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Onechot, chanteur de reggae du Venezuela

Le chanteur de reggae vénézuélien Onechot a reçu une balle dans la tête durant la nuit du 27 février dernier. Depuis lors, il se trouve en soins intensifs dans un hôpital de Caracas. La nouvelle est d’autant plus choquante que Juan David Chacón (c’est son vrai nom) était de ceux qui, leur carrière durant, ont prêché assidûment la non-violence dans un pays violent. Un triste destin pour celui qui attirait dans son sillage bon nombre de jeunes, ainsi qu’en atteste l’avalanche de tweets publiés à la suite de l’attaque dont il a été victime.

Certains diront qu’il avait un nom prémonitoire : Onechot fait à la fois penser au surnom espanol Juancho et à l’anglais One Shot. Toujours est-il qu’il avait déjà souffert de la violence en 2003, lorsqu’il avait été victime d’un secuestro express [enlèvement express, une modalité d'enlèvement par laquelle les agresseurs réclament une rançon à la famille dans les minutes ou les heures qui suivent]. Depuis lors, il s’était insurgé, notamment dans ses chansons, contre la violence qui frappe le pays, en particulier Caracas.

Ainsi, en 2010, il avait produit une chanson et un clip vidéo qui allaient frapper les esprits : Rotten Town [Ville pourrie]. Il y chante notamment :

Permettez-moi de vous présenter Caracas, l’ambassade de l’enfer, pays des meurtres et des gangsters. Des centaines de personnes perdent la vie chaque semaine, on vit désormais dans un pays en guerre, regorgeant de fantômes.

Nous avons plus de morts qu’au Pakistan, au Liban, au Kosovo, au Vietnam et en Afghanistan, nous avons plein de mafias, nous avons pleins de “dons” et nous avons quelques tueurs fous avec des supermitrailleuses.

À l’époque, le clip n’avait pas été très bien reçu par le pouvoir en place, à tel point que Tania Díaz, animatrice d’un programme de télévision sur la chaîne officielle VTV et ancienne ministre de la Communication et de l’Information, avait menacé d’entamer des poursuites judiciaires à l’encontre de Onechot pour une vidéo qui montre, selon elle, des « images dramatisant la violence ». L’affaire n’eut cependant pas de suite.

Les médias s’emballent

Comme à chaque fois qu’une personnalité connue est victime de la délinquance (il y a un mois, c’était l’ambassadeur du Mexique Carlos Pujalte et son épouse), les médias s’emballent. Ils répètent inlassablement les statistiques de l’ONG Observatoire vénézuélien de la violence, selon laquelle plus de 19.000 personnes ont été assassinées au Venezuela en 2011 (soit une moyenne de 52 personnes par jour), record annuel pour le pays. De tels chiffres ont de quoi faire froid dans le dos, surtout pour qui réside dans un pays dit “sécuritaire”.

Il convient cependant de relativiser les choses. La criminalité ne frappe pas tout le pays, ni toutes les classes sociales, avec la même intensité.  Ce sont de loin les quartiers pauvres des zones urbaines qui sont les plus touchés. Par ailleurs, même s’il y a une augmentation indéniable de la criminalité, celle-ci ne date pas de l’arrivée de Hugo Chávez au pouvoir, comme on l’entend dire ici et là. En 1996, la revue spécialisée Raids écrivait déjà: « Avec une moyenne de quatre-vingts morts par balles chaque fin de semaine, avec des attaques quotidiennes dans les transports en commun, avec sa pauvreté au développement exponentiel, avec enfin une crise économique qui ronge le pays depuis plus de quinze ans — l’inflation est de plus de 1000 % par an —, Caracas est devenue depuis quelques années l’une des villes et peut-être même la ville la plus dangereuse du monde. »

Des causes complexes

Police et criminalité à Caracas

La police fait partie du problème plus que de la solution

Les causes de cette dégradation sont plus complexes qu’on ne veut généralement le présenter. Elles ont à voir à la fois avec une augmentation générale de la criminalité dans le monde, effet d’une culture populaire de plus en plus violente; avec une police peu crédible et corrompue « qui fait plus partie du problème que de la solution » (le ministre de l’Intérieur Tarek El-Aissami a reconnu que « 20 % des délits et crimes commis dans le pays le sont par des policiers. »); avec une infiltration croissante des narcos colombiens au cœur de la société vénézuélienne, etc. Pour une analyse en profondeur du problème (c’est plutôt rare), je vous invite à lire Caracas brûle-t-elle ?, un article du Monde Diplomatique d’août 2010. On comprendra que les solutions ne sont pas simples non plus.

En tout cas, une chose est certaine, et telle est la conclusion de l’article nommé ci-dessus : « Amplifié, pour ne pas dire appuyé par les médias, le chaos créé par ces groupes criminels sert les intérêts de la droite. Plus il y a de morts, plus il y a de votes pour l’opposition. »

Au Venezuela comme ailleurs (et là, vous suivrez mon regard…), il est donc difficile d’imaginer que les chiffres alarmants de la criminalité, répétés à l’envi par les médias nationaux et internationaux, et l’état de paranoïa collective qui s’en suit, ne sont pas utilisés et instrumentalisés pour des raisons bassement politiques.

Puente Unión entre Puerto Santander (Colombia) y Boca del Grita (Venezuela)

Le pont international Unión entre Puerto Santander (Colombie) et Boca del Grita (Venezuela)

Je suis allé hier en Colombie. Enfin, en Colombie, c’est beaucoup dire : je suis allé à Cúcuta, la ville frontière qui est presqu’aussi vénézuélienne que colombienne. La ville a toujours vécu du commerce avec le Venezuela, même si les échanges ont baissé d’intensité depuis quelques années, en raison d’un taux de change devenu défavorable pour les Vénézuéliens. Il n’empêche : aller à Cúcuta reste une sorte de pélerinage commercial traditionnel pour les habitants de l’ouest du Venezuela.

Franchir la frontière est toujours une aventure incertaine. Non pas que ce soit difficile : il suffit de passer le pont. Pas de contrôle sur le lieu même ! On passe comme si de rien n’était, sans montrer la moindre identification. Par contre, sur la route avant et après le franchissement, il y a des tas de petits contrôles –par la Garde nationale, par l’armée, par la police, par on ne sait qui… C’est que cette zone frontalière entre le Venezuela et la Colombie est particulièrement chaude. Le secteur est non seulement le lieu de toutes les contrebandes, petites et grandes, mais il sert aussi de refuge aux multiples groupes de guerrillas et de paracos (paramilitaires) qui officient en Colombie.

À première vue

Pimpinero à Cúcuta (Colombie)

"Pimpineros" à Cúcuta

De tout cela, on ne voit rien d’explicite. Tout semble à première vue normal. Mais une multitude de petits indices montrent bien qu’on se trouve dans un lieu bizarre. Exemple : les stations services situées au Venezuela sont presque toujours fermées, mais une multitude de voitures immatriculées au Venezuela, toutes aussi déglinguées les unes que les autres, sont patiemment alignées devant les pompes. Les conducteurs sont absents. À la prochaine livraison d’essence, ils apparaîtront de nulle part et la ronde se mettra en branle, jusqu’à épuisement des stocks. Les vieilles carcasses feront le plein, franchiront le pont, déchargeront leur précieux carburant du côté colombien, repasseront la pont, referont le plein, et ainsi de suite. L’essence ainsi collectée « légalement » sera revendue par des centaines de pimpineros (vendeurs d’essence en bidon) le long des routes colombiennes.

Tout ce petit jeu s’explique lorsque l’on sait que l’essence se vend à un prix 110 fois plus élevé (vous avez bien lu) en Colombie qu’au Venezuela -où, comme chacun sait, elle est la moins chère au monde ! Bénéfices garantis donc pour toute une chaîne de petits et grands trafiquants, souvent contrôlés par une mafia de l’essence.

Chemin de traverse

Pour varier les plaisirs, je ne me suis pas rendu à Cúcuta par la voie royale et classique San Cristóbal-San Antonio, mais par Puerto Santander, plus au nord. Il s’agit d’un chemin de traverse qui s’est révélé bien intéressant : de petites routes rurales étroites et mal renseignées mènent à un pont remarquable, le pont Unión. Remarquable, car il a une structure métallique anormalement solide (vu le gabarit des routes qui y mènent), et une seule voie de passage.

Le pont Unión entre Puerto Santander (Colombia) y Boca del Grita (Venezuela)

Le pont de chemin de fer

Une recherche m’a fait découvrir qu’il s’agit d’un ancien pont de chemin de fer construit dans les années 20, lorsque les gouvernements colombien et vénézuélien décidèrent de construire une jonction entre les chemins de fer de Cúcuta et du Táchira. Et tout devient clair tout à coup : l’énorme bâtiment que l’on croise en venant du Venezuela n’est autre que l’ancienne gare et ses dépôts. Le passage étroit qui fait figure de rue principale du côté colombien suit l’ancien tracé de la voie de chemin de fer. La liaison ferroviaire a été désaffectée au début des années 1960 et le pont a été ouvert aux véhicules en 1989.

Le souk et le farniente

Le pont Unión franchit le río La Grita. D’un côté, c’est Boca del Grita et le Venezuela; en face, c’est Puerto Santander et la Colombie. Bien que la frontière et le pont ne constituent guère un obstacle pour la population locale, qui déambule librement d’une rive à l’autre, on constate des différences significatives entre les deux pays. Du côté colombien, c’est le souk, un vaste marché très animé qui s’étend le long de la rue principale, où l’on a l’impression que tout le monde vend de tout. Du côté vénézuélien, on est au contraire frappé par le calme qui règne, le farniente apparent des quelques habitants que l’on croise.

Pont Union entre Venezuela y Colombia (Puerto Santander)

Vue aérienne : la Colombie à gauche, le Venezuela à droite

Et on se prend à penser : serait-ce là l’expression de la quintessence de chacun des deux pays ? Une Colombie « libérale » où les plus pauvres doivent travailler pour survivre et où la débrouille quotidienne est nécessaire à l’existence. Un Venezuela « assisté » où chacun attend de l’État –plutôt patiemment, d’ailleurs– les solutions à sa vie, et où le travail apparaît plus comme un encombrement qu’une valeur. Les choses ne sont sans doute pas si simples, car en ce lieu tout se mélange : il y a sans doute des Vénézuéliens qui vendent des babioles sur le marché colombien, et des Colombiens qui vont se faire soigner gratuitement dans le dispensaire du côté vénézuélien. Il n’empêche, le contraste reste évocateur.

Épiphénomène

Tels sont quelques-uns des enseignements que j’ai pu tirer des quelques heures passées dans le pays frère, comme on dit au Venezuela. L’expression pays frère désigne d’ailleurs bien la réalité de cette frontière politique qui n’a rien de sociologique. En effet, une histoire et une culture communes ont réuni pendant des siècles les populations de part et d’autre de la frontière. Ce n’est pas une frontière instaurée plus ou moins artificiellement il y a moins de deux siècles, en 1830, qui, par un coup de baguette magique, va séparer des populations aux racines identiques.

Même si la politique fut (et reste) très différente de part et d’autre de la ligne, elle n’est ici qu’un épiphénomène avec lequel on pourra toujours s’accommoder.

Élections primaires de l'opposition au Venezuela (12-02-2012)

Élections primaires de l'opposition : un militaire vérifie l'identité des votants

Dimanche dernier 12 février, se sont déroulées les élections primaires pour désigner le candidat unique de l’opposition à l’élection présidentielle du 7 octobre prochain. En clair, la personne qui aura la tâche d’affronter Hugo Chávez à cette date.

Avec un peu plus de trois millions de votes (soit quelque 17  % du corps électoral total), l’opposition a fait plutôt bonne figure. Elle devra cependant obtenir pratiquement trois fois plus d’électeurs pour que son candidat l’emporte en octobre. Le pari n’est donc pas encore gagné, face à un Chávez toujours tonitruant et (apparemment) en bonne forme, mais il reste dans l’ordre du possible.

Les meilleures chances

Henrique Capriles Radonski

Henrique Capriles Radonski

En élisant Henrique Capriles Radonski avec une confortable majorité (64,2 %), l’opposition –un assemblage hétéroclite de partis s’échelonnant du centre-gauche à l’extrême droite– s’est pourtant dotée du candidat ayant les meilleures chances parmi les cinq personnalités qui se présentaient. Henrique Capriles Radonski pratique en effet un discours modéré et rassembleur, aux antipodes des diatribes agressives d’une María Corina Machado, par exemple. Il fait régulièrement référence à Lula comme modèle de bonne pratique politique et reconnaît même quelques mérites à l’actuel gouvernement dans le domaine social. Jeune, dynamique, il fait partie de cette nouvelle génération d’hommes politiques qui a le potentiel d’attirer les jeunes (ainsi que les femmes, car il a un physique plutôt attractif et, de plus, est célibataire…).

Il devra toutefois travailler dur s’il veut l’emporter le 7 octobre. Il cumule en effet un certain nombre de désavantages par rapport à Hugo Chávez :

  • Son bassin naturel d’électeurs (la haute bourgeoisie –2 % de la population– et la classe moyenne –30 %) est nettement plus réduit que le bassin naturel de Chávez (les classes pauvres urbaines –40 %– et rurales –25 %). Il devra donc faire un effort particulier pour rompre le schéma de classes et s’attirer un nombre suffisant de membres non seulement de la classe moyenne inférieure, mais aussi des classes pauvres. Il est vrai qu’il existe parmi ceux-ci un nombre indéterminé de déçus du chavisme, surtout en milieu urbain, mais le défi consistera à les faire changer de bord par un discours et des promesses crédibles dans le domaine du social.
  • Il lui sera difficile de cacher ou surpasser son origine sociale, la grande bourgeoisie de Caracas. Sa famille possède des intérêts directs dans le secteur entrepreneurial et productif du pays, notamment dans les moyens de communication (Cadena Capriles), la distribution cinématographique (Cinex) et les services immobiliers. Il aura de la peine à se détacher de son image de sifrino (fils à papa) qui a fait des études dorées. En face de lui, Hugo Chávez –d’origine modeste, lui– n’aura aucune peine à le désigner comme le représentant de l’oligarchie.
  • Il lui faudra faire oublier l’épisode de l’attaque contre l’ambassade de Cuba, au lendemain du coup d’état contre Chávez , le 12 avril 2002. Même s’il a été acquitté lors du procès qui s’est ensuivi, son attitude ambiguë lors de cet évènement, en tant que maire, a laissé des traces dans l’imaginaire collectif des sympathisants de Chávez.
  • Enfin, il lui faudra laisser dans l’ombre un certains nombre d’alliés encombrants : ceux qui flirtent avec une droite ultra-libérale à la George W. Bush et ceux qui sont partisans de la méthode dure face à Chávez (et n’hésitent pas, à l’occasion, à prôner le coup d’État ou l’assassinat). Si ces derniers, liés à une extrême-droite qui ne veut pas dire son nom, marquent leur présence dans la campagne qui s’ouvre, il feront le lit de Chávez et c’en sera fini des chances de l’opposition de remporter l’élection.

Discours conciliateur

Henrique Capriles Radonski

Populaire parmi la jeunesse

En définitive, une victoire de l’opposition en octobre 2012 reste possible à condition que Henrique Capriles Radonski sache faire oublier qui il est et surtout qui l’appuie. Pour ce faire, il devra adopter un discours social et conciliateur plutôt qu’un discours militant, jouer de subtilité pour reconnaître les avancées sociales obtenues par le chavisme, indiquer comment les améliorer plutôt qu’annoncer leur destruction. En d’autres termes, montrer qu’une voie nouvelle est possible, et qu’elle n’est ni chaviste, ni un retour aux vieilles pratiques populistes et corrompues de la 4e république. La voie est étroite. En toute hypothèse, attaquer de front le chavisme le desservirait. En effet, c’est à lui qu’il revient de gagner des franges de la population qui ne lui sont pas a priori favorables, alors que l’actuel président pourra se contenter de l’objectif de conserver au maximum son électorat existant.

Par ailleurs, Henrique Capriles Radonski devra aussi s’imposer comme un interlocuteur solide, capable de tenir tête à la forte personnalité de Chávez, qui domine la politique nationale depuis 13 ans. En face d’une telle  « bête politique », il n’est pas simple de se faire valoir et de trouver pour ce faire le ton qui convient.

Cela fait beaucoup de “mais” pour l’opposition, alors que, de son côté, Hugo Chávez, lui, n’en a qu’un, mais de taille : il doit se maintenir en parfaite santé et en pleine forme d’ici au mois d’octobre. Malgré les cassandres qui jurent que son cancer n’est pas guéri et qu’il n’en a plus que pour quelques mois, force est de constater que jusqu’à présent, il tient parfaitement la route. Le doute, cependant, persiste.

Organisé par le gouvernement

Un autre élément est passé inaperçu à l’occasion de ces élections primaires. On en a surtout retenu le taux élevé de participation et les résultats. Mais on n’a pas souligné que, aussi étrange que cela puisse paraître, le processus électoral n’a pas été organisé par l’opposition elle-même, mais bien par le gouvernement !

Le Plan República en action

Le Plan República en action

Comme s’il s’agissait d’élections nationales, le Plan República, c’est-à-dire la mobilisation de l’armée pour les tâches d’organisation et de maintien de l’ordre, a été mis en marche. Ainsi qu’on peut le voir sur la photo ci-dessus, ce sont des soldats qui vérifiaient l’identité des votants. Par ailleurs, c’est le Consejo Nacional Electoral [Conseil national électoral, CNE] qui a organisé le scrutin, utilisant pour ce faire sa technologie (les machines à voter et le système de transmission des données) ainsi que les lieux habituels de votation, comme les écoles publiques. Une telle situation pourrait paraître quelque peu surréaliste dans un pays divisé depuis des années en deux camps irréconciliables : en effet, jusqu’ici, l’opposition avait largement accusé Hugo Chávez d’instrumentaliser l’armée (en en faisant une “armée bolivarienne” chargée de défendre la révolution) et d’avoir soumis le CNE à ses projets politiques, voire personnels. Or voici que ces deux institutions participent activement à l’organisation des primaires de l’opposition.

Jeu tactique

Quelque chose est-il donc en train de changer dans le Venezuela ? Peut-être. Mais gageons qu’il s’agit surtout d’un jeu tactique entre les deux grandes forces politiques du pays. Et force est de constater que sur ce point, c’est Chávez qui a subtilement gagné : il a réussi à faire reconnaître par l’opposition le travail du CNE, jusqu’alors décrié. Cette dernière serait donc bien en peine de contester les résultats du 7 octobre ! Par la même occasion, Chávez a réaffirmé son appui à la démocratie, allant jusqu’à “aider” l’opposition pour l’organisation de ses primaires.

Voici donc, grâce à ces élections, l’opposition un peu plus intégrée au système. Un bon coup pour Chávez, sans aucun doute, mais aussi pour Henrique Capriles Radonski. Ce dernier a en effet tout intérêt à se différencier des dinosaures de sa coalition et à accepter de jouer le jeu de l’intégration démocratique. Histoire de montrer que, comme le dit son slogan, Hay un camino [Il y a une voie], une espèce de troisième voie entre la démocratie usée et frelatée du passé et le socialisme du XXIe siècle.

À lui, maintenant, d’en convaincre une majorité de Vénézuéliens.

Approches des représentations sociales et symboliques au Venezuela : tel est le titre (savant) du séminaire qu’organise le Groupe d’études interdisciplinaire sur le Venezuela (GEIVEN), à Paris, à raison d’une séance par mois jusqu’en mai. L’événement est assez rare pour qu’on le signale et qu’on en donne les détails. Voici donc les séances programmées cette année :

Vendredi 20 janvier 2012, 17h-19h

  • Marion DESCHAMPS (M2R Science Politique, Paris3 IHEAL-CREDA), Les milices bolivariennes.
  • Thomas BRISSET (3a Doctorat Science politique, IEP Paris) Les partis politiques bolivariens au Venezuela: de l’antipolitique à l’innovation partisane.

Jeudi 23 février 2012, 17h-19h

  • Cantaura ANDRIEUX (M1-S1, Science de religions et société, EHESS), La Santeria comme objet de représentation dans le cinéma vénézuélien.
  • Anabel Fernandez QUINTANA (Doctorante EHESS), L’autre Histoire du Venezuela : Métamorphoses du passé dans le culte de Maria Lionza.

Vendredi 23 mars 2012, 17h-19h

  • María Fernanda GONZALEZ, (Post-doc, Paris Est Créteil), Analyse des discours de Chávez et Uribe (lexicométrie et Sciences du langage).
  • Clémentine BERJAUD, (3a Doctorat Science Politique, Paris1), Donner du sens aux discours d’Hugo Chavez : étude des pratiques de politisation ordinaire.

Vendredi 20 avril 2012, 17h-19h

  • Flor BELTRAN -à confirmer- (Diplôme de l’EHESS), Analyse des dynamiques sociopolitiques au Venezuela
  • Paula VASQUEZ LEZAMA (Post-doc Sociologie politique EHESS), Aide publique humanitaire et mission révolutionnaire. Les sinistrés du Venezuela.

Vendredi 25 mai 2012, 17h-20h. Séance de clôture. 

De 17 à 19h :

  • Jessica BRANDLER-WEINREB (4a Doctorat Socio-Anthropologie, Paris3 IHEAL-CREDA), Maternité politique et participation locale : effets et évolution de la transition participative au Venezuela. (Consejos Comunales, milieu rural et urbain, Mérida et Valencia).
  • Adriana RAUSSEO (M2R Sociologie, Paris3 IHEAL-CREDA), La participation politique des femmes : stratégie de lutte contre les violences de genre : Le cas du Movimiento de Mujeres Manuelita Saenz MOMUMAS à Petare au Municipe Sucre du Venezuela.

De 19 à 20h :

Les organisateurs du séminaire invitent les intervenant.e.s à participer à un débat général qui reprendra les grands thèmes et les divers questionnements qu’ils et elles auront soulevés pendant l’année. Séance ouverte au public.

Le séminaire aura lieu à l’Institut des Amériques (Salon des Amériques, 8ème étage) au 175 rue de Chevaleret, Paris 13e (Métro : Chevaleret). Si vous êtes intéressé, il est nécessaire de confirmer votre présence par séance en écrivant à geiven.org.@gmail.com.

Comme on peut le voir, le séminaire du GEIVEN accueille différents membres du groupe –chercheur(e)s, doctorant(e)s, étudiant(e)s de toutes disciplines faisant du Venezuela leur objet ou terrain d’étude– pour présenter leurs recherches récentes ou en cours dans un cadre pluridisciplinaire et dans un dialogue multi-niveaux. Il accueille également d’autres chercheurs et chercheuses travaillant sur le Venezuela.

À ne pas manquer donc si vous désirez ne pas vous en tenir aux informations journalistiques et voulez être informé en profondeur sur le Venezuela.

Quant à nous qui sommes loin, nous espérons que les communications seront mises à la disposition du public sur Internet.

Pour plus d’informations, consultez la page du séminaire sur http://calenda.revues.org/nouvelle22254.html.

crèche traditionnelle à Chacantá (Pueblos del Sur)

Une crèche traditionnelle à Chacantá (Pueblos del Sur de l'état de Mérida)

La crèche de Noël est une tradition essentiellement européenne. Ses origines remontent apparemment au XIIe siècle, lorsque Saint François d’Assise réalisa dans la forêt de Creccio, en Italie, une représentation de la scène de la naissance de Jésus. Cette représentation allégorique se propagea ensuite dans la chrétienté, avec ses variantes, produit de la créativité et des ressources de chaque région.

L’Église a favorisé la réalisation de ces représentations, ainsi que son installation dans les temples et lieux publics, en tant qu’exaltation de la dévotion populaire. A commencé alors dans la plupart des pays d’Europe une production artisanale des personnages principaux de la nativité, ainsi que la reproduction de la scène dans les peintures des grands maîtres.

Consolidation de la foi

Dans la plupart des pays d’Amérique, elle a bien entendu été introduite lors du processus de colonisation et d’évangélisation. La représentation imagée était censée participer à la consolidation de la foi chrétienne dans ces contrées “payennes”.

Au Venezuela, le témoignage le plus ancien de l’existence de crèches de Noël remonte à 1832 : un texte d’époque fait mention de la coutume, dans les Andes vénézuéliennes, d’utiliser des plantes aromatiques pour la décoration de la crèche. De nos jours, cette coutume est encore largement répandue dans la région andine, où il n’est pas rare, dans les familles traditionnelles, de réserver une pièce entière de la maison à l’installation de la crèche. Cette place de choix témoigne, tant aux yeux des invités que des visiteurs impromptus, de la foi profonde qui anime la famille.

Caisses en carton

Généralement, la structure de la crèche est constituée de caisses en carton placées dans un coin de la pièce et recouverte de tissus et de papier coloré, afin de représenter le relief montagneux de la région. Des mousses naturelles (maintenant interdites, pour des raisons écologiques, mais toujours utilisées sous le manteau) simulent la végétation.

L’espace central de cette énorme crèche est réservé aux personnages principaux de la scène de la nativité : Marie, Joseph, l’enfant Jésus, l’âne et le bœuf. Traditionnellement, le jeu de ces personnages était réalisé en bois, peint ou recouvert de tissus. Mais il est devenu de plus en plus fréquent d’utiliser des personnages en céramique ou en plâtre achetés dans le commerce.

Le reste de l’arrangement est le produit de la créativité du groupe familial, qui disposera à son gré les personnages secondaires (les bergers et les rois mages), des animaux, des arbres, des sentiers, des lacs, des cours d’eau… Le plus souvent les proportions ne sont pas réelles et il est commun d’y adjoindre toutes sortes d’ornementations : plantes, fleurs, figurines et jouets d’enfants. Une autre tradition consiste à semer des grains de maïs ou d’orge et d’utiliser les jeunes pousses comme ornements.

Jusqu’au 24 décembre à minuit, l’enfant Jésus est absent de la scène, ou bien est recouvert d’un tissu. C’est à cet instant précis qu’on le découvre au milieu de la joie familiale. Des présents placés devant la crèche sont ouverts et la famille entame en chœur les prières et chants propres à Noël. La crèche de Noël et les traditions qui l’entourent représentent donc une manifestation réelle d’art populaire.

Régression et acculturation

Mais ces coutumes, faut-il le dire, sont en régression. Les familles se trouvent de plus en plus dispersées, l’acculturation fait rage (l’arbre de Noël, le père Noël, l’échange de cadeaux…) et la religiosité elle-même est en perte de vitesse.

Chávez dans la crèche

Hugo Chávez, Bolívar et consorts dans la crèche

La crèche n’a pas disparu, mais dans beaucoup de cas, elle a perdu son sens original. Ainsi, récemment, on a beaucoup glosé sur une crèche installée au Parque Central de Caracas, dans laquelle le personnage de Hugo Chávez apparaissait au cœur de la scène de la nativité. Le président était encore accompagné de Simón Bolívar, le Libertador ; d’Ali Primera, un chanteur engagé des années 70 ; et d’autres personnages faisant partie de la geste du chavisme.

S’il ne s’agissait encore que de cela ! On pourrait mettre cette entorse à l’orthodoxie religieuse sur le compte de la créativité populaire qui voudrait ainsi rendre hommage à ses héros. Ce ne serait en quelque sorte que la manifestation d’une espèce de syncrétisme politico-religieux qui n’est finalement pas très distant de ce que vivent ici les classes populaires. Après tout, Hugo Chávez se réclame abondamment du christianisme et du “vrai Christ”. Inversement, il n’est pas rare d’entendre de vieilles personnes acquises au chavisme dire que Hugo Chávez est un véritable Christ, et qu’il finira comme ce dernier, crucifié aux mains des marchands du temple (entendez les “oligarques”)…

Publicité gouvernementale

La crèche publicitaire

La crèche et la publicité gouvernementale

Mais ce n’est pas de cette religiosité populaire dont il s’agit dans cette crèche si particulière. Celle-ci n’est autre qu’une publicité en bonne et due forme pour les réalisations gouvernementales. Ainsi en attestent les étiquettes dispersées ça et là reprenant les noms des organismes, missions et ministères les plus significatifs du chavisme. Un téléphérique vient rappeler lourdement que c’est le chavisme qui a mis sur pied ce moyen de transport pour relier la vallée de Caracas à certains quartiers populaires installés sur les collines (initiative dont il n’y a rien à redire, soit dit en passant).

Ce n’est donc pas le même téléphérique que celui qui apparaît ingénument dans certaines crèches de Mérida, lequel est censé représenter le téléphérique le plus long et le plus haut du monde, qui fait la fierté de la ville. Avec la crèche de Caracas, on est dans le domaine de la propagande politique et non plus celui de la représentation populaire. Une différence de taille que n’ont pas pardonnée les opposants au chavisme : c’est une avalanche de critiques qui s’est déversée dans la presse à propos de cette crèche pas comme les autres.

De la crèche traditionnelle, on est passé sans crier gare à la crèche chaviste. Un grand saut qui n’est pas tout à fait innocent.

Scoop.it Venezuela

Le Venezuela sur Scoop.It

Le blogue venezueLATINA, sur lequel vous êtes en ce moment, n’a d’autre prétention que de voir le Venezuela par le petit bout de la lorgnette –petit bout qui, soit dit en passant, en dit souvent beaucoup plus que le grand, et c’est bien là l’objectif de ce blogue.

Mais venezueLATINA ne dit pas tout, tout, tout sur le Venezuela et nombreux sont les lecteurs qui m’écrivent pour m’en demander plus. Ils voudraient avoir de plus amples informations sur ce qui se passe dans ce pays qui, je m’en aperçois, intéresse pas mal de monde, et ce pour de multiples raisons. Il est vrai que, Hugo Chávez aidant, le Venezuela est sorti de l’ombre depuis une bonne dizaine d’années. La perspective des élections présidentielles d’octobre 2012, avec un candidat nommé Chávez dont l’état de santé reste une inconnue, ne peut qu’aviver encore plus cet intérêt pour le pays.

La curation

C’est pour répondre à cette demande que j’ai mis sur pied depuis quelque temps une espèce de portail qui regroupe en un seul endroit toutes les informations publiées en langue française sur le Venezuela, que ce soit par les agences de presse, la grande presse en ligne, les sites web ou encore par les blogues. J’utilise pour ce faire un service web appelé Scoop.it, qui me permet de faire la « curation » –nouvel anglicisme pour désigner l’activité de curateur– du thème Venezuela. En fait, avec cet outil, je rends disponible à tous la veille que j’effectue quotidiennement sur le pays où je vis.

Vous trouverez le résultat sur www.scoop.it/t/venezuela.

« Curation » implique nécessairement sélection et édition. Ces deux opérations sont effectuées par mes soins selon divers critères que j’espère les plus objectifs possibles. Le principal critère de sélection utilisé est la qualité de l’information, et ceci indépendamment de sa tonalité ou couleur politique. Le second critère est l’originalité du sujet : mettre en exergue ce qu’on ne lit pas tous les jours. Je vise large : on y trouvera aussi bien des infos politiques, économiques ou sociales que des nouvelles du sport ou du monde des variétés, le tout étant, bien entendu, une question de dosage.

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Lorsqu’un même sujet est traité par une multiplicité de sources, c’est la version la plus complète qui est choisie, afin de ne pas surcharger inutilement le site avec des informations répétitives. Toutefois, s’il s’agit d’un sujet controversé (et cela ne manque pas au Venezuela), les différents points de vue sont publiés.

Seul un extrait de chaque article, celui jugé le plus significatif, est généralement publié. Le lecteur aura ainsi le loisir de décider s’il en sait assez avec le résumé publié ou s’il désire en savoir plus.  Dans ce dernier cas, pour accéder à l’article original, il lui suffira de cliquer sur le titre.

Un avantage de Scoop.it est que le lecteur peut s’abonner à la page, et ainsi recevoir chaque jour dans son courrier une notification des derniers articles publiés. Pour ce faire, il suffit de cliquer sur Follow, dans le coin supérieur droit. Pratique, non, pour ne rien perdre ? En outre, les lecteurs peuvent aussi suggérer des articles au curateur, qui décidera de les inclure ou non dans la page.

Blog miroir

Je n’en suis pas resté là. J’ai aussi créé un blog miroir, qui reprend telles quelles les informations diffusées sur Scoop.it, mais les publie sous une forme différente, avec l’avantage de pouvoir lancer une recherche, accéder facilement aux archives, etc. Ce blog, je l’ai appelé veneSCOPE. Vous le trouverez à l’adresse venescope.wordpress.com.

Pour compléter, sachez que les informations publiées sur Scoop.it et veneSCOPE sont envoyées automatiquement sur la page Facebook et le compte Twitter @venezuelatina.

Pas de doute, avec toutes ces informations qui se croisent, vous allez être surinformés sur le Venezuela !

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Hugo Chávez à son retour d'un contrôle médical à Cuba

Hugo Chávez à son retour d'un contrôle médical à Cuba

Retour de vacances. Replongée dans le Venezuela du 21e siècle. L’an dernier, à cette même date, j’avais pu vous parler des nouvelles que vous aviez manquées durant mon absence :  une nouvelle Miss Univers vénézuélienne, une nouvelle loi sur l’éducation, Hugo Chávez au festival de Venise, les nouvelles mamours de Hugo Chávez et du roi Juan Carlos, et j’en passe…

Cette année, rien. Il ne s’est rien passé. Ou plutôt il ne s’est passé qu’une chose : on glose et on glose et on glose sur la maladie de Hugo Chávez. Et Hugo Chávez glose et glose et glose sur son rétablissement. Ce fut le feuilleton de l’été, c’est encore celui de l’automne, et –j’en mets ma main au feu– ce sera celui de l’hiver…

Plus secret, plus discret

Pour le président, il s’agit de ne pas perdre pied, lui qui avait habitué son petit monde (jusqu’à ses adversaires) à être omniprésent, tel un dieu de l’Olympe hyperactif, que ce soit sur le terrain, à la télé, à la radio ou ailleurs.  Son traitement contre le cancer et son long rétablissement l’empêchent désormais de se démener autant. Il a donc choisi une nouvelle stratégie : le voici qui apparaît, tel un dieu encore –mais plus secret, plus discret– au moment où on l’attend le moins.

L’autre jour, c’était en plein milieu d’une manifestation officielle qui réunissait des sportifs, transmise en direct par la télévision d’État. Un appel téléphonique totalement inattendu interrompt le cours de la cérémonie.

« C’est le fantôme qui vous parle ! » Le public s’agite, les ministres sourient, on applaudit.

« Le fantôme de Miraflores! [le palais présidentiel] », continue la voix grave. Tout le monde sait déjà que c’est le président qui parle. On perçoit même, derrière la voix grave, une cacophonie de coqs et de perroquets, comme pour signifier que Hugo Chávez téléphone bien depuis le jardin du palais, où on l’imagine se remettre de sa dernière chimiothérapie.

N’importe où, n’importe quand

Le « fantôme » peut ainsi apparaître n’importe où, n’importe quand, par voie téléphonique ou par vidéo, pour haranguer ses partisans ou se moquer de ses adversaires. Et il ne rate jamais l’occasion pour répéter qu’il sera bel et bien candidat aux élections présidentielles d’octobre 2012.

Ce ne sont plus les discours marathons à la télévision auxquels il nous avait habitués depuis 12 ans. Il s’agit maintenant pour le président de montrer sa présence, dans la mesure de ses capacités physiques et de ce qu’autorisent ses médecins. Car il suffit qu’il soit absent des écrans ou des ondes pendant deux jours pour que les rumeurs les plus folles commencent à courir. L’hermétisme officiel n’aide évidemment pas.

« Que veux-tu que je te dises ? Que je te montre la tumeur et que je t’explique de quelle sorte de tumeur il s’agit ? C’est ce que tu veux pour alimenter le côté morbide ? Eh bien, je ne vais pas vous satisfaire », répliqua-t-il tout de go alors qu’on lui demandait pour la xième fois de révéler les détails de sa maladie. Celle-ci est un secret d’État, comme l’est du reste l’état de santé de Fidel Castro.

Spirale

Ce silence et ce mystère ont déclenché une spirale d’hypothèses qui vont depuis un cancer de la prostate, du colon ou de la vessie jusqu’à de bizarres sarcomes musculaires, en passant par des métastases dans des organes vitaux, un état terminal, une anémie grave ou des déficiences rénales irréversibles. À l’inverse, d’aucuns affirment que cette maladie n’est qu’une vulgaire ruse destinée à gagner des votes. En effet, la popularité du président n’a cessé de remonter depuis l’annonce de sa maladie, pour atteindre à nouveau les 60 %.

L’opposition, elle, émet des doutes sur la supposée récupération du président. « C’est un magicien, il a eu des conseillers extraordinaires pour dissimuler la vérité, dévier l’attention, diffuser des contre-informations. Mais je crois que, finalement, celui qui a le plus de doutes est le président lui-même », écrit Nelson Bocaranda, un journaliste d’opposition, dans sa page Runrun.

Élément-clé

Un candidat malade ou pas malade ?

Un candidat malade ou pas malade ?

Personne n’en doute : la perception que chacun aura sur l’état de santé du président sera un élément-clé dans l’élection présidentielle de 2012. Si Chávez apparaît physiquement affaibli, l’électorat pourrait se détourner de lui pour choisir un leader plus dynamique. Par contre, s’il gagne sa lutte contre le cancer, cela renforcerait son aura d’invincibilité et augmenterait ses chances à l’élection.

« Si Chávez se rétablit, il sera le favori à l’élection, bien qu’il ne soit pas blindé », écrit Luis Vicente León, de la maison de sondages Datanálisis. « Mais s’il doit se lancer dans la campagne en étant malade, il l’aura difficile, d’autant plus que le candidat de l’opposition, quel qu’il soit, pourra faire montre de ce qu’il pourrait ne plus avoir : la jeunesse, l’énergie et l’avenir. »

En attendant, les rumeurs se multiplient. À celles sur la santé du président s’ajoutent les constantes élucubrations sur son éventuel successeur, sur de soi-disant divisions au sein des forces armées, sur un schisme qui minerait le parti gouvernemental ou sur la grande peur de la bourgeoisie : la défense armée de la révolution, en cas de crise. « Tout cela n’est qu’une manœuvre de l’opposition pour générer le chaos, une tentative de diminuer l’appui qu’a le président, en semant le doute sur sa capacité à continuer à gouverner », répondent en chœur les alliés du président.

Les indignés ?

Bref, après quelques semaines passées outre-Atlantique, me revoilà donc en plein Venezuela, dans ce pays du non-débat. Cela me change des interminables primaires socialistes en France ou de la (plus interminable encore) constitution d’un gouvernement en Belgique. Et cela me change aussi des « indignés » qui fleurissent aux quatre coins du globe.

Les indignés ? Tiens, il semble bien que le Venezuela soit le seul pays au monde où il n’y en ait pas un seul ! Et pour cause : la maladie de Chávez emporte toute pensée sur son passage –et le fantôme de Miraflores veille, comme toujours.

PS :  Mensonge ! Ce n’est pas vrai qu’il ne s’est rien passé ces dernières semaines au Venezuela. La pays a connu au moins deux évènements majeurs : 1. Le Venezuela a battu l’Argentine 1-0 (je vous parle de football), c’est l’euphorie nationale et 2. Blackberry a eu de sérieux problèmes de serveur, c’est le désastre national.

Source : América Economía

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