Tag Archive: bolivar


simon_bolivar_BD

S’il est un héros national au Venezuela, c’est bien Simón Bolívar. Né à Caracas en 1783, il prit part et dirigea la guerre d’émancipation des colonies espagnoles d’Amérique du Sud, rêva de l’unité latino-américaine, mourut rejeté par presque tous.

Doté du titre de Libertador, il est devenu l’emblême par excellence du Venezuela, où il a donné son nom à toutes les places principales des villes et villages du pays, à la monnaie nationale, à de multiples institutions et même à un satellite! Bref, il vaut mieux ne pas toucher à cette icône nationale!

Effectivement, rares sont ceux qui y touchent, même pour simplement l’analyser à la lumière de la critique historique. Car il n’est pas un homme, il est un superman! Aussi est-il, sans le moindre scrupule, conjugué à toutes les sauces. Tout discours politiquement correct au Venezuela doit faire référence au Libertador. Il n’est pas un président vénézuélien qui ne se soit dit inspiré par sa pensée et son action. Tout le monde le veut pour lui!

Le gendarme nécessaire

simon_bolivar_chevalblancC’est la droite qui, la première, s’est emparée de Simón Bolívar pour en faire le mentor de sa politique. En octobre 1911, Laureano Vallenilla Lanz, intellectuel organique de la dictature de Juan Vicente Gómez, publie un article intitulé El gendarme necesario [Le gendarme nécessaire]. Dans celui-ci, s’inspirant du conservateur français Hippolyte Taine, il expose sa thèse de l’inévitabilité de l’homme fort dans les sociétés hispano-américaines. Il invoque pour ce faire les textes de Simón Bolívar, dont il extrait les éléments qui le servent, notamment les figures de président à vie et d’exécutif fort inscrites dans la constitution de la Bolivie qu’a rédigée le Libertador.

Cette interprétation de Bolívar est reprise par la droite colombienne qui voit en lui le fondateur de la doctrine conservatrice. Dans les années trente, la droite internationale pousse la balle plus loin encore. Dans l’Italie fasciste, on commémore le centenaire de la mort de Bolívar en affirmant que Mussolini était « l’incarnation historique » dans laquelle se reproduisaient « quelques aspects de l’esprit bolivarien ». Dans cette conception, le Libertador apparaît pratiquement comme un précurseur lointain du fascisme. Dans l’Espagne franquiste du début des années 1970, il se produit quelque chose de similaire. On n’hésite pas à faire de Franco –chef d’État nommé à vie et créateur d’un sénat contrôlé– «l’authentique interprète de la pensée bolivarienne ».

Coup de théâtre

En face, la gauche n’est pas restée de marbre. Dès 1923, le Cubain Julio Antonio Mella invoque l’idéal du Libertador comme source inspiratrice des luttes émancipatrices du continent américain. De même , le Péruvien José Carlos Mariátegui mentionne dans ses écrits « l’actualité révolutionnaire du génie de Bolívar ».

En 1935, c’est le coup de théâtre : les éditeurs soviétiques des Œuvres complètes de Marx et Engels découvrent un texte de Karl Marx à propos de Simón Bolívar, écrit en 1857-1858. L’auteur du Capital n’y est pas tendre du tout envers le Libertador, qu’il présente comme un homme politique sans envergure, un piètre militaire, un couard, voire un traître! À la décharge de Marx, il faut dire qu’il s’agit d’un simple texte de commande, alimentaire, rédigé pour la New American Cyclopedia. Utilisant des sources douteuses, Marx y donne libre cours à des préjugés anti-hispaniques et tombe aisément dans la mesquinerie. Il en arrive ainsi à démolir en bonne et due forme Simón Bolívar, qu’il accuse de bonapartisme, sa bête noire politique du moment. Incontestablement, ce texte de qualité très médiocre est indigne du Marx historien, sociologue et économiste.

Bolívar démocrate et antiimpérialiste

simon_bolivar_petitL’écrit n’en est pas moins embarrassant pour les marxistes orthodoxes, lesquels ont tendance à suivre à la lettre leur maître à penser. Dans un premier temps, le marxiste argentin Aníbal Ponce traduit le texte en espagnol et, dans une préface, défend aveuglément tous les arguments de Marx. Mais une première réplique vient de Colombie lorsque Gilberto Vieira, secrétaire général du Parti communiste colombien, publie un ouvrage dans lequel il réhabilite l’héritage démocratique de Bolívar et sa condition de révolutionnaire. De son côté, en 1939, le marxiste vénézuélien Carlos Irazábal récuse point par point la thèse du « gendarme nécessaire » et récupère l’idéal démocratique de Bolívar.

Plus tard, en 1977, l’historien cubain Francisco Pividal, dans son livre Bolívar, pensamiento precursor del antiimperialismo, revendique la signification révolutionnaire de la pensée et de l’action de Bolívar, en qui il voit le promoteur de l’unité latino-américaine contre les tendances hégémoniques des États-Unis. D’autres efforts de réhabilitation suivront, y compris en Union soviétique, où l’historien Anatoli Shulgovski publie en 1983 un article qui fait de Simón Bolívar, vu en libérateur des esclaves et combattant de la liberté, un symbole et un guide pour les révolutionnaires d’Amérique latine.

Socialisme bolivarien

Avec l’arrivée d’Hugo Chávez au pouvoir au Venezuela, en 1998, Simón Bolívar revient directement à l’avant-plan des luttes politiques. Le fringant président vénézuélien en fait son inspirateur direct : le socialisme qu’il projette de construire sera bolivarien ou ne sera pas.

Face à cette nouvelle réalité, la droite est divisée. Traditionnellement, elle avait délibérément choisi Bolívar comme une arme contre le socialisme, en faisant de lui un conservateur. Mais voici qu’avec Chávez, ceux qui se revendiquent du socialisme se revendiquent aussi de Bolívar ! Les jeux sont donc brouillés. S’il reste encore quelques conservateurs pour invoquer Bolívar en répétant ad infinitum le rituel du culte sacralisateur, il en est d’autres qui se prennent à détester le Bolívar qu’ils adoraient!

Bataille à coup de citations

simon_bolivar_pistolaPlus que jamais, voici donc Simón Bolívar placé au centre des enjeux politiques du moment. Il n’est pas rare que l’on se batte à coup de citations du grand homme. On le fait quelquefois avec les mêmes extraits de discours, retirés de leur contexte, auquel on fait dire ce que l’on veut qu’il disent. Une constante dans tout cela : le héros est instrumentalisé à des fins politiques sans qu’on analyse ses textes à la lumière des circonstances et du moment historique dans lesquels ils ont été écrits. D’une façon générale, l’histoire, dans le sens de «science historique », a peu à voir dans ce débat qui est avant tout idéologique.

Le plus amusant de la chose, c’est que Simón Bolívar avait prévu cet usage indu que l’on ferait de sa pensée. Dans une lettre à Leocadio Guzmán, écrite un an avant sa mort, il disait :

Si des personnes interprètent ma façon de penser et fondent sur cette interprétation leurs erreurs, cela ne m’est pas insensible, mais c’est inévitable. En utilisant mon nom, on veut faire en Colombie le bien et le mal, et beaucoup l’invoquent comme un texte pour leurs sottises.

simon-bolivar-yeux__________________
Source : El Bolívar de Marx. Estudios críticos de Inés Quintero y Vladimir Acosta. Editorial Alfa, colección Tropicos, Caracas, 2007.
La signature de Simón Bolivar sur les affiches du Si

La signature de Simón Bolívar sur les affiches du Sí

Le Libertador Simón Bolívar, héros national vénézuélien s’il en est, s’est trouvé malgré lui au cœur de la campagne référendaire qui vient de se terminer.

Du côté du oui, on a joué dans le subliminal : l’affiche principale de la campagne montre un énorme rouge sur fond de signatures : un échantillon des signatures de personnes qui ont appuyé la convocation de ce référendum, en décembre dernier. Et puis, ô surprise!,  parmi ces signatures de citoyens apparaît, bien en évidence, celle de Simón Bolívar.

"Bolivar a déjà dit non"

"Bolívar a déjà dit non"

Du côté du non, l’argument est que « Bolívar a déjà dit non », et de citer, re-citer et rere-citer certaine petite phrase du fameux discours de Angostura que Bolívar a prononcé le 15 février 1819 (tiens, c’en est aujourd’hui, jour du référendum, le 190e anniversaire, ce n’est certainement pas un hasard non plus! ) :

Nada es tan peligroso como dejar permanecer largo tiempo en un mismo ciudadano el poder. El pueblo se acostumbra a obedecerle y él se acostumbra a mandarlo; de donde se origina la usurpación y la tiranía.

[Rien n’est aussi dangereux que de laisser longtemps le pouvoir aux mains d’un même citoyen. Le peuple s’accoutume à lui obéir et lui s’accoutume à le commander; en découlent l’usurpation et la tyrannie.

OK, on a compris où ils veulent en venir. Cependant, il y a un petit hic... La première phrase est tronquée et dit textuellement :

Las repetidas elecciones son esenciales en los sistemas populares, porque nada es tan peligroso como dejar permanecer largo tiempo en un mismo ciudadano el poder. (...)

[Les élections répétées sont essentielles dans les systèmes populaires, parce que rien n’est aussi dangereux que de laisser longtemps le pouvoir aux mains d’un même citoyen. (...)]

Vous aurez sans doute perçu la petite différence. Du coup, Hugo Chávez y va d’une autre citation tirée du même discours :

¡Dichoso el ciudadano que bajo el escudo de las armas de su mando ha convocado la soberanía nacional para que ejerza su voluntad absoluta!

[Heureux le citoyen qui sous le bouclier des armes de son commandement a convoqué la souveraineté nationale pour qu’elle exerce sa volonté absolue!]

Et l’on se bat ainsi à coup de citations du Libertador, lesquelles, prises hors de leur contexte historique, veulent dire tout et n’importe quoi.

Référence ultime

Il faut dire qu’au Venezuela, Simón Bolívar a toujours été la référence ultime des hommes politiques, quels qu’ils soient –de gauche ou de droite, dictateurs ou démocrates… Déjà, en 1969, l’historien Germán Carrera Damas publiait un essai intitulé El culto a Bolívar, dans lequel il se proposait de « comprendre une forme idéologique d’une importance capitale dans la vie historique du Venezuela ».  Et de préciser :

Par culte à Bolívar, nous entendons la complexe formation historico-idéologique qui a permis de projeter les valeurs de la figure du Héros sur tous les aspects de la vie d’un peuple.

Comme quoi le « bolivarianisme », comme facteur d’unité nationale, comme facteur de gouvernement et comme facteur de dépassement national, n’est pas né avec Hugo Chávez. Autant le savoir.

Cela dit, la question reste entière : pour qui va voter Simón Bolívar dans le référendum de ce jour? La partie semble si serrée que c’est son fantôme omniprésent qui, peut-être, va décider du résultat…

_____________________

Pour qui voudrait approfondir la question, signalons l’article de Frédérique Langue, Les cendres des héros, Mémoires et histoires du temps présent vénézuélien paru dans la revue universitaire Nuevo Mundo-Mundos Nuevos.
Carte de la Grande Colombie, par Agustin Codazzi
Carte de la Grande Colombie, par Agustín Codazzi

Paradoxalement, c’est Simón Bolívar lui-même, le Libertador, qui aurait pu rayer de la carte du monde son pays natal, le Venezuela. S’il avait réussi dans son ambitieuse entreprise d’unir les Amériques latines, le Venezuela n’aurait sans doute pas existé en tant que nation, car il aurait fait partie –aux côtés de l’actuelle Colombie, de l’Équateur et du Panama– de la « Grande Colombie ». S’inspirant de la vision du précurseur Francisco de Miranda, Simón Bolívar voulait en effet former un grand pays nommé Colombie, appelé ainsi en hommage à Christophe Colomb. Voici ce qu’il écrivait en 1815 dans sa fameuse Lettre de Jamaïque, dans laquelle il exprime l’idée d’unir la Nueva Granada (la Colombie actuelle) au Venezuela :

Cette nation s’appellera Colombie, afin de rendre justice et gratitude au créateur de notre hémisphère.

Au Congrès d’Angostura de 1819, Simón Bolívar est nommé Président de la République de Colombie. En 1821, le Congrès de Cúcuta entérine la création de la Colombie et la divise en sept départements. Le territoire qui constituait sous la colonie la Capitanía General de Venezuela est alors fractionné en trois départements : Orinoco (comprenant les provinces de Guayana, Cumaná, Barcelona et Margarita), Zulia (comprenant les provinces de Coro, Trujillo, Mérida et Maracaibo) et Venezuela (comprenant les provinces de Caracas et Barinas). Il s’en fallut alors de peu pour que le nom de Venezuela ne disparaisse, car le congrès avait initialement proposé de nommer ce département Apure. C’est Bolívar, cette fois, qui intervint in extremis pour que l’on conserve le nom de Venezuela à une partie du territoire.

En 1824, une loi créa encore un nouveau département, celui d’Apure, constitué par la province de Barinas, amputant d’autant le département du Venezuela. Dilué dans la Grande Colombie, le nom de Venezuela ne s’applique alors qu’à la seule province de Caracas (voir la carte).

La fin du rêve

En 1826, tandis que Bolívar continue son œuvre de libertador au Pérou, un conflit éclate entre Francisco de Paula Santander, en charge de la présidence de la Colombie et représentant du centralisme de Bogotá, et le général José Antonio Páez, commandant général du département du Venezuela. Cette grave crise politique conduit à la dissolution de la grande République de Colombie. C’en est fini du grand rêve de Bolívar. En revanche, la division du pays a pour effet de faire renaître le Venezuela de ses cendres.

Le 24 septembre 1830, le général Páez fait promulguer une nouvelle constitution, laquelle consacre l’indépendance et l’unité nationale du Venezuela. Dans ce texte, le territoire de la nouvelle République se définit comme « tout ce qui avant la transformation politique de 1810 se dénommait Capitanía General de Venezuela ». C’est donc le remembrement du territoire. Au-delà de la simple géographie, le texte constitutionnel parle aussi de « nation vénézuélienne ».

Depuis lors, le Venezuela conservera son nom –et son existence– sans la moindre interruption. Par contre, le nom de la république, lui, changera quelquefois. En 1864, la constitution fédérale consacre le nom États-Unis du Venezuela, qui restera en vigueur jusqu’en 1953 (même si le fédéralisme ne sera jamais appliqué dans le pays). Cette année-là, le pays retrouve son nom de République du Venezuela, qu’il conservera dans la constitution de 1961. La dernière modification a lieu avec l’avènement de l’actuelle constitution, en 1999, lorsque le pays adopte de nom de République bolivarienne du Venezuela.

Simón Bolívar se trouve ainsi associé au nom d’une république qu’il n’a jamais vraiment désirée! Ainsi vont les bizarres détours de l’histoire!

La nouvelle pièce de un bolivarJ’en avais de la chance de vivre au Venezuela : j’étais devenu millionnaire en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire. Le temps de toucher mon premier salaire et je me retrouvais dans la caste des multi-millionnaires!

Il faut dire qu’avec un taux de change établi officiellement à 2150 bolivars pour un dollar, il n’était pas tellement difficile de faire partie du club des millionnaires vénézuéliens. Le salaire minimum lui-même étant fixé à 614.790 bolivars, il n’en fallait que deux (sans les dépenser, il est vrai) pour se faire millionnaire (1).

Tout cela va changer dès demain, 1er janvier 2008. En effet, demain sera le jour J de la reconversion monétaire. Celle-ci consistera à diviser par 1000 la valeur des actuels bolivars –soit enlever tout simplement trois zéros. Le salaire minimum se situera donc à 614,79 bolivars forts (bolívares fuertes, en abrégé Bs. F., le nom de la nouvelle monnaie) et le dollar étatsunien se changera officiellement à 2,15 Bs. F. Autant dire que 99 pour cent des actuels millionnaires (dont ma personne) disparaîtront dans l’opération. Et les millionnaires qui resteront seront, les chanceux, de véritables millionnaires (ils existent, je les ai rencontrés).

Charge symbolique

La reconversion s’accompagne, bien entendu, de l’émission d’une nouvelle série de pièces et de billets. Comme chacun sait, les billets contiennent généralement une charge symbolique nationale, à usage tant interne qu’externe. Et là, le gouvernement Chávez, jamais avare d’innovations, a voulu laisser sa marque.

Pedro Camejo sur le nouveau billet de 5 bolivars Nouveau billet de 10 bolivarsLuisa Cáceres de Arismendi sur le nouveau billet de 20 bolivarsSur le recto des nouveaux billets, on a bien entendu droit aux effigies des habituels héros nationaux, qui, comme par hasard, sont des créoles : Simón Bolívar, Simón Rodríguez, Francisco de Miranda. Mais, pour la première fois, un Indien figure parmi les élus. Il s’agit de Guaicaipuro, cacique des tribus Teques et Caracas, qui a pris la tête de la résistance à la pénétration espagnole dans la zone centrale du Venezuela aux alentours de 1560. Pour la première fois aussi, un Noir figure sur un billet : Pedro Camejo, mieux connu sous le nom de Negro Primero, qui participa à la Guerre d’Indépendance et trouva la mort lors de la décisive bataille de Carabobo, en 1821. Et troisième innovation : un billet comportera le portrait d’une femme, Luisa Cáceres de Arismendi, épouse du chef patriote Juan Bautista Arismendi, qui fut arrêtée par les royalistes comme mesure d’extorsion et resta emprisonnée durant trois ans (une Ingrid Betancourt avant la lettre, en quelque sorte –les FARC n’ont rien inventé). Voilà une série de symboles qui ont bien du sens dans un pays largement dominé, historiquement, par les élites créoles masculines d’ascendance européenne.

L’ours à lunettes sur le nouveau billet de 50 bolivarsMais l’originalité ne s’arrête pas là : sur le verso des nouveaux billets, sont mis en évidence, sur fond de paysages variés, six espèces animales en voie de disparition dans le pays : le boto ou dauphin de l’Amazone (Inia geoffrensis), le tatou géant (Priodontes maximus), la harpie féroce (Harpia harpyja), la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata), l’ours à lunettes (Tremarctos ornatus), le chardonneret rouge (Carduelis cucullata). Belle initiative pour sensibiliser les populations à la fragilité de ces espèces. Cela dit, il reste maintenant au gouvernement à faire preuve d’autant d’efficacité dans ses actes que dans ces intentions. En ce qui concerne la protection de l’environnement, reconnaissons qu’on est assez loin du compte, au vu des énormes poussées développementistes qui priment généralement sur toute autre considération…

Le grand défi

Voilà donc pour les symboles. Mais l’essentiel n’est sans doute pas là. D’un point de vue économique, il convient surtout de faire de cette reconversion monétaire un outil de politique économique. Pour le gouvernement, l’équation est simple, trop simple :

Une économie forte.
Un bolivar fort.
Un pays fort.

Le pari n’est pas gagné d’avance. Enlever trois zéros peut créer de l’illusion, mais pas de la richesse. Dans l’optique socialiste et révolutionnaire qui est celle du gouvernement, le grand défi consistera, dans les prochains mois et les prochaines années, à mettre en place les bases d’une économie non capitaliste suffisamment forte pour contrebalancer et finalement déplacer les implacables lois du marché. Et sur ce point, les exemples concluants n’abondent pas dans le monde, c’est le moins que l’on puisse dire.

(1) Pour être juste et complet, signalons tout de même que, selon les statistiques officielles, 1,7 million de foyers vénézuéliens vivent en dessous du seuil de pauvreté (ce qui représente 27,5 % de la population au 1er trimestre 2007).

Un Blog WordPress.com. | Thème : Motion par volcanic.
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 331 followers