Category: Politiquement incorrect


Un Chávez français ? La belle blague !

Égalité et Réconciliation: Nous voulons un Chávez français

L'affiche de la campagne « Nous voulons un Chávez français »

L’association politique française Égalité et Réconciliation vient de lancer une campagne Nous voulons un Chavez français ! Égalité et Réconciliation est un mouvement classé à l’extrême droite de l’échiquier politique, qui se revendique comme « nationaliste de gauche » (ou encore « alter-nationaliste ») et se réclame de « la gauche du travail et la droite des valeurs ». Étrange melting pot

L’association a été fondée par Alain Soral, écrivain, sociologue, homme politique et même cinéaste, qui après un passage au Parti communiste français dans les années 90, a flirté avec Jean-Marie Le Pen et le Front national (dont il fut membre du comité central). Il a quitté à son tour ce dernier parti en 2009 pour rejoindre la Liste antisioniste de Dieudonné aux élections européennes. À l’occasion, il n’hésite pas à continuer à se déclarer marxiste. Bizarre trajectoire…

Alain Soral et Dieudonné en mission au Liban

Alain Soral et Dieudonné en mission au Liban

Il y a donc de quoi confondre dans ce mouvement et dans ce personnage : l’un et l’autre manient un discours politique profondément ambigu. Mais ne nous trompons pas : ce discours vise fondamentalement à attirer vers l’extrême droite le petit peuple (y compris les immigrés) qui pourrait se sentir mal représenté par les partis républicains traditionnels, de gauche ou de droite.

On y retrouve en effet les grands thèmes chers à la droite extrême : l’anti-libéralisme, l’anti-élitisme, l’anti-impérialisme, l’anti-sionisme, l’anti-européisme, tous habilement placés sous un couvert social qui n’aurait rien à envier à la gauche. Cela rejoint un certain public se trouvant le plus souvent aux extrêmes, que ce soit de la gauche ou de la droite : tous ceux qui ressentent un profond dégoût pour une société qui « fabrique une réalité factice basée sur les seules lois du marché et dont les bénéfices ne profitent qu’à des privilégiés ».

Une certaine description d’Hugo Chávez

Voilà pour la présentation. Pour en revenir à la campagne Nous voulons un Chavez français ! d’Égalité et Réconciliation, on peut se demander ce qu’a donc de si particulier le président vénézuélien pour attirer une association politique de ce caractère ? Voyons dans le texte comment Égalité et Réconciliation décrit Hugo Chávez :

Comme Égalité & Réconciliation, Hugo Chávez défend :

  • La gauche du travail : anti-capitalisme – nationalisations – protection concrète des travailleurs, salaires dignes et garanties de l’État
  • La droite des valeurs : éthique – la morale comme fondement de société – refus du monde marchand et du capitalisme comme projet de civilisation – main tendue aux petits entrepreneurs honnêtes et sérieux contre les entreprises transnationales.
  • L’anti-impérialisme : refus de la domination impériale face à la voix des peuples – politique extérieure non alignée – résistance à la gouvernance globale agissant par le biais de Wall Street, Washington ou encore le FMI…
  • L’alter-nationalisme : Sur la même ligne que Caracas, Égalité & Réconciliation refuse de considérer l’argent et les profits comme des projets de société. La révolution bolivarienne a beaucoup de points communs avec notre propre histoire ; Hugo Chávez lui même a récemment rappelé l’inspiration qu’est encore aujourd’hui pour lui l’épisode de la Commune de Paris. Nous voulons rendre la parole au peuple, remettre l’intérêt général et l’éthique au cœur de notre société. Les élites se sont emparées de la démocratie et l’ont vidée de son sens. Aujourd’hui c’est la démocratie des bombes et des guerres préventives ! Celle de la propagande et du mépris des référendums ! Elle doit redevenir le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ! Pour cela il faut sortir au plus vite de la dictature de Bruxelles, sortir de l’OTAN, rétablir la capacité des États de battre monnaie pour garantir leur indépendance face aux réseaux financiers, et soutenir un protectionnisme intelligent !

En soi, la description n’est pas fausse. Mais elle pèche par omission. Il n’est nullement fait mention ici de l’internationalisme de Hugo Chávez, dimension pourtant essentielle de son action, qui lui est d’ailleurs fortement reprochée par son opposition. La vision de Chávez est celle d’une grande Amérique latine du Mexique à la Terre de Feu, concrétisation du rêve inachevé de Simón Bolívar. Nombre de ses initiatives vont dans ce sens : création de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR), premiers pas pour l’adoption d’une monnaie commune, etc. Il se démarque ainsi du nationalisme-repli sur soi qui caractérise les extrêmes droites.

Interprétation idéologique

Belle brochette de "nationalistes" selon Égalité et Réconciliation

La description pèche aussi et surtout par sa mauvaise compréhension du chavisme, et surtout du chavisme réel. Le Chávez idéalisé par Égalité et Réconciliation n’est pas celui qui se trouve à la tête du Venezuela, pour le meilleur et pour le pire. Ce n’est pas le Chávez des Vénézuéliens qui est ici décrit. On se trouve plutôt en face d’une interprétation purement idéologique qui vient servir les objectifs politiques de l’association d’Alain Soral, ni plus ni moins. En d’autres termes, il s’agit d’une instrumentalisation pure et simple de Hugo Chávez pour des objectifs qui lui sont totalement étrangers.

Et pour ce qui est du « Chávez français », on pourra repasser : les conditions sociales, politiques, économiques, historiques, culturelles du Venezuela et de la France sont tellement dissemblables que l’émergence d’un Chávez au bord de la Seine est non seulement improbable, mais encore proprement impossible.

Égalité et Réconciliation rêve. Et tout cela nous fait l’effet d’une belle blague !

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Pour découvrir Hugo Chávez à travers le œillères d’Égalité et réconciliation, voyez cette vidéo produite dans le cadre de la campagne Nous voulons un Chavez français ! :

Grandes manœuvres en Colombie

Dans la jungle avec les FARC

Dans la jungle avec les FARC (photo: Time)

À propos des relations tendues entre le Venezuela et la Colombie, sur fond de campements rebelles, je ne voudrais pas en rester à mon précédent article À la recherche des camps rebelles, qui ne fait que (littéralement) survoler la question –comme le fait d’ailleurs généralement la presse internationale.

Car quel est finalement le problème de fond dans toute cette affaire? Ce n’est pas la présence de groupes irréguliers colombiens au Venezuela, que tout le monde reconnaît –au moins entre les lignes. Mais c’est la protection et l’appui supposés qu’accorderait Hugo Chávez aux membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et de l’Armée de libération nationale (ELN) présents sur le territoire vénézuélien.

Protection ou laisser faire?

Protection et appui, cela reste à prouver. Laisser-faire et passivité, cela semble plus proche de la réalité. Mais que pourrait faire d’autre Hugo Chávez? Lancer ses troupes contre toutes les forces irrégulières venues de Colombie (car il n’y a pas que les FARC et ELN, il y a aussi les paramilitaires, les narcos, les truands de droit commun…) le long d’une frontière de plus de 2200 kilomètres, de surcroît pratiquement inhabitée sur 90 % de sa longueur? Une véritable gageure logistique et militaire.

Colombie : zone sous l'influence des FARC

Zone sous l'influence des FARC (en jaune)

Ce serait demander beaucoup à l’armée vénézuélienne, qui n’est pas particulièrement entraînée pour mener une épuisante guerre de guerrilla. Ce serait demander beaucoup également à la population vénézuélienne, qui n’est sans doute pas prête à accepter une « sale guerre » dont il serait difficile de se dépêtrer, avec toutes les pertes humaines que cela impliquerait.

Et puis d’ailleurs, pourquoi l’armée colombienne, beaucoup mieux entraînée et aguerrie, ne fait-elle pas la police de son côté de la frontière, dans le but d’empêcher les infiltrations vers le Venezuela? Tout simplement parce qu’elle n’en a pas les moyens : le territoire est trop vaste pour pouvoir être contrôlé efficacement. Pourquoi alors demander au voisin vénézuélien de faire le nettoyage à sa place?

Un conflit colombien

Soyons directs : le conflit est colombien et doit se résoudre en Colombie. Et la solution au conflit n’est pas militaire, mais politique. C’est ce qu’a clairement signifié Hugo Chávez quand il a demandé aux guerrillas colombiennes, le 23 juillet dernier, de reconsidérer leur stratégie de lutte armée, affirmant qu’il ne s’agit pas dans les conditions actuelles d’une option viable pour arriver au pouvoir. Ce n’était pas la première fois qu’il exprimait cette opinion : il l’avait déjà fait en juin 2008, peu avant la libération d’Ingrid Betancourt.

Face aux pressions du gouvernement colombien, centrées sur la question purement militaire et répressive, Hugo Chávez propose aux FARC une révision de leur stratégie armée dans le but de remettre les choses à leur juste place : c’est aux Colombiens qu’il revient de trouver une solution politique à leur conflit.

L’intervention n’est pas restée sans effet. Dès le 29 juillet, les FARC, saisissant la balle au bond, proposent à Juan Manuel Santos, président élu de Colombie –qui entrera en fonction le 7 août prochain–, de converser et de dialoguer : « Ce que nous proposons aujourd’hui, une fois de plus, c’est de discuter (…). Nous sommes toujours attachés à la recherche de solutions politiques. Nous souhaitons que le gouvernement qui va prendre ses fonctions réfléchisse et cesse de mentir au pays », déclare Alfonso Cano, principal chef des FARC, dans une vidéo publiée sur Youtube.

Nouvelles perspectives

En fait, l’épisode tout entier, depuis la dénonciation de la Colombie devant l’OEA jusqu’à la proposition des FARC, est à replacer dans le contexte de la succession présidentielle en Colombie, qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans la région après les huit années de politique de bras de fer menée par le gouvernement Uribe.

"No más FARC": manifestation anti-FARC dans les rues de Cali

Manifestation anti-FARC dans les rues de Cali

Ainsi, il ne fait aucun doute qu’Álvaro Uribe, partisan de la méthode forte et d’une stratégie uniquement militaire, a voulu faire son baroud d’honneur quelques jours avant de quitter ses fonctions. Par ses accusations portées sur le Venezuela, il a voulu aggraver artificiellement la situation dans le but de forcer son successeur à poursuivre la politique musclée qui était la sienne. Les FARC, de leur côté, pensent pouvoir profiter de la transmission de pouvoir afin d’infléchir cette politique dure et d’entrer en conversation avec le nouveau président.

Toute la question est donc de savoir comment va réagir Juan Manuel Santos une fois qu’il exercera ses fonctions. S’en tiendra-t-il aux conseils de son « ami » Uribe, dont il fut, ne l’oublions pas, le ministre de la Défense zélé? Ou bien ouvrira-t-il une nouvelle ère qui pourrait, après plus de cinquante années de guerre civile, ouvrir la voie à une réconciliation nationale en Colombie?

Pour se lancer dans la seconde voie, le nouveau président colombien doit bien entendu être prêt à faire des concessions. Si finalement une solution politique est trouvée, alors –et alors seulement– les campements rebelles au Venezuela appartiendront au passé.

À la recherche des camps rebelles

La frontière Colombie-Venezuela

La frontière entre la Colombie et le Venezuela et l'emplacement des camps rebelles (marques rouges), selon les coordonnées fournies par les autorités colombiennes

Le 22 juillet dernier, l’ambassadeur de Colombie auprès de l’Organisation des États américains (OEA) dénonçait la présence « active » de rebelles colombiens des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et de l’Armée de libération nationale (ELN) au Venezuela. À l’appui de ses affirmations, il présentait une série de « preuves » : photos, vidéos, coordonnées des campements, etc. Réponse du berger à la bergère, Hugo Chávez a aussitôt annoncé la rupture des relations de son pays avec la Colombie et mis son armée en état d’alerte maximal.

Vendredi 30 juillet, le président vénézuélien est revenu sur l’affaire. Répondant aux accusations de la Colombie, il a affirmé que l’armée vénézuélienne avait inspecté, sans rien trouver, les sites dont les coordonnées avaient été données par Bogotá. « Nous avons effectué un vol à la recherche des endroits indiqués (…) À l’une des coordonnées signalées, il y a une pierre. J’ai dit aux camarades de soulever la pierre, peut-être y a-t-il un tunnel en dessous », a ironisé le président vénézuélien. À une autre coordonnée, il n’y avait rien d’autre qu’une maison abandonnée.

Et dans Google Earth ?

Sans disposer des moyens techniques et logistiques de Hugo Chávez, je me suis pris au jeu et j’ai recherché les endroits signalés par la Colombie à l’aide de Google Earth ! Autant dire d’emblée que je n’ai rien trouvé non plus. Voici néanmoins les résultats de ma recherche.

Les trois premières coordonnées présentées par la Colombie (10°41′52″N – 72°29′39″O , 10°41′16″ N – 72°30′47″O et 10°40′42″N – 72°32′03″O) se trouvent toutes dans la même région : dans la péninsule de la Guajira, à une centaine de kilomètres à vol d’oiseau à l’ouest de Maracaibo et à une vingtaine de kilomètres de la frontière colombienne (ligne jaune sur l’image).

Les trois premières coordonnées vues depuis une altitude de 236 km...

Si l’on se rapproche, on obtient ceci :

Camps rebelles: coordonnées présentées par la Colombie

... et depuis une altitude de 11 km

Comme on le voit, la faible définition de l’image satellitale et la présence de nuages ne permettent pas de voir ce qui se trouve aux endroits indiqués par les autorités colombiennes. Peine perdue !

La quatrième coordonnée fournie par la Colombie (7º7′47”N – 71º58′57” O) se trouve dans une autre région : dans l’état Apure, au sud-sud-ouest de la localité de El Nula, et à seulement 11 km de la frontière colombienne (ligne jaune sur l’image).

4e coordonnée fournie par la Colombie

La 4e coordonnée vue depuis une altitude de 74 km...

4e coordonnée fournie par la Colombie

... et depuis une altitude de 670 mètres

Cette dernière photo satellitale date du 2 janvier 2006. Elle permet de distinguer clairement une présence et une activité humaine sur les lieux : une clairière et une maison. Serait-ce la maison abandonnée dont parle Hugo Chávez? Il y a au moins un indice concordant entre cette recherche effectuée sur Google Earth et les déclarations du président vénézuélien.

Quoi qu’il en soit, on reste Gros-Jean comme devant : rien ne prouve que cet endroit ait été occupé par de quelconques guerrilleros. Du reste, si c’était le cas, ils auraient déjà filé depuis longtemps…

Hugo Chavez et Simon Bolivar

Sous l'œil de Bolívar...

Spectacle inhabituel à la télévision vénézuélienne la semaine dernière : l’exhumation des restes de Simón Bolívar depuis le Panthéon national. Moment de gloire pour certains, profanation pour d’autres : une fois de plus, les Vénézuéliens se sont divisés en deux blocs antagonistes et irréconciliables.

L’opération avait été commandée par Hugo Chávez lui-même. Qu’est-ce donc qui a poussé le président à faire exhumer le corps du Libertador, 179 ans après sa mort? Pour tout dire, cela fait un bon bout de temps que Hugo Chávez avait cette intention. À plusieurs reprises, il a lancé l’idée que Bolívar a été assassiné. Dans un discours de décembre 2007, il émettait publiquement des doutes sur l’authenticité des restes qui se trouvaient au Panthéon et demandait leur exhumation pour les analyser avec les outils scientifiques du 21e siècle. Mais on en était resté là.

Mort lente ou assassinat?

Hugo Chavez et Simon Bolivar

Une relation particulière

Ce qui a précipité les choses, c’est une recherche récente menée par le docteur Paul Auwaerter, un médecin spécialiste en maladies infectieuses de l’Université Johns Hopkins. Sur base de la littérature décrivant les symptômes qui ont précédé la mort de Simón Bolívar, le Dr Auwaerter est d’avis que le Libertador n’est pas mort de tuberculose -comme l’affirme l’histoire officielle- mais bien d’ingestion d’arsenic.

Le chercheur penche plutôt pour l’hypothèse d’une mort lente naturelle (l’arsenic en petites doses existant à l’état naturel et étant par ailleurs utilisé comme curatif par la médecine de l’époque), mais il n’écarte pas tout à fait pour autant la possibilité d’une mort par empoisonnement. Il conclut en disant qu’une exhumation du corps et une analyse des tissus et des cheveux pourraient apporter des éclaircissements sur les causes réelles de la mort du Libertador.

Équipe muldidisciplinaire

L’occasion était trop belle pour Hugo Chávez. Au Venezuela, une équipe scientifique et technique, formée d’historiens, de médecins légistes et de spécialistes en ADN, a été mise sur pied. L’opération d’exhumation s’est déroulée dans la nuit du 15 au 16 juillet : ouverture du catafalque, prélèvement d’échantillons pour mener des tests aux rayons X et d’ADN, tomographie du crâne afin de réaliser une reconstruction faciale de Bolívar, etc.

À une heure du matin, Hugo Chávez commente sur Twitter :

Hola mis amigos! Que momentos tan impresionantes hemos vivido esta noche!! Hemos visto los restos del Gran Bolívar! [Salut mes amis! Quels moments impressionnants nous avons vécu cette nuit!! Nous avons vu les restes du Grand Bolívar!]

Puis :

Confieso que hemos llorado, hemos jurado. Les digo: tiene que ser Bolivar ese esqueleto glorioso, pues puede sentirse su llamarada. [Je confesse que nous avons pleuré, que nous avons juré. Je vous le dis: ce doit bien être Bolívar ce glorieux squelette, car on peut sentir sa flamme.]

Parallèle historique

Hugo Chavez et Simon Bolivar

Une certaine vision de Bolívar

Les résultats de l’exhumation seront rendus publics et un documentaire sera réalisé. Il reste à espérer que prévaudront les évidences scientifiques sur les pressentiments d’Hugo Chávez.

Car cela conviendrait sans doute au président bolivarien de trouver en Bolívar un héros victime d’assassinat, un martyr de la cause latino-américaine. Cela tracerait un furieux parallèle historique entre son modèle source d’inspiration et sa propre personne, alors que, selon ses propres dires, lui aussi est constamment menacé d’assassinat. De quoi l’assimiler au héros et au martyr, cette figure toujours populaire parmi les foules.

Présence de la mort

Au fond et au bout de tout cela, il y a la mort : le culte à la mort, qui n’est jamais loin de la vie en Amérique latine. Cette sorte de flirt constant avec la grande faucheuse, auquel la politique elle-même ne semble pas pouvoir échapper.

Exhumation, arsenic, assassinat, martyr : tout, dans cette histoire, ramène à la mort. Jusqu’au slogan en vigueur dans la république bolivarienne d’Hugo Chávez, qui fut prononcé à maintes reprises durant la macabre opération : Patria socialista o muerte!

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Images de l’exhumation du corps de Simón Bolívar, sur fond d’hymne national :

Lire aussi :

Hugo Chavez au 23 de enero

Hugo Chávez durant son émission "Aló Presidente" du 30 mai 2010 consacrée à la réhabilitation d'un quartier populaire de Caracas

Il avait déjà un blog, mais en réalité ce n’en était pas un vrai de vrai. Je vous en avais parlé à l’époque. Voici maintenant que le toujours bouillant président Chávez annonce son entrée officielle dans le monde des blogueurs. Ce n’est là que l’étape suivante de sa conquête des espaces virtuels, qu’il avait longtemps abandonnés à l’opposition politique. Maintenant, le nouveau mot d’ordre lancé à ses partisans est : « Envahissez Twitter, Facebook, montrez votre présence sur Internet. Livrons la bataille sur ce front-là aussi ! »

http://www.chavez.org.ve est donc né dans la foulée du succès phénoménal (493.118 suiveurs à ce jour) de @chavezcandanga (c’est son amusant pseudo) sur Twitter. Mais là, déception ! Malgré l’annonce et malgré le titre officiel du site, il ne s’agit pas non plus d’un vrai blog ! En effet, il ne contient aucun contenu nouveau par rapport à ceux que l’on connaissait déjà. Il s’agit plutôt d’un site fédérateur, une sorte de portail qui reprend et organise ce qui se trouve déjà ailleurs : les messages de @chavezcandanga sur Twitter, les écrits des Líneas de Chávez, des reportages sur le programme télévisé Aló Presidente, quelques vidéos, quelques photos, quelques discours, ainsi que des informations plus générales sur le pays. Plus bizarrement (mais c’est explicable, n’est-ce pas ?), les Reflexiones de Fidel ont également droit à un espace dans un coin de la page d’accueil. Au final, le principal intérêt de la chose -que je n’appellerai donc pas blog- est de permettre de trouver toutes ces informations au même endroit.

« Le petit père des peuples »

Le plus original du site est sans doute sa page de contact : celle-ci mène à un formulaire de demande particulièrement complet que toute personne, vénézuélienne ou étrangère, peut remplir si elle considère qu’elle a besoin d’aide.  Outre les données personnelles habituelles, on y demande des informations sur la situation professionnelle, les revenus, ainsi qu’une description du cas personnel précis, avec même la possibilité d’envoyer des pièces jointes. Le tout est basé sur la bonne foi, mais on se réserve de faire une enquête pour s’assurer de la véracité des informations.

C’est à ma connaissance le formulaire de demande en ligne le plus complet entre un dirigeant politique majeur et ses concitoyens. Il répond en fait à l’image que veut donner de lui Hugo Chávez : être personnellement à l’écoute de ses concitoyens, en passant par-dessus toutes les institutions traditionnelles. Cette relation quasi-personnelle avec le peuple est une caractéristique dominante du chavisme et n’est pas sans rappeler le statut de « petit père des peuples » que cultivait un certain Joseph Staline. Voyons aussi du côté de Juan Domingo Perón, en Argentine, pour trouver un équivalent assez proche. Les politologues analyseront.

Force et faiblesse

Quoiqu’il en soit, cette relation privilégiée avec le peuple constitue à la fois la force et la faiblesse du chavisme. Force, parce qu’Hugo Chávez trouve là son meilleur carburant politique en réunissant autour de sa personne les majorités traditionnellement laissées pour compte. Faiblesse, parce qu’elle lie indissolublement le destin d’un peuple à celui d’un homme, et qu’un homme, cela change, cela doit s’adapter à des circonstances extérieures, et cela meurt…

A défaut d’un vrai blog ouvert à la discussion tous azimuts, le blog de Chávez, ainsi que son compte Twitter, se profilent donc comme des instruments de conquête des individus, qui y verront un moyen de faire entendre leur problème personnel ou, au mieux, celui de leur collectivité. On n’y trouve pas ou peu d’interventions d’opposants, alors que celles-ci foisonnent aux quatre coins d’Internet. On peut imaginer qu’il y a filtrage pour laisser passer uniquement le positivement correct et entretenir ce qui compte le plus ici : cette relation personnaliste/paternaliste avec le peuple.

Le Chávez nouveau

Soulignons pour terminer la bonne tenue esthétique du blog de Chávez : un graphisme simple, efficace, avec les liens nécessaires vers les médias sociaux, comme il se doit si l’on veut rivaliser au mieux avec ses ennemis. Et un logo tout en simplicité qui, personnellement, me plaît beaucoup par son contenu synthétique (évidemment il faut percevoir le béret au dessus du a pour en saisir tout le sens) :

logo de chavezcandanga

À lui seul, il résume le Chávez nouveau, celui qui veut conquérir Internet et la virtualité. Rappelons-lui toutefois de ne pas oublier pour autant les réalités : celles-ci, à la veille de l’échéance électorale de septembre, ne lui sont pas toutes favorables, loin de là.

Cette belle jeunesse en lutte pour ses idéaux…

Manifestation étudiante au Venezuela

Manifestation étudiante au Venezuela

C’était du 14 au 16 octobre dernier, à l’hôtel Marriott de Mexico. Les représentants de 39 mouvements de jeunes du monde entier sont réunis pour le 2e Sommet de l’Alliance of Youth Movements. Le thème principal de la rencontre ? L’utilisation des outils technologiques du 21e siècle par les mouvements de masse luttant pour un changement social positif. En clair : comment utiliser les réseaux sociaux de type Twitter, Facebook, blogues et autres outils web pour promouvoir la démocratie, la paix et les droits de l’homme dans le monde ?

Aux côtés des délégués des mouvements de jeunesse, le sommet réunit des représentants des secteurs tant public que privé : fonctionnaires gouvernementaux, universitaires, chefs d’entreprise du monde entier. De fait, l’événement est parrainé par une belle brochette d’entreprises faisant affaire sur le web : Causecast.org, Facebook, Gen Next, Google, Hi5, Howcast Media, MTV, MySpace, PepsiCo, Univision Interactive Media, WordPress.com et YouTube.

Et puis surprise (qui n’en est pas vraiment une) : le Département d’État, en la personne de Hillary Clinton, appuie également l’initiative en bonne et due forme, allant jusqu’à envoyer un message vidéo aux participants. Là, le sommet prend tout à coup une autre dimension…

Dans la ligne de Washington

Mais quels étaient donc ces mouvements de jeunesse qui ont été invités à participer, tous frais payés, à ce 2e Sommet ? Je vous en donne la liste complète :

48 Hour Hunger Strike in Saudi Arabia: Solidarity with Detainees in KSA (Arabie Saoudite)
A Better LA (U.S.A.)
Burma Global Action Network (Birmanie, basée aux U.S.A.)
Conflict Mediation Services of Downsview (Canada)
Corporación Foro del la Juventud Guayaquil (Équateur)
Cuba Development Initiative (Cuba, basée aux U.S.A.)
Developing Minds (Brésil)
Etemad Melli (Iran, basée en Grande-Bretagne)
Full Court Peace (Irlande)
Genç Siviller (Turquie)
Genocide Intervention Network (U.S.A.)
Grupo Cultural Bagunçaço (Brésil)
Iluminemos Mexico (Mexique)
In memory of all those who died in the 26th-27th November MUMBAI massacre (Inde)
Invisible Children (U.S.A.)
JuventudDes (Pérou)
LoonLounge (Canada)
Latytud Project (Venezuela)
México SOS Sistema de Observación para la Seguridad y la Justicia (Mexique)
México Unido contra la Delincuencia A.C. (Mexique)
Movimiento Joven de Venezuela (Venezuela)
Pro-Líderes (Guatemala)
Projeto Axé (Brésil)
Quilliam Foundation (Grande-Bretagne)
Raíces de Esperanza (U.S.A.)
S.E.T. (Students Expressing the Truth) Foundation / Inmate Diaries (Jamaïque)
Sri Lanka Unites (Sri Lanka)
STAND (U.S.A)
Tehran Bureau (Iran, basée en Grande-Bretagne)
The Nut Graph (Malaisie)
The People’s March (Grande-Bretagne)
ThinkMoldova (Moldavie)
To Write Love On Her Arms (U.S.A.)
Un Millón de Voces contra ETA (Espagne)
Un Millón de Voces contra las FARC (Colombie)
Un Mundo Sin Mordaza (Venezuela)
Viva Favela (Brésil)
Voces Bolivianas (Bolivie)
Youth for Tolerance (Liban)

Je n’ai pas la prétention de connaître toutes ces organisations. Mais un examen ne fût-ce que superficiel permet d’affirmer que la plupart d’entre elles se situent résolument dans la ligne de Washington : elles sont clairement d’obédience libérale, voire néo ou ultra-libérale, comme il se doit.

Pays « problématiques »

Manifestation en Iran

Manifestation en Iran

Comme par hasard, les pays « problématiques » pour le Département d’État sont particulièrement bien représentés dans la liste. Pour ceux-ci (Iran, Venezuela, Bolivie, Équateur, Cuba, Birmanie, Moldavie), il n’y a aucun doute : les organisations de jeunesse représentées au sommet militent fermement dans l’opposition au régime en place. Par contre, dans les pays « amis », comme la Colombie ou l’Espagne, elles s’opposent expressément aux organisations qui se disent « révolutionnaires », FARC ou ETA.

Pour le Venezuela, représenté exceptionnellement par trois organisations, rien de plus transparent : les délégués présents ne sont autres que les représentants du mouvement étudiant qui depuis trois ans s’affirme comme le fer de lance de l’opposition anti-Chávez. L’un d’eux est Yon Goicochea, ex-dirigeant étudiant de l’Université catholique Andrés Bello maintenant reconverti à la politique, récipiendaire en 2008 du Milton Friedman Prize for the advancement of liberties, qu’octroie le Cato Institute, le principal think tank libéral américain.

Twitterrévolution

Voyons de plus près les thèmes principaux traités au sommet :

  • L’utilisation des réseaux sociaux pour provoquer le changement (avec la projection de la vidéo Comment utiliser Twitter pour provoquer le changement et la participation, notamment, de Jack Dorsey, fondateur et président de Twitter, et de Steve Grove, directeur de l’information politique chez YouTube.
  • Les médias sociaux comme outils pour la promotion des droits humains
  • L’utilisation de la vidéo virale pour provoquer le changement
  • Les médias sociaux et la bonne gouvernance
  • Comment utiliser les médias sociaux pour combattre la violence due aux drogues
  • Étude de cas : la twitterrévolution en Moldavie
  • Comment gagner l’attention des médias mondiaux

alliance-of-youth-movementsÀ travers son action, l’Alliance of Youth Movements cherche donc à moderniser l’activisme traditionnel des mouvements de jeunes en y intégrant les nouvelles technologies. Un manuel pratique (Field Manual) a été édité pour montrer en détail comment procéder concrètement : le recrutement, l’élaboration du discours, l’action.

En d’autres termes, il s’agit de former dans le monde de jeunes leaders capables d’utiliser les outils du 21e siècle pour promouvoir les grands idéaux classiques de la démocratie étatsunienne. Sont mis en avant les droits de l’homme, la bonne gouvernance, la démocratie et la paix, thèmes particulièrement chers à la diplomatie étatsunienne. En un mot, il faut faire des mouvements de jeunes les porte-parole des valeurs fondamentales de l’Occident.

Enfin, l’Alliance of Youth Movements vise aussi à fédérer, de par le monde, des organisations de masse autour de ces mêmes valeurs, en leur permettant d’échanger entre elles de « bonnes pratiques » d’activisme politique.

Opération de charme

Nul doute que ces beaux idéaux ont tout pour séduire certaine jeunesse idéaliste encline à admirer ce qui vient des États-Unis. Si en plus les outils proposés pour l’action –Twitter, Facebook et autres réseaux sociaux– sont ceux utilisés par cette nouvelle génération, qui se les est appropriés depuis longtemps, la séduction n’en sera que plus totale. On se trouve donc en présence d’une vaste opération de charme, destinée en fin de course à influencer, au travers de ces mouvements de masse, des millions de jeunes dans le monde.

Que le Département d’État se trouve nommément derrière cette opération n’échappera sans doute pas aux leaders des organisations participantes. Mais que dire des millions de jeunes que ces organisations mobilisent ? Les voilà engagés derrière un parrain dont ils ne soupçonnent peut-être pas la présence. On se trouve là au bord de la manipulation pure et simple, avec pour objectif ultime la conquête des esprits, nerf de la guerre.

Pas dupes

Manifestation en Moldavie

Manifestation en Moldavie

Aussi, lorsque vous verrez des jeunes descendre dans la rue, que ce soit au Venezuela, en Iran, en Moldavie, ou même au Mexique, en Colombie, ne soyez pas dupes : ils pourraient ne pas être aussi purs et innocents qu’ils veulent bien le proclamer. Et leurs mouvements pourraient ne pas être aussi spontanés qu’il n’y paraît. Que les milliers de manifestants en soient conscients ou non, la grosse main de Washington se trouve bel et bien derrière eux. Et ne parlons pas ici des dollars sonnants et trébuchants qui pourraient tomber, par quelque voie détournée, dans les escarcelles de ces mouvements de jeunesse…

L’opération de charme lancée par l’Alliance of Youth Movements n’est pas terminée : un troisième sommet aura lieu très bientôt, du 9 au 11 mars 2010, six mois à peine après le précédent. Le lieu choisi? La ville de Londres, qui est, comme par hasard, le siège de nombreuses organisations de l’opposition d’Iran, de Moldavie et de plusieurs pays musulmans…

Mine de rien, nous voici en présence d’une nouvelle guerre froide qui , décidément, ne veut pas dire son nom.

La seconde vie du Correo del Orinoco

Correo del Orinoco

Le premier numéro du "Correo del Orinoco" (27 juin 1818)

Tout régime politique a besoin de symboles forts : Marianne en France, le Mayflower au États-Unis, Guillaume Tell en Suisse, et j’en passe. Dans la République bolivarienne du Venezuela de Hugo Chávez,  on va nécessairement les trouver du côté de Simón Bolívar, héros de l’indépendance du pays et libertador de plusieurs républiques d’Amérique latine.

Tout ce qui touche à Bolívar a donc une valeur spéciale dans le pays. Aussi n’est-il pas étonnant que lorsqu’il s’est agi de trouver un titre pour le nouveau quotidien « officiel » appelé à être le porte-parole du gouvernement, on ait choisi celui de Correo del Orinoco [Courrier de l'Orénoque], celui-même d’une publication qui a joué un rôle fondateur dans l’histoire du Venezuela.

En effet, le Correo del Orinoco fut fondé par Simón Bolívar à la suite de ses succès dans la campagne de Guyane, épisode important de la guerre d’indépendance. « Envoyez-moi d’une façon ou d’une autre une imprimerie, qui sera aussi utile que les munitions » écrivait-il en septembre 1817 à Fernando Peñalver, qui se trouvait à Trinidad pour, précisément, assurer la fourniture d’armes aux patriotes. L’objectif de Bolívar était de mettre su pied une publication qui contrerait l’influence de la royaliste Gaceta de Caracas. Un mois plus tard, en octobre 1817, arrivait à Angostura –l’actuelle Ciudad Bolívar– à bord de la goélette María, un petit atelier typographique en provenance de la Jamaïque.

Périodicité hebdomadaire

C’est donc à Angostura, capitale de la province de Guyane, qu’est publié, le 27 juin 1818, le premier numéro du Correo del Orinoco. Il comprend quatre pages et est imprimé sur une machine mue par la force des bras.  Son premier article est un bulletin de l’état-major de l’armée de libération, signé par Francisco de Paula Santander, futur opposant politique de Simón Bolívar. Le premier directeur de la publication est Francisco Antonio Zea.

Le Correo del Orinoco avait une périodicité hebdomadaire et paraissait tous les samedis. Au total, 133 numéros ont été publiés jusqu’en 1822, dont cinq extraordinaires, à l’occasion d’importantes victoires militaires, comme celles de Boyacá et Carabobo. Le périodique des patriotes a publié un grand nombre de décrets, de lois, de bulletins militaires, de lettres et de proclamations. Parmi celles-ci, le célèbre discours d’Angostura, prononcé par Simón Bolívar devant le Congrès en février 1819. Il publiait aussi des avis sur l’entrée et la sortie des navires, des anecdotes diverses et même des poèmes. D’une manière générale, il informait sur les succès militaires et politiques de la construction de la République de Colombie, ou Grande Colombie.

Très tôt, le Le Correo del Orinoco s’internationalise. Le 8 août 1818 est publiée une première édition bilingue, comprenant notamment un article sur la route de navigation sur l’Orénoque, destiné à faciliter l’arrivée à Angostura de navires étrangers alliés. La publication a également repris des articles de la presse étrangère en français et en anglais. Son dernier numéro fut publié le 23 mars 1822.

Le nouveau Correo del Orinoco

Premier numéro du nouveau « Correo del Orinoco »

L’artillerie de la pensée

187 ans plus tard, le Correo del Orinoco renaît de ses cendres, sous l’impulsion d’un certain Hugo Chávez. Le 30 août 2009, il revient dans les kiosques du Venezuela dans sa nouvelle formule : un quotidien de format tabloïde et d’une vingtaine de pages, dont le sous-titre évoque les « munitions » dont parlait Simón Bolívar dans sa lettre à Peñalver : La artillería del pensamiento [L'artillerie de la pensée]. Son contenu est évidemment proche de la ligne gouvernementale (il publie notamment Las líneas de Chávez). Toutefois,  comme tout quotidien qui se respecte, il comprend aussi des sections sportives et culturelles moins politisées. Grâce aux subsides dont il bénéficie, son prix est trois fois moindre que celui de ses concurrents : il se pose ainsi en journal populaire.

L’objectif du nouveau Correo del Orinoco est clair : faire front à la guerre médiatique que pratiquent assidument les grands quotidiens privés du pays, El Nacional et El Universal en tête, secondés par les agences de presse internationales et la plus grande partie de la presse étrangère. Tâche particulièrement difficile et ingrate, qui s’avère être une bataille de David contre Goliath.

Qu’à cela ne tienne : comme celui de Simón Bolívar, le Correo del Orinoco de Chávez a senti la nécessité de s’internationaliser. À partir du 4 février prochain sortira chaque vendredi une édition hebdomadaire en langue anglaise, sous la direction de l’avocate et activiste bien connue Eva Golinger. Un numéro 0 est déjà paru comme encarté dans le journal en langue espagnole du 22 janvier 2009. Sont projetées des versions en langue portugaise, en créole et même en wayuunaiki (la langue de la communauté indienne wayuu, qui comprend quelque 500.000 personnes vivant entre la Colombie et le Venezuela).

Le Correo del Orinoco n’est sans doute pas le meilleur journal du monde. Mais toute personne intéressée par le Venezuela contemporain devrait le consulter. On y trouve des informations qu’on ne trouve nulle part ailleurs et on y reçoit un point de vue qui n’est pas celui des médias dominants. Le tout enrobé dans une présentation pratique et agréable.

Même les opposants politiques, oserais-je dire, auraient tout intérêt à le lire régulièrement. Forts du point de vue opposé au leur, ils pourront peut-être ainsi développer un discours politique plus consistant et plus intelligent contre le personnage qui les empêche de dormir…

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> Télécharger le Correo del Orinoco, édition du 22-01-2009 (en espagnol)
> Télécharger le Correo del Orinoco international, numéro 0 du 22-01-2009 (en anglais)