Tag Archive: humour


Crèche de l'opposition vénézuélienne

Les candidats de l'opposition réunis dans la crèche

En ce début d’année, n’hésitons pas à faire dans le futile (quoique révélateur).

À peine vous avais-je parlé, dans un article précédent, de la controverse à propos d’une crèche chaviste installée en plein cœur de Caracas, que l’opposition a donné la réponse du berger à la bergère (ou plutôt, dans ce cas, de la bergère au berger). La Patilla, un site web animé par Alberto Federico Ravell, ex-directeur de la chaîne de télévision d’opposition Globovisión, publie une image non piquée des vers :  six personnes souriantes entourent le petit Jésus dans une crèche décorée aux couleurs nationales (à remarquer : il s’agit du drapeau à huit étoiles, tel qu’il a été modifié en 2006 à la demande de Hugo Chávez).

Qui sont ces gens?  Parbleu ! Ce sont les six candidats aux élections primaires que la Mesa de la Unidad Democrática (MUD, coalition de partis d’opposition) organisera le 12 février prochain pour désigner le candidat présidentiel d’union, futur adversaire de Hugo Chávez. De gauche à droite : Diego Arria, Leopoldo López, Henrique Capriles Radonski, Pablo Medina, María Corina Machado et Pablo Pérez (pour en savoir plus sur chacun d’eux, n’hésitez pas à cliquer).

Aah, cela tombe bien : il n’y a parmi eux qu’une seule représentante de la gent féminine !  La présence de plusieurs femmes aurait posé de sérieux problèmes pour recréer la scène de la nativité…

La Patilla n’en est pas restée là dans le pastiche : quelques jours plus tard, le site publiait une autre scène de nativité, que je ne résiste pas non plus à partager avec vous.

Hugo Chávez et Fidel Castro dans la crèche

Un surprenant petit Jésus et un agneau tout rouge!

Et pourtant elle roule !

Et pourtant elle roule !

J’ai la grande chance de vivre dans un pays où le rire se trouve au coin de la rue. Ici, au Venezuela, chaque jour, chaque heure, chaque seconde nous apporte son lot d’étonnements et de surprises –à commencer par les déclarations de notre cher président, mais c’est là une toute autre histoire…

Cela fait longtemps que chaque fois que je me trouve face à une venezolanada (c’est-à-dire une quelconque manifestation qui serait caractéristique du Venezuela), je me dis que je devrais la photographier, histoire d’en tenir un registre. À la longue, cette collection d’images deviendrait extrêmement intéressante et révélatrice. Mais voilà, non seulement il faut disposer d’un appareil photo sur soi en permanence –heureusement, grâce au cellulaire, cela devient maintenant la règle–, mais encore faut-il pouvoir dégainer très vite dès qu’il se produit quelque chose, et cela c’est moins simple.

J’ai quelquefois eu la chance d’être the right man in the right place, et j’ai bien sûr pris quelques clichés de ce genre très spécial. Je vous les offre ci-dessous.

Heureusement, d’autres ont eu la même idée que moi et ont créé des sites web qui réunissent des photos de ce même type. Elles illustrent ces instants privilégiés où se manifeste dans toute sa splendeur la vénézolanitude. Les deux sites du genre les plus connus sont Sólo en Venezuela et Venezolanadas, ce dernier ayant en outre son groupe sur le site de partage de photos Flickr, qui permet de recevoir les productions des photographes amateurs des quatre coins du pays. Voici donc une sélection de ces photos, le plus souvent prises en catimini, qui nous montrent un Venezuela étonnant, insolite, quelquefois désopilant :

Mine de rien, il se détache de toutes ces images une attitude, un style de vie, voire une vision du monde qui caractériserait le Vénézuélien moyen (pour autant que celui-ci puisse exister) : un mélange bizarre d’insouciance, de débrouillardise, de créativité, de joie, de plaisir, de bonheur, avec tout de même une certaine dose de jemenfoutisme, d’inconscience, voire d’irresponsabilité.

Mais le dénominateur commun à toutes ces situations cocasses, c’est le rire et surtout cet énorme clin d’œil pour nous dire deux choses : 1) que la vie vaut la peine d’être vécue et 2) qu’elle n’est vraiment pas sérieuse. Toute une philosophie !

Play Boy Venezuela, octobre 2010

Les dernières avancées de la cartographie numérique ne permettent plus d’en douter : le Venezuela est le pays sexuellement idéal. Jugez-en, mesdames, voici la carte mondiale de la taille des pénis en érection (basée sur des études scientifiques, non mais!) :

Carte mondiale de la grandeur des pénis

Et pour vous, messieurs, la carte mondiale des bonnets de soutien-gorge (un peu moins scientifique, les sources n’étant pas citées, désolé !) :

Carte mondiale de la grandeur des seins

Examinez attentivement :  le Venezuela (et sa voisine la Colombie, soyons grand prince) figurent en tête dans la catégorie pénis (de 16,10 à 17,93 cm) et en très bonne place dans la catégorie seins (bonnet D). Procédez maintenant au croisement des données (cela mériterait une nouvelle carte…) : Le Venezuela et la Colombie caracolent allègrement en tête du palmarès intégré. En effet, les pays dont les femmes ont les plus gros seins –Russie et pays scandinaves– ne peuvent concurrencer les deux pays latino-américains en matière de pénis. Le paradis sexuel, s’il existe, se trouve donc bel et bien dans ces deux pays du nord de l’Amérique du Sud !

Gros instruments

Vous me direz qu’il ne suffit pas d’avoir de gros instruments, il faut encore savoir en jouer, et vous avez raison. Les Vénézuéliens et les Vénézuéliennes sont-ils de bons musiciens ? Il en ont la réputation, au propre et au sexuel. Au propre je peux en attester ; au sexuel, je serai plus réservé, étant donné les tabous qui courent encore ici dans pas mal de têtes, la religion aidant. En effet, même s’il est peu pratiqué de façon formelle, le catholicisme –espagnol de surcroît– a imprégné les esprits et imposé ses règles morales, par dessus la liberté sexuelle dont faisaient preuve la plupart des ancêtres indigènes.

Vous me direz (et vous aurez encore raison) que la grandeur des instruments sexuels n’est pas le critère le plus important d’une sexualité épanouie. Bien vu. Sur ce point-là, effectivement, les Vénézuéliens ont encore beaucoup de chemin à faire. Le machisme ambiant détruit la grande majorité des relations –sexuelles et affectives– avant qu’elles n’aient le temps d’être matures. Les femmes sont les premières à en souffrir, bien entendu, mais la société dans son ensemble également, avec sa pléthore de familles monoparentales gérées par la seule mère.

Conclusion : très amusantes, les cartes ; très beau, le paradis sexuel théorique qu’elles définissent. Mais descendons sur terre, et surtout ne mesurons ni les pénis ni les seins, ils n’ont pas besoin d’être hénaurmes pour faire le bonheur !

L'équation: voiture, boisson, sexe

À la vue de tous

Toute personne normalement constituée a déjà fait la relation entre l’alcool et le sexe. Le premier n’entraîne pas nécessairement le second, mais tout de même cela aide… Je ne vais pas entrer ici dans la théorie des probabilités, trop complexe pour ma petite tête, mais disons qu’il existe une équation pour exprimer cette relation.

Au Venezuela, on fait à la fois plus compliqué et plus simple. Plus compliqué, parce qu’on ajoute de nouveaux éléments à l’équation. Plus simple, parce que la probabilité devient ici une certitude ! Et en plus on affiche tout cela aux yeux de tous ! Voyons cela en détail.

Comme vous le voyez sur le véhicule flambant jaune de la photo ci-dessus, le Vénézuélien écrit l’équation de la manière suivante :

véhicule (logo d’une marque, ici Daihatsu, ce pourrait être Toyota, Ford, GM, Fiat ou même Renault) + alcool + fille =  X sexe

Deux nouveaux éléments

Vous distinguez automatiquement les nouveaux éléments qui apparaissent : le véhicule et la fille.

Le fait d’introduire une fille indique immédiatement qu’on se trouve en territoire éminemment machiste. L’équation est clairement celle d’un mec. D’un mec hétéro, un vrai, qui n’imagine même pas qu’en matière sexuelle, il existe de multiples autres possibilités. Passons.

Et que vient faire la voiture dans tout cela ? Eh bien, elle n’est ni plus ni moins que l’outil indispensable pour atteindre le but recherché. Sans bagnole, un mec n’est qu’un pauvre bougre n’ayant pas la moindre chance de conquérir une fille, donc d’arriver à ses fins sexuelles. Autant dire qu’il n’existe pas, en tant que macho.

Résumons tout cela en une seule phrase que le plus simple d’esprit comprendra : pour arriver au sexe, vous avez besoin d’une voiture , laquelle vous permettra d’embarquer une fille, que vous saoulerez suffisamment pour obtenir un résultat rapide et convaincant.

Grosse cylindrée

J’ajouterai personnellement que si vous désirez augmenter vos chances de succès, vous aurez besoin d’un véhicule de grosse cylindrée –neuf de préférence. Histoire de raffiner, on pourrait ajouter cette variable à l’équation, mais cela ferait vraiment trop compliqué pour le macho moyen, qui –n’en doutez pas– comprend intuitivement tout l’intérêt qu’il y a à impressionner les meufs avec une grosse bagnole. Contentons-nous donc de l’équation de base, soit :

bagnole + alcool + gonzesse = X sexe

Cela vous paraît trop simple? C’est pourtant ce schéma-là qui se trouve dans la tête de la plupart des mecs. Et s’il ne se trouvait que là, ce ne serait encore qu’un demi-mal, mais il se trouve aussi dans la tête de bien des filles ! À tel point que l’afficher publiquement sur sa voiture, comme vous le voyez ci-dessus, ne semble choquer absolument personne : c’est dans l’air du temps.

Effets pervers

Ajouterai-je que le scénario prévu par l’équation fatale ne fonctionne pas à tout coup ? Il peut y avoir des imprévus, voire des effets pervers. Car comme dans toute équation qui se respecte, on peut jouer avec ses termes. Par exemple :

bagnole + alcool + gonzesse – X sexe = 0

C’est fort triste, ce résultat nul, mais c’est CQFD. Allons plus loin encore :

bagnole + alcool = X sexe – gonzesse

Alors là, vraiment, il y a un sérieux petit bémol…

Vuvuzelas en concert

Concert de vuvuzelas sur la plage de Durban

Un instrument nouveau a fait irruption sur la scène mondiale à l’occasion de la Coupe du monde de football qui se déroule actuellement en Afrique du Sud: la vuvuzela. Cette corne en plastique –une descendante probable de la corne kudu traditionnelle–,  assourdit de son bourdonnement incessant joueurs, arbitres, sélectionneurs et même téléspectateurs. À tel point que les chaînes de télévision ont dû trouver une parade technique pour atténuer cet entêtant bruit de fond. Si le Mondial 2010 doit apporter quelque chose à la culture du foot, ce sera bien la vuvuzela!

Bizarrement, il est courant de la voir écrite erronément vuvuzuela (143.000 résultats sur Google, contre tout de même 6.880.000 résultats pour vuvuzela). La raison ? Une assonance avec Venezuela, sans aucun doute. Et là, je dois intervenir…

Pollution sonore

joueur de vuvuzela en Afrique du Sud

Haut en couleurs!

Cette dérivation n’est pas si idiote, finalement : si la vuvuzela n’avait pas été inventée par les Sud-Africains, elle l’aurait été sans aucun doute par les Vénézuéliens ! Car question de bruit, ici, on s’y connaît. La pollution sonore est omniprésente, jour et nuit, nuit et jour.

Tiens, rien qu’aujourd’hui, mon immeuble a été pollué pendant des heures par des coups de marteau venus d’on ne sait où. Il y a trois jours, c’est l’alarme d’une voiture qui, en pleine nuit, se déclenchait automatiquement toutes les demi-heures! Et je ne parle pas ici de la musique à plein tube dans les transports publics, des batailles pour la domination sonore dans les parcs et sur les plages (chaque groupe rivalisant par la puissance de ses haut-parleurs) ou même dans les rues commerçantes (les commerces faisant de même). Cela tient presque de la philosophie : en effet, pour le Vénézuélien moyen, le bruit c’est la vie, tandis que le silence, c’est déjà, en quelque sorte, l’antichambre de la mort, excusez du peu.

La vuvuzela est donc une véritable aubaine pour un peuple qui se nourrit de bruit comme pas deux. On peut donc s’attendre à ce que la corne en plastique rencontre le plus grand succès dans les stades du Venezuela, tant elle correspond parfaitement à l’idiosyncrasie locale.  Pour l’instant, les fanatiques vénézuéliens s’en tiennent à la trompette en plastique. Mais celle-ci ne fait décidément pas le poids face à la vuvuzela, dont la puissance peut atteindre 127 décibels!

De là à prédire une prochaine commercialisation massive de la vuvuzela dans le pays, il n’y a qu’un pas. Fabriquée en plastique –un matériau bon marché dans un pays pétrolier comme le Venezuela–, la vuvuzela a un rapport prix/bruit absolument imbattable! Il y a donc fort à parier que l’industrie nationale du plastique, déjà passablement prospère, y verra une bonne occasion de diversifier sa production et de s’enrichir à bon compte.

Instrument de culture

Pedro Espi-Sanchis

Pedro Espi-Sanchis

Un autre domaine dans lequel le Venezuela pourrait amplement tirer profit du vuvuzela, c’est la culture. Si les Vénézuéliens ont su faire des maracas, ce petit objet aux sonorités apparemment limitées, un instrument de musique à part entière, il n’y a aucune raison qu’il ne puissent faire de même avec la vuvuzela. Sa fondamentale en si bémol ne peut être un obstacle à la créativité musicale intrinsèque du Vénézuélien.

Les Sud-Africains eux-mêmes ont tracé la voie. Un Vuvuzela Orchestra existe bel et bien, qui parvient à mettre en valeur la pauvre palette sonore de l’instrument. Curieusement, cet orchestre a été mis sur pied par un espagnol, Pedro Espi-Sanchis, spécialiste des musiques traditionnelles sud-africaines, qui considère que la vuvuzela permet de renouer avec les racines musicales du pays. Mais à quoi ressemble donc un concert de vuvuzelas ? Voici :

Le Vuvuzela Orchestra interprète ici, dans une chorégraphie artistique, Shosholoza, chant traditionnel des travailleurs noirs, devenu ensuite un des symboles de la lutte contre l’apartheid, puis hymne sportif, qui a été interprété notamment par Ladysmith Black Mambazo (de loin la meilleure version), Peter Gabriel et Helmut Lotti !

Sur scène, le Vuvuzela Orchestra est nettement plus spontané :

Bon, je l’accorde, c’est un peu sommaire, mais les musiciens vénézuéliens feront mille fois mieux, j’en suis sûr. Je vois (ou plutôt j’entends) très bien les vuvuzelas accompagner les musiques noires de la côte centrale du Venezuela ou du sud du lac de Maracaibo.

Vuvuzela et politique

vuvuzela

Soufflez fort !

Enfin, il y a un troisième domaine où la vuvuzela a un avenir tout tracé au Venezuela : la politique! On imagine sans peine les grands rassemblements politiques, qu’ils soient du gouvernement ou de l’opposition, animés par des dizaines de milliers de trompes en plastique! La totale ! On imagine tout aussi aisément la classe moyenne manifester son mécontentement en troquant la traditionnelle casserole pour la vuvuzela, plus performante. Ainsi, les opposants pourraient jouer de la vuvuzela pendant les interventions de Hugo Chávez à la télévision (là, il leur faudra du souffle! Pour leur faciliter la tâche, il pourront toujours jouer de la vuvuzela virtuelle ou encore brancher en boucle la radio vuvuzula.fm).

Sport, culture, politique : voici donc trois domaines dans lesquels la vuvuzela a toutes ses chances d’être adoptée et bonifiée au Venezuela. Mais si de telles prédictions se vérifient, il n’y aura alors plus de doute : la vuvuzela deviendra bel et bien la vuvuzuela!

Isla presidencial: Uribe, Lula, Chávez

En route vers l'Île présidentielle

Le Venezuela a son Charlie Hebdo : le Chigüire Bipolar. Du chigüire, cet animal qui passe pour être représentatif du Venezuela, je vous ai parlé dans mon précédent article. Mais pourquoi bipolaire ? Parce qu’il n’est pas unipolaire, serais-je tenté de répondre, sans en savoir plus…

El Chigüire Bipolar

El Chigüire Bipolar

Quoi qu’il en soit, le Chigüire Bipolar est une sorte de magazine satirique qui se publie essentiellement sous la forme d’un blog sur le web. Il s’agit d’une initiative de trois amis qui décidèrent un jour de rompre avec le ronron de la presse conventionnelle et de se lancer dans l’aventure satirique. Mis à part quelques antécédents célèbres comme le Morrocoy Azul (créé en 1941) et le Camaleón (dans les années 1980), la presse satirique n’a jamais eu le vent en poupe au Venezuela : ici, il n’a jamais été de bon ton de rire -publiquement du moins- de ses gouvernants, ni des travers de sa société.

Modeste au départ, l’initiative  a aussitôt rencontré le succès, notamment auprès de la jeunesse, qui y a vu un exutoire à la langue de bois pratiquée  non seulement par le gouvernement (Patria, socialismo o muerte !),  mais aussi par l’opposition, qui depuis des années remâche le même discours primaire anti-Chávez.

Phénomène de presse

Deux ans après sa création, le Chigüire Bipolar peut se targuer d’être un véritable phénomène de presse. En nombre de pages vues, il dépasse, dit-on, le site de El Nacional, le plus grand quotidien du pays. Cela est dû, en grande partie, à l’excellente utilisation par l’équipe des médias sociaux tels que Facebook (37.450 fans aujourd’hui) et Twitter (76.645 abonnés).  Les courtes notes publiées sur ceux-ci renvoient systématiquement sur les productions du site web : articles, photomontages et vidéos. Le bouche à oreille a fait le reste.

Le livre que Chávez a offert à Obama

Quel livre Chávez a-t-il offert à Obama?

Le personnage d’Hugo Chávez est évidemment au centre des productions du Chigüire Bipolar. Comment pourrait-il en être autrement,  avec ce président qui est aussi communicateur hors pair, grand acteur et même chanteur à ses heures ? Toutefois, l’opposition n’est pas épargnée non plus, et notamment le mouvement étudiant. Même Alberto Federico Ravell, ex-directeur de Globovision (la chaîne de télévision d’opposition qui se caractérise par ses reportages antichavistes primaires), en prend pour son grade, alors même qu’il est le père de l’un des créateurs du Chigüire Bipolar ! Cela dit, soyons clairs : la tonalité antichaviste est celle qui domine sur le site, et de loin.

Un gros coup

Le Chigüire Bipolar a dernièrement fait un gros coup, qui a permis de populariser le site dans l’ensemble des pays de l’Amérique latine. Il a produit une vidéo intitulée Isla presidencial [Île présidentielle], version satirique du célèbre feuilleton télévisé Lost [Les disparus]. Les personnages ? Douze présidents d’Amérique latine qui échouent sur une île déserte et sont tenus de vivre ensemble.

En voici la bande-annonce, en style hollywoodien (sous-titres anglais) :

Voici le premier épisode (sous-titres anglais) :

Et le second épisode (en espagnol) :

Dans le collimateur ?

Caustique et irrespectueux, Le Chigüire Bipolar se trouve-t-il dans le collimateur du pouvoir ? Ce dernier ne se caractérise pas précisément par son sens de l’humour : la révolution, c’est sérieux ! Elle tolère difficilement la critique, fut-elle en mode satirique. Aussi le Chigüire Bipolar a-t-il été la cible d’attaques directes de la part d’un Mario Silva, par exemple, qui anime une émission quotidienne sur VTV, la chaîne de télévision gouvernementale. Mais, malgré un contexte difficile pour la presse d’opposition, le site continue à naviguer comme si de rien n’était, avec l’humour comme moyen de défense ultime.

Quant à Hugo Chávez lui-même, il n’a encore rien déclaré, à ma connaissance, sur le Chigüire Bipolar. La question qui se pose est la suivante : quelle est sa capacité réelle à rire de lui-même, fût-ce en privé ? En clair, est-il capable de supporter ceci :

ou encore ceci :

On peut espérer que le président, qui fait preuve d’esprit quand il parle de “pajarito” [petit oiseau] pour faire allusion à Twitter, est également capable d’apprécier  l’humour des autres à son égard. Après tout, critique ou non, satirique ou non, c’est lui qui reste la grande vedette du film !

Portraits sur fond noir

Portrait des chefs d'État

Lors de la dernière Assemblée générale des Nations-Unies, en septembre dernier, Platon, célèbre photographe du non moins célèbre New Yorker, s’est posté dans les couloirs pour y traquer les chefs d’État. À chacun, il demanda l’autorisation de les prendre en portrait.

Quarante-neuf d’entre eux ont accepté de bonne guerre de consacrer quelques minutes de leur précieux temps au photographe. D’autres ont refusé, comme Nicolas Sarkozy (pourtant toujours friand d’image), Angela Merkel et Hu Jintao.

Le résultat? Voyez ci-dessus. Une belle brochette de chefs d’État et de gouvernement sur laquelle on distingue, pêle-mêle, un Barack Obama anormalement sérieux, un Dmitri Medvedev impérial, un Mouammar Kaddafi non moins toisant, une Cristina Kirchner coquette, un Silvio Berlusconi ironique, un Benjamin Netanyahu redondant, un José Luis Zapatero hyper-classique, un Gordon Brown presqu’hilare, et j’en passe (je ne les reconnais pas tous, amusez-vous).

Mais observez : les quelques portraits sur fond noir sont ceux de Mahmoud Ahmadinejad, Evo Morales et… Hugo Chávez (il y en a un quatrième que je ne reconnais pas). Quatre seulement. Faut-il y voir un sens caché? Un mauvais tour de l’inconscient du photographe? Une réminiscence de l’enfer?

Robert Mugabe, Lula et Michelle Bachelet (ainsi que quelques autres) ont plus de chance : ils font partie des auréolés sur fond gris. Le purgatoire?

Rien de tel, finalement, qu’un beau fond blanc, diaphane, transparent, comme celui auquel a droit Barack Obama. Le paradis!

Un Blog WordPress.com. | Thème : Motion par volcanic.
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 330 followers