chargé de franchir la frontière à ses risques et périls. Car la répression, aussi, existe. Une chose est certaine : dans ce petit monde, il est clair que l’argent permet bien des accommodements.

L’opération

Comment se déroule l’opération? Il s’agit d’abord de dévier du carburant destiné aux stations-services vénézuéliennes pour le destiner à la contrebande. On parle ici de camions citernes entiers dont le contenu doit changer de destination. Avec des complicités officielles, et une rémunération suffisamment élevée, cela peut s’obtenir. Ainsi, on a pu détecter qu’une partie du carburant destiné à la centrale thermoélectrique Planta Táchira était systématiquement détourné vers la Colombie.

Le liquide doit ensuite être transvasé dans des barils de 200 litres (les pipas), qui seront les récipients utilisés pour franchir la frontière. Pour ce transport à haut risque, on devra prendre les caminos verdes, soit des pistes de terre ouvertes dans la forêt, soit la voie fluviale. Voyez ces vidéos amateurs qui montrent l’ampleur de l’opération (et sa difficulté) :

Ensuite, il faut stocker l’essence ainsi déviée dans des endroits clandestins. À titre d’exemple, en voici un :

De lieu en lieu, les manipulations continuent, jusqu’au marché final. Dans la vidéo suivante, on voit en particulier l’opération de remplissage des bidons de 20 litres, les pimpinas, qui seront mises en vente directement aux automobilistes.

La police colombienne peut sévir, et ce n’est pas sans danger, comme le montre cette vidéo en hommage à un policier tué alors qu’il contrôlait des trafiquants d’essence :

Mais une grosse partie de l’essence entrée en contrebande se vendra ouvertement le long des routes colombiennes proches de la frontière. Son prix ? La moitié de ce qu’elle coûterait dans une station-service colombienne, mais bien plus cher qu’au Venezuela. C’est qu’il faut payer les nombreux risques encourus pour la mener jusqu’au consommateur. Voyez ce reportage de CNN qui résume bien la situation :

Station-service au Venezuela

Véhicule assoiffé...

On reparle de l’essence au Venezuela. À peine Hugo Chávez a-t-il déclaré dans son programme télévisé Aló Presidente du 13 février dernier que le gouvernement subsidie à plus de 90 % le prix de l’essence à la pompe et qu’il était nécessaire de réduire la consommation d’essence dans le pays que des cris effrayés se sont élevés de partout. Exemples :

  • « Nous sommes un pays pétrolier et je crois que nous méritons ce subside. »
  • « C’est une juste rétribution de la rente pétrolière aux Vénézuéliens. »
  • « Au moins, cette essence reste au Venezuela. Sinon, elle serait offerte en cadeau à Cuba, Équateur et Nicaragua et autres pays adeptes du communisme. »
  • « Je préfère qu’on me donne l’essence en cadeau plutôt que de l’augmenter et que ces nouvelles ressources finissent par aller en Bolivie, à Cuba, à Nicaragua, en Chine, en Russie ou aux ‘pauvres de Harlem’ à New York. »

Voilà pour le sentir du Vénézuélien moyen si vous l’interrogez dans la rue sur ce sujet ultra-sensible. Pour lui, l’essence la moins chère du monde (60 litres pour un euro !) est un droit, un point c’est tout. Quant à l’environnement, c’est la moindre de ses préoccupations : cette variable n’entre tout simplement pas en ligne de compte dans son radar personnel.

Des chiffres peu encourageants

Pourtant, si l’on recourt aux chiffres, ils ne sont guère encourageants :

  • En 1998, la consommation intérieure du Venezuela était de 70.876 barrils ; dix ans plus tard, elle atteignait 290.000 barrils, soit une augmentation de plus de 300 %.
  • Le Venezuela est de loin le pays d’Amérique latine consommant le plus de pétrole par habitant : 1749 litres par an, selon les chiffres de la CEPALC.
  • C’est aussi le pays qui produit le plus de dioxyde de carbone par habitant : 6, 3 tonnes annuelles, comme le mentionne le dernier rapport sur de développement humain du PNUD.
Le prix de l'essence au Venezuela

24 litres pour un demi dollar !

Face a cette réalité, la marge de manœuvre du gouvernement est plutôt réduite. Augmenter le prix de l’essence pour équilibrer les comptes et diminuer la consommation ? Un pari difficile à tenir si l’on tient compte de l’état d’esprit de la population et des risques politiques que cela entraînerait. L’histoire récente du pays l’indique : une mesure de ce type pourrait enflammer, voire déstabiliser le pays à moins de deux ans d’élections présidentielles décisives pour Hugo Chávez.

Autre mesure possible : instaurer un rationnement de l’essence. Ici aussi, le prix politique à payer serait très élevé (cela ressemblerait trop à Cuba !), sans compter qu’une telle mesure favoriserait la création d’un marché noir et d’une nouvelle mafia. De fait, répondant aux rumeurs qui commençaient à courir, le gouvernement a déjà déclaré qu’il ne procéderait ni à une augmentation des prix, ni à un rationnement.

Loin d’être gagné

Pour réduire la consommation et rééquilibrer les comptes de PDVSA, la compagnie pétrolière nationale, sur le marché intérieur (le “subside” équivaut à 1500 millions de dollars, selon le ministre de l’énergie), le gouvernement mise plutôt sur trois types de mesures :

  • Une incitation à l’utilisation du gaz naturel, moins cher et moins polluant, comme combustible pour les véhicules. Mais seulement 25.439 automobiles roulent actuellement au gaz, ce qui représente 5 % de l’objectif qu’avait prévu le gouvernement lors du lancement du programme.
  • Une campagne de publicité massive, afin d’inciter la population à épargner l’essence et pour faire la promotion de l’essence de moindre indice d’octane (ce qui diminuera le coût de la distribution et du transport)
  • L’incitation à l’installation sur les véhicules de dispositifs réduisant la consommation de carburant. Mais la vieillesse du parc automobile limite les effets d’une telle mesure. En outre, l’appui des constructeurs est nécessaire pour appliquer cette mesure.

Rien de transcendant dans tout cela, la politique en la matière étant basée essentiellement sur la bonne volonté du public. Lorsque l’on sait que, pour mettre Chávez en difficulté, l’opposition s’applique systématiquement à saboter toute mesure gouvernementale –fût-elle objectivement positive pour le pays–, on comprendra que le pari gouvernemental est loin d’être gagné !

> Lire aussi Petits calculs pétroliers et La première essence écologique au monde

Gonzalo González

Gonzalo González, défenseur des Indiens

Mes pérégrinations dans les Llanos du Venezuela m’amènent à rencontrer beaucoup de gens. Des gens ordinaires, que le hasard a mis sur mon chemin. Parfois, une conversation s’engage, spontanément, sans qu’elle ait été commandée par quoi que ce soit. Dans la rue, dans un magasin, autour de la table d’un petit restaurant… Il arrive ainsi que des vies émergent. Des vies ordinaires qui ont tout pour être extraordinaires. Je vous en propose trois, qui représentent, chacune à leur manière, ce qu’est la vie dans les Llanos.

Le petit père des Indiens

Il est de ces personnages qui inspirent le respect. Gonzalo González Cobreces est de ceux-là. D’origine espagnole, ce missionnaire dominicain a vécu sur plusieurs continents avant de s’installer à Elorza, au fin fond des Llanos, non loin de la frontière colombienne.

Il fut pendant des années le curé d’Elorza et de toute la municipalité, grande comme un département français. À ce titre, il prit résolument la défense des indiens Pumé et Cuiba qui y habitent. Il n’y a pas si longtemps, ceux-ci étaient encore chassés par les propriétaires criollos [colons blancs] comme du vulgaire gibier. En 1967 –c’était hier–, un massacre eut lieu dans la région, à la Rubiera : attirés dans un guet-apens, seize indiens Cuibas furent tués, puis leurs corps incinérés.

Le père González se porta immédiatement à la défense de la communauté Cuiba et témoigna dans le procès qui s’ensuivit cinq années plus tard, en Colombie.

Aujourd’hui retiré des ordres, Gonzalo González vit toujours à Elorza. Il reste ce grand humaniste qui a marqué la région de son empreinte d’homme intègre, défenseur de ceux qui apparaissent encore aux yeux de beaucoup comme des hommes de deuxième catégorie.

Tiberio, le paysan sans terre

La grande majorité des habitants des Llanos possèdent un fundo, ainsi que l’on désigne là-bas une propriété terrienne, qu’elle soit grande, petite ou parfois minuscule. Lorsque je demande à Tiberio -un homme calme et fier d’une soixantaine d’années- s’il a un fundo, il me répond immédiatement : « Non, je me suis fait avoir. J’ai travaillé pendant quarante ans dans un hato [grande propriété terrienne], j’ai même été contremaître, je n’ai rien obtenu pendant tout ce temps. » Comme beaucoup, Tiberio a travaillé pour un autre, a été absorbé par ce travail chichement rémunéré qui vous lie presque personnellement à un propriétaire et à une terre qui ne vous appartient pas. Plus le temps passe, plus il est difficile de s’en séparer.

Tiberio n’a donc pas eu le temps de penser à lui. Jusqu’au moment où il a fait le grand saut et a décidé de rompre avec sa condition. Il a commencé à étudier. Analphabète, il a débuté par la mission Robinson, qui lui a donné les rudiments équivalents à l’enseignement primaire : savoir écrire, savoir calculer… Puis il s’est inscrit à la mission Ribas, qui lui a permis d’obtenir un certificat d’études secondaires. C’est sa plus grande fierté : il est maintenant bachiller.

Le restaurant Angel de la Guarura à Elorza

Le restaurant Angel de la Guarura

Entre-temps, il s’est lié aux conseils communaux, les organisations de base créées par le gouvernement pour promouvoir la démocratie participative au niveau des communautés de vie (le quartier, le village, le hameau). Il a participé à la formation de la commune –une nouvelle structure également, créée pour faciliter la gestion locale– qui regroupe les conseils communaux de la localité d’Elorza. Un apprentissage social sans précédent pour Tiberio, ainsi d’ailleurs que pour des centaines de milliers de personnes au Venezuela.

Fort de cette expérience, Tiberio vient d’être nommé administrateur du tout nouveau restaurant socialiste Angel de la Guarura, géré par la Commune. Un nouveau défi pour lequel il est parfaitement armé : ses années de contremaître n’auront pas été tout à fait vaines. Ajoutez à cela sa récente formation scolaire et son engagement social, cela en fait un administrateur social comme il y en a peu. Pour lui, les chiffres ne sont pas tout, même s’ils sont importants, car il met aussi dans la balance les services que doit rendre le restaurant à la population locale, y compris à la population pauvre. Gageons qu’il obtiendra la réussite dans cette nouvelle entreprise qui est aussi pour lui une renaissance.

María, dix enfants et une rémunération de misère

Si l’esclavagisme a été officiellement aboli au Venezuela en 1854, il en reste de belles traces plus de 150 ans plus tard… Prenez le cas de María. Elle travaille dans un fundo où elle prépare quotidiennement la nourriture pour les ouvriers, s’occupe de la propreté des lieux et veille au bien-être du propriétaire lorsqu’il visite son domaine. Tenue de travailler sept jours sur sept, elle sort rarement du fundo. Pour ses services, elle reçoit une rémunération mensuelle de 200 bolivars (45 dollars au taux de change officiel), soit six fois moins que le salaire minimum ! Une misère ! Bien sûr, elle est logée et nourrie, et reçoit en outre du propriétaire des vêtements pour ses enfants…

Parlons-en de ses enfants. Elle en a dix, de pères différents et/ou inconnus (cela aussi fait partie de la réalité sociale des Llanos). Les plus jeunes vivent avec elle, dans le fundo. Mais ceux qui sont en âge d’aller à l’école vivent à Elorza, à une dizaine de kilomètres. María a eu de la chance : étant donné sa situation personnelle et familiale, le gouvernement lui a attribué une petite maison sociale dans un nouveau quartier d’Elorza. Ses plus grands enfants y vivent, les aînés s’occupant des plus petits. Seulement voilà : ce n’est pas la rémunération de Maria qui va leur permettre de subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. L’argent fait défaut même pour la nourriture et ce sont des voisins qui, bénévolement, doivent les nourrir.

María n’est pas au bout de ses peines : elle doit maintenant rembourser sa maison et se trouve théoriquement endettée pour vingt ans. Dans la pratique, il est possible (mais rien n’est certain) qu’on lui donne le droit d’occuper la maisonnette sans payer. Malgré tout, ses enfants restent en danger, tandis qu’elle ne peut espérer se libérer de son travail de misère. Que pourrait-elle d’ailleurs faire d’autre ?

Trois vies, trois destins

Trois vies, trois destins. À travers ces histoires individuelles, se dessine en filigrane ce que peut être la vie des petites gens dans les Llanos. Une société, qui malgré ses aspects conviviaux (la musique, la danse, la fête) présente une facette moins noble, faite de dureté, d’inégalités, d’injustices, et dans laquelle la sauvagerie n’est jamais loin.

Au travers ce ces vies, se dessinent aussi les efforts faits par le gouvernement chaviste pour renverser cet état de fait : missions éducatives, organisations de base, logement social, etc. Et encore : il n’a pas été question ici des occupations de terres, de la réforme agraire, des entreprises de production socialiste…  Autant dire que la bataille est rude contre des structures ancestrales ancrées historiquement dans le tissu social profond des Llanos.

Le concept n’est sans doute pas à la mode, mais c’est  bel et bien une lutte des classes qui se déroule dans les Llanos du Venezuela.

La bactérie du choléra

La bactérie du choléra

Si vous suivez de près l’actualité vénézuélienne (en suivant par exemple venezueLATINA sur Twitter –petite pub maison!), vous savez sans doute déjà qu’une alerte au choléra a été déclenchée dernièrement dans le pays. On a en effet détecté 250 cas de choléra au cours des deux dernières semaines. Vingt-huit personnes ont été hospitalisées.

Le plus étonnant est la façon dont le choléra est entré au Venezuela. Ce sont en effet 482 personnes de retour de République dominicaine, où ils avaient assisté à un mariage, qui ont importé la funeste bactérie dans le pays. Un mariage ! 482 invités vénézuéliens ! En République dominicaine !  Mince, ce n’est pas n’importe quoi, ni n’importe qui !

Curieusement, la presse nationale –officielle ou privée– n’a guère donné de détails sur l’identité des jeunes mariés, de leur famille, ou des invités.  Quelques-uns ont bien soupçonné, entre les lignes, les Cisneros, famille de magnats des médias qui, effectivement, a des intérêts en République dominicaine. Mais rien de vraiment concret : une espèce de silence gênant a plané sur l’information.

Noir mystère

Logo de Empresas Polar

Le logo de Empresas Polar

Une petite recherche nous a quand même permis d’éclaircir quelque peu ce noir mystère. C’est Miguel Salazar, journaliste indépendant bien informé et rédacteur de l’hebdomadaire Las Verdades de Miguel, qui a mené l’enquête la plus approfondie. Il révèle que ce n’est pas la famille Cisneros qui est impliquée dans l’affaire, mais bien l’une de ses rivales, la famille Mendoza, propriétaire de Empresas Polar, la plus grande entreprise agro-alimentaire du Venezuela (17 usines, 30.000 employés, production et distribution de bières, pâtes, farines, huile, riz, etc. sans compter les licences Pepsi-Cola, Frito-Lay, etc.). Du très beau linge, donc.

Je reprends ici la description que fait Miguel Salazar de ce qui s’est passé en République dominicaine :

La fête a eu lieu à Vista Chabon 16, maison de campagne de La Romana, à Santo Domingo. C’est là qu’ont été célébrées les noces entre une petite fille de la famille Mendoza et le fils d’un dentiste. C’est Eduardo Borberg (le père de la mariée) qui avait organisé la réception. Ce dernier, pour réduire les frais (faisant preuve d’une pingrerie aussi ancestrale que la croyance en le sang bleu des Mendoza) a loué les services d’une entreprise qui s’est approvisionnée en homards et fruits de mer dans une localité proche de la frontière de Haïti. Au début, on pensait que la fête serait animée par Juan Luis Guerra [célèbre chanteur de merengue dominicain], mais Borberg s’est désisté lorsqu’il a su que le chanteur exigeait 300.000 dollars pour sa participation. Il a donc engagé l’un des nombreux groupes qui pullulent dans les rues de Santo Domingo.

Furent invités à la noce 482 Vénézuéliens qui se sont déplacés moyennant un pont aérien organisé par Empresas Polar (…). Ont défilé les familles Pietri, Jiménez, Azpurua et Quintero, entre autres. Les riches Dominicains n’ont pas été invités, à l’exception du fils d’un ancien président de la République dominicaine et du propriétaire d’un consortium touristique-immobilier. À minuit, le champagne étant épuisé, on est passé au vin, à la vodka et au whisky. Les serveurs se sont multipliés pour offrir les homards infectés sur des plateaux imitation argent. (…). Les noces de l’infante des Mendoza était à peine terminée que les premiers symptômes du choléra se sont manifestés. Ainsi, Morella Pacheco de Pietri (grand-mère de la marieuse) a-t-elle été hospitalisée dans un centre de santé, où elle est restée pendant cinq jours. D’autres membres de la famille ont connu un sort similaire. Les autres sont revenus au Venezuela sans faire part de la situation. Les autorités de notre pays l’ont appris grâce à la diffusion sur Internet d’informations d’origine dominicaine.

Lorenzo Mendoza

Lorenzo Mendoza

Pas de mise en quarantaine

C’est sans doute cela le plus étonnant : à leur retour au Venezuela, les invités à la noce n’ont pas été mis en quarantaine, comme l’exigent les protocoles sanitaires en pareilles circonstances. Lorenzo Mendoza, l’actuel leader de la famille, n’a été soumis à aucun contrôle médical. Quelques jours après son arrivée au pays, il a même participé à la remise du trophée de baseball à l’équipe des Caribes, la championne nationale, dans un stade qui débordait de supporters. On n’ose imaginer le haut risque sanitaire qu’une telle présence impliquait.

Il en est de même du député d’opposition Eduardo Gómez Sigala, qui a lui aussi participé à la noce et s’est réintégré aussitôt aux travaux de l’Assemblée nationale.

Deux poids deux mesures

Au-delà du danger sanitaire proprement dit, l’épisode est révélateur de trois réalités :

  • Les grandes familles sont loin d’être mortes dans le Venezuela bolivarien. Inviter à une grande fête en République dominicaine près de 500 invités vénézuéliens et les transporter en avion privé reste dans l’ordre du possible, pour ne pas dire du normal.
  • Le deux poids deux mesures reste en vigueur, sinon comment expliquer cette impunité dont on bénéficié ces membres des grandes familles à leur retour au pays ?
  • Sauf exception (celle ici de Miguel Salázar), la presse, qu’elle soit privée ou officielle, ne fait pas son nécessaire travail d’investigation, même devant un événement aussi gros que l’importation du choléra par de grandes familles vénézuéliennes parties en goguette à l’étranger. Le silence est d’or…

Chávez ou pas Chávez, révolution ou pas révolution, socialisme ou pas socialisme, certains Vénézuéliens peuvent donc toujours s’offrir tranquillement de grandes bouffes. Même au temps du choléra.

Un Blog WordPress.com. | Thème : Motion par volcanic.
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 325 followers