Tag Archive: Carlos


Une pincée de buzz

Shakira

La jolie Shakira

venezueLATINA vient de franchir le cap des 200.000 visiteurs depuis son premier article en janvier 2007. Pas de quoi se pavaner, Google reçoit autant de visiteurs en 5 minutes ! Malgré tout, pour fêter cela allègrement, on va s’offrir un moment de légèreté, sous la forme de quelques buzz qui ont secoué dernièrement le Venezuela.

La guitare rouge de Shakira

Guitare dédicacée par Shakira

La guitare rouge dédicacée

Le 14 mai dernier, Andrés Izarra, ministre de la Communication, annonçait dans un tweet que Shakira avait offert une guitare rouge dédicacée à Hugo Chávez. Démenti de la chanteuse colombienne : elle avait bel et bien offert six guitares lors de son dernier passage à Caracas, mais ne savait pas que l’une d’elles avait été remise au président du Venezuela.

En fait, il semblerait que ce soient les organisateurs du concert qui, après coup, l’aient fait parvenir à Hugo Chávez. Le service de presse de Shakira a envoyé ce communiqué : « Nous venons d’être informés que l’une des guitares a été envoyée au palais d’Hugo Chávez. Nous espérons que le geste de Shakira contribue à l’unité des citoyens colombiens et vénézuéliens. »

À l’occasion de la dernière visite de Shakira à Caracas, en mars dernier, Hugo Chávez avait manifesté le désir de rencontrer la chanteuse, qui a créé la Fondation Pies Descalzos pour venir en aide aux enfants défavorisés. Mais l’emploi du temps très chargé du président ne lui avait pas permis de rencontrer la jolie colombienne. Il a en tout cas remercié la chanteuse pour la guitare : « Hier soir, je me suis entraîné, j’ai cherché les connexions, parce que c’est une guitare électrique, je ne suis pas habitué », a-t-il déclaré.

Hugo Chávez danse avec Keiko Fujimori

Hugo Chávez danse avec Keiko Fujimori

Danse des canards pour présidents en goguette

Le site péruvien La Mula déterre une vieille photo sur laquelle on découvre un Hugo Chávez pratiquant la danse des canards avec Keiko Fujimori, fille de l’ex-président du Pérou Alberto Fujimori et actuelle candidate à la présidence de ce pays. La photo aurait été prise le 15 juin 2000, lors d’un sommet du Groupe de Río qui réunissait les chefs d’État latino-américains à Carthagène, en Colombie.

Alberto Fujimori, alors président du Pérou, y était venu avec sa fille Keiko. Le soir, après leur journée de travail ponctuée par de nombreuses réunions, les chefs d’État se détendaient, ne dédaignant pas un petit pas de danse. Il est amusant de voir Hugo Chávez, alors président depuis un peu plus d’un an, danser dans une attitude raide aux côtés de la jeune Keiko, devenue entretemps femme d’affaires et représentante de la droite aux élections péruviennes. Une danseuse plus avant, on reconnaît aussi Alfonso Portillo, qui venait d’être élu président du Guatemala et se trouve actuellement emprisonné pour délit de corruption et malversation de fonds.

Carlos écrit à Hugo Chávez

Ilich Ramírez Sánchez, dit "Carlos"

Ilich Ramírez Sánchez, dit "Carlos"

Circule depuis peu sur le Net une lettre ouverte de Carlos à Hugo Chávez, Dans cette missive, Ilich Ramírez Sánchez, dit Carlos, citoyen vénézuélien, se plaint au président du Venezuela du peu d’appui qu’il reçoit des services consulaires de son pays. Ayant été victime d’une agression en février dernier, « notre ambassade à Paris n’a rien fait, dit-il, à part bloquer complètement la moindre assistance pour ma défense. Déjà, en 2008, à la suite d’une autre agression, les diplomates vénézuéliens avaient “disparu” pendant presque six mois. » Après une digression sur la situation en Libye, Carlos demande à Hugo Chávez d’intervenir face à la « trahison de certains diplomates et politiciens vénézuéliens » qui « préparent leur futur exil doré après la “mort de Chávez” ».

L’authenticité de la lettre n’est pas prouvée. À remarquer qu’elle a été publiée initialement par le Parti Anti-Sioniste, fondé par Dieudonné en 2009 et étiqueté d’extrême-droite. Pour la petite histoire, ajoutons que le très controversé Dieudonné a rencontré le président Chávez en 2006 à Damas, déclarant qu’à ses yeux, « Hugo Chávez est le chef de la résistance mondiale à l’impérialisme américain ».

Carlos, Dieudonné, Chávez (et Ahmadinejad n’est pas loin…) : bizarres accointances, au nom de l’antisionisme. Hugo Chávez aurait tout intérêt à bien choisir ses amis et supporters, histoire de ne pas embarrasser inutilement ses vrais amis…

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C’étaient donc les buzz de la semaine. Mis en perspective, ils ne sont pas si anodins que cela et reflètent certains aspects cachés et non officiels de la politique vénézuélienne. À vous de lire entre les lignes pour les déchiffrer.

Zamora, film de Roman Chalbaud

Une scène de « Zamora », film de Román Chalbaud (2009)

L’édition 2010 du Festival de Cannes se termine. Les palmes de tous acabits sont attribuées. Bravo.

Il n’y a pourtant pas que les palmes. C’est du moins ce que doivent se dire les participants vénézuéliens au festival, qui ont été plus que discrets cette année. Il est vrai que la cinématographie vénézuélienne ne se distingue généralement pas par son extrême originalité. Même s’ils participent régulièrement à des festivals, peu de films vénézuéliens ont connu une carrière internationale, les derniers en date étant Secuestro Express (2005) et Cyrano Fernández (2007).

Et pour cause : les thèmes sont le plus souvent redondants (la violence, la marginalité), les scénarios s’avèrent plutôt pauvres, les acteurs ont tous les tics des telenovelas, la technique est quelquefois déficiente et les moyens sont limités. Difficile avec cela de faire du grand cinéma, comme peut l’être (pour prendre l’exemple d’un pays aux dimensions comparables) le cinéma iranien.

Présence limitée

libertador morales

Libertador Morales, d'Efterpi Charalambidis

D’où cette présence limitée au Festival de Cannes. Cette année, deux long-métrages vénézuéliens produits en 2009 ont été projetés à Cannes, dans une quelconque section du festival (bien que non identifiée dans le programme officiel) : Zamora, de Román Chalbaud, et Libertador Morales, El Justiciero, d’Efterpi Charalambidis.

Le premier, réalisé par le doyen des cinéastes vénézuéliens, est une fresque historique relatant la lutte d’Ezequiel Zamora, qui prit la tête d’une révolte paysanne égalitariste au milieu du 19e siècle. Le second est l’histoire d’un mototaxista (un taximan à moto) dans le Caracas contemporain. L’un et l’autre ont été produits par la Fondation Villa del Cine, la nouvelle structure de production cinématographique mise en place par le gouvernement de Hugo Chávez.

Du côté des courts-métrages, la production Martes 13, de Domingo Olavarría, a été sélectionnée pour être projetée dans l’espace professionnel Short Film Corner.

Enfin, Lucía, long métrage en préparation de Rubén Sierra Salles, a été l’invité officiel de Cinéfondation, institution dont l’objectif est d’appuyer les jeunes cinéastes. Le jeune réalisateur vénézuélien, qui avait déjà reçu une bourse du Fonds d’aide au développement du scénario dans le cadre du Festival international de cinéma d’Amiens, a participé à l’Atelier du Festival de Cannes.

Téléfilm explosif

Ilich Ramírez Sánchez, dit "Carlos"

Ilich Ramírez Sánchez, dit "Carlos"

Mais le Vénézuélien qui a le plus fait parler de lui dans le festival de cette année ne se trouvait pas à Cannes. Il était plutôt emprisonné à la maison centrale de Poissy ! Il s’agit ni plus ni moins d’Ilich Ramírez Sánchez, alias Carlos ou Le Chacal, le fameux terroriste international qui défraya la chronique dans les années 1970 et 1980. Le 19 mai était en effet projeté au Festival, hors compétition, Carlos, le (télé)film explosif d’Olivier Assayas : une fresque de plus de cinq heures produite pour la télévision, -ce qui en soi provoqua déjà des remous dans un festival qui se targue de promouvoir le pur cinéma.

Cependant, la vraie controverse n’était pas là : elle se trouvait du côté d’Ilich Ramírez Sánchez, dit Carlos, qui, depuis sa prison, envoya le film aux gémonies. Sur la base du scénario, qu’il a lu, il affirme ne pas se reconnaître du tout dans le personnage présenté à l’écran : « Ce personnage n’a pas de rapport avec moi. On découvre un alcoolique drogué qui ne passe son temps qu’à tuer des gens et à se payer des femmes. On nous présente des attaques commandos complètement ridicules… Jamais les choses ne se font comme ça. Ce qui est présenté s’oppose à toutes les règles de combat ».

Dans la foulée, Carlos dénonce plusieurs inexactitudes historiques dans le scénario : la fameuse prise d’otages de l’Opep à Vienne en 1975 ne lui aurait pas été commanditée par l’ex-président irakien Saddam Hussein, comme le présente le film, mais par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. D’autre part, Carlos affirme qu’il n’a jamais rencontré en 1978 le chef du KGB, Iouri Andropov, qui, selon le scénario du film d’Olivier Assayas, lui aurait donné comme mission de tuer le président égyptien Anouar el-Sadate.

Edgar Ramírez dans "Carlos", d'Olivier Assayas

Edgar Ramírez dans "Carlos", d'Olivier Assayas

Comme on peut le voir, Ilich Ramírez n’est pas content du film, même s’il n’en a vu que les « extraits diffusés à la télévision ». Il a même écrit une lettre pleine de pathos à celui qui interprète son personnage dans le film. Celui-ci, ironie du sort, est également Vénézuélien et s’appelle aussi Ramírez ! Il s’agit d’Edgar Ramírez, un acteur que l’on avait déjà vu dans Cyrano Fernández, où il tenait avec brio le rôle principal. Interpelé, l’acteur ne répondra pas à son homonyme emprisonné…

Tout cela, finalement, ce n’est que du buzz pour faire monter la tension autour du film d’Olivier Assayas. Comme il se doit, la presse, plus people que sérieuse, s’est emparée du sujet en allant interviewer dans sa prison le personnage mythique qu’est Carlos, histoire de réveiller les vieilles peurs qui dorment en nous… et de nous faire aller voir le film.

Les Vénézuéliens à Cannes, c’était donc cela : les quelques représentants officiels présents sont restés dans l’ombre la plus profonde, tandis qu’est sorti de son trou celui qu’on n’attendait plus, Carlos en chair et en os. Il est vrai qu’il est l’un de ces personnages mythiques qui font encore trembler dans les chaumières de France, de Navarre et d’ailleurs. Beau sujet de film, donc.

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Pour en savoir plus :
> La bande-annonce du film Carlos, d’Olivier Assayas

> L’interview d’Olivier Assayas à propos de son film “Carlos”, dans Le Monde
> La lettre d’Ilich Ramírez Sánchez (“Carlos”) à son homonyme Edgar Ramírez
> Le reportage radio de RTL sur le film Carlos d’Olivier Assayas (avec interview du réalisateur et de Carlos lui-même) :

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