Hugo Chávez sur Twitter et Facebook

16 mai 2009

chavez_twitter

Il est amusant et intéressant de faire une petite recherche “hugo chavez” sur les sites dits « sociaux » qui sont à la mode ces temps-ci, en l’occurrence Twitter et Facebook.

Sur Twitter, on trouve des petits marrants qui se font passer pour le président du Venezuela, sous les pseudos chavez, hugochavezfrias, Hugo_Chavez et assafesh4. Le plus marrant est sans doute chavez, qui fait dans l’ironie, du genre :

pegado al Facebook esperando la confirmación de amistad de mi negro Obama, no puedo esperar para escribirle en su muro! [suis collé sur Facebook à attendre la confirmation d'amitié de mon noir Obama, impossible d'attendre plus longtemps pour écrire sur son mur!]

ou encore, à propos de l’arrivée sur Twitter de Globovisión, chaîne télévisée d’opposition :

viendo que tendre que cerrar twitter, ya @globovision esta por aca conspirando! [je vois que je vais devoir fermer twitter, Globovisión est déjà en train de conspirer par ici!]

Mine de rien, avec ces petites piques, chavez a 1632 suiveurs [following you] selon les catégories de Twitter. De son côté, le pseudo Hugo_Chavez ironise également (en anglais) en faisant dire à Chávez qu’il va nationaliser l’empire Twitter, la menace majeure qui pèse sur le monde, et y apporter le socialisme. Les autres Hugo Chávez de Twitter sont nettement moins rigolos. Ils sont aussi moins suivis.

Foire à l’empoigne

Si sur Twitter les propos sont relativement inoffensifs, sur Facebook, par contre, c’est la foire à l’empoigne. On compte par dizaines, voire par centaines, les groupes et les pages dédiées à Hugo Chávez, dont les intitulés sont tout un poème :

Viva Hugo Chavez
Hugo Chavez Supporters
Merci HUGO CHAVEZ
Fuck Hugo Chavez!!!
Hugo Chavez Fun
Hugo Chavez Rocks!!!!
contra hugo CHAVEZ
thankyou hugo chavez…
Boycott Hugo Chavez
Hugo Chavez Must Die!!!!
COLOMBIANOS CONTRA HUGO CHAVEZ
’shut up’ Hugo Chavez
Hugo Chavez fan club
I HATE HUGO CHAVEZ
Long Live Hugo Chavez
PANAMA CON HUGO CHAVEZ
Anti-Hugo Chavez
United Against Hugo Chavez
Viva Viva Palestina, Viva Viva Hugo Chavez

Si beaucoup de ces groupes n’ont que quelques dizaines ou centaines de membres, quelques-uns en ont plusieurs dizaines de milliers. Au total, ce sont près de 200.000 utilisateurs de Facebook qui manifestent leur opinion sur Hugo Chávez. Et l’éventail est large : cela va des déclarations d’amour jusqu’aux appels au meurtre. Toutefois, contrairement à ce qui se passe sur Twitter, personne, semble-t-il, ne se fait passer pour Hugo Chávez en personne.

La communication du XXIe siècle

Que retenir de tout cela ? Que ni Chávez ni le gouvernement vénézuélien n’ont été assez vifs pour pressentir les évolutions de la communication au temps d’Internet et ont donc laissé échapper des espaces de communication modernes tels que Facebook ou Twitter. Leur espace est maintenant occupé par d’autres, et pas toujours avec de bonnes intentions.

De ce point de vue, Hugo Chávez aurait pu s’inspirer du président de l’« empire », Barack Obama, qui a su, lui, utiliser à son avantage les nouveaux outils de communication, au point d’avoir été élu en partie grâce à eux. Il possède sa page personnelle sur Twitter (1.178.489 suiveurs)  ainsi que sa page (6.275.225 supporters) et son groupe (1.024.991 membres) sur Facebook. Et ce ne sont pas des petits marrants –ou pire : des ennemis politiques– qui les animent!

Quant à la Maison blanche, elle est institutionnellement présente sur Twitter, sur Facebook, sur Flickr, sur Youtube, sur Vimeo et sur MySpace.  Et jetez un coup d’œil aux contenus : voilà ce qu’on appelle de la communication du XXIe siècle, dynamique, motivante!

Pendant ce temps, Chávez, malgré son désir d’instaurer un socialisme du XXIe siècle, en reste à la communication du XXe siècle : occupation de temps d’antennes démesurés à la télévision, d’espaces dans les journaux, etc. Tout cela fait malheureusement plutôt penser à de la propagande style soviétique qu’à de la communication moderne. Encore un effort, cher Hugo!

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Pour la petite histoire, signalons que Hugo Chávez n’est pas le seul à s’être fait piéger sur Twitter. Fidel Castro, George Bush, Nicolas Sarkozy, Jiang Zemin, Vladimir Poutine, José Luis Rodríguez Zapatero, Silvio Berlusconi, Gordon Brown et sans doute de nombreux autres n’ont pas de page officielle et se sont fait voler leur place par de petits plaisantins.

Les motos ont-elles un sexe?

12 avril 2009

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Demandez à un gars quel est le sexe de sa moto? il y a 95 % de chances qu’il vous réponde : « une fille! ». Vous en doutez? Vous ne croyez pas à ces histoires de subconscient et d’inconscient? Un petit coup d’œil aux photos de ce billet vous convaincra que la psychanalyse, pour obscure qu’elle paraisse, exprime bien la réalité : les motos des mecs sont définitivement de sexe féminin.

Situons-nous : nous sommes au Venezuela, dans les villages andins les plus reculés. Les motos, chinoises surtout, ont depuis quelques années envahi le pays. Comme je l’indiquais dans un autre billet, elles offrent la liberté à bon prix, en particulier aux jeunes. Dans les villages, elles déplacent rapidement le cheval et la mule, traditionnels moyens de transport dans ces zones accidentées.

À la première occasion, chaque jeune gars achète sa moto, qui deviendra aussitôt sa fidèle compagne de tous les jours : pour le travail, pour les sorties en bande ou pour les balades avec la petite amie. On l’aime, on l’astique, on la bichonne. La moto est aussi, souvent, le prolongement de la personne, en quelque sorte une seconde peau, qu’il ne faut sous aucun prétexte toucher, détériorer, sous peine de se sentir atteint presque physiquement. Jusqu’ici rien que de très normal. Le phénomène est mondial et bien connu.

Plus explicite

moto_pinup2moto_pinup1Là où le jeune vénézuélien va un peu plus loin que les autres, c’est dans l’expression de la sexualité de sa moto. Il est plus explicite que quiconque. Lorsqu’il s’agit de différencier son engin de celui des autres (autre phénomène bien connu), ne voilà-t-il pas qu’il la décore de pin-ups en tous genres, toutes aussi aguichantes les unes que les autres. Si on en trouve jusque sur les bras de la fourche, c’est surtout celle qui décore le siège de la machine qui attire l’attention. Une beauté fatale aux seins siliconés et au sexe à peine dissimulé s’y exhibe en toute innocence, une espèce d’égérie qui correspond en tous points aux canons de la beauté féminine fantasmée par les machos. Il ne manque que le clin d’œil aguicheur de la belle.

Prendre place sur cette selle ainsi améliorée devient –n’en doutons pas– une réelle jouissance, que viennent bien entendu encore accroître les vibrations et la vitesse de l’engin. Assis sur une telle machine, on chevauche virtuellement une femme, et pas n’importe laquelle : une beauté comme on en rêve secrètement.

Les mêmes sensations

Et les vraies filles dans cette histoire? Plutôt effacées, les pauvres. Au Venezuela, les motos restent une affaire exclusive de machos. Au mieux, les filles ont droit à un scooter –et encore, seulement dans les villes. Mais le plus généralement, leur droit se limite à s’asseoir derrière le garçon et à se laisser véhiculer. Assises là, elles doivent y ressentir les mêmes sensations que toutes les filles du monde dans cette situation. La moto est sans doute pour elles ce symbole phallique abondamment décrit dans la littérature, notamment érotique, ou dans le cinéma, notamment pornographique.

Mais que ressentent-elles lorsqu’elles s’assoient littéralement sur une de leurs congénères, généralement plus jolie (ou tout au moins plus plastique) qu’elles-mêmes? Je ne le leur ai pas demandé. Mais ce sera (peut-être) l’objet d’un prochain billet.

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Ascenseur pour l’abattoir

1 mars 2009
L'abattoir démoli à El Molino

L'abattoir en démolition à El Molino

La semaine de l’amour est terminée. Et, je peux vous le dire, l’amour ne se porte pas trop mal au Venezuela. Ou tout au moins le sexe. Une petite anecdote glanée lors de mon récent passage par El Molino, un minuscule village des Andes vénézuéliennes, vient, si besoin en était, le confirmer.

On démolit l’abattoir de El Molino (photo). Le bâtiment se trouvait à l’une des sorties du village, une sortie plutôt discrète puisqu’il s’agissait de l’ancien chemin vers Capurí, qui n’est plus guère utilisé depuis la construction de la route asphaltée. C’était une construction tout à fait sommaire : quatre murs et un toit. Cela suffisait pour y sacrifier de temps en temps un animal, dont la viande était vendue dans l’unique boucherie du village.

La raison de la démolition? Le manque d’hygiène? La trop grande proximité du village? Les cris de la bête qui dérangeaient les voisins? Vous n’y êtes pas. Ce sont d’autres cris qui dérangeaient les voisins : les soupirs et ahanements de jeunes couples qui s’y livraient, dit-on, à des jeux interdits. L’abattoir était en effet devenu, prétendent les moralistes du village, le lieu de rencontre de couples en mal d’amour ou en désir de sexe. Et les moralistes ont gagné : ils ont obtenu des autorités que l’on démolisse purement et simplement le lieu du crime.

Morale et libertinage

Crime? Mettons-nous à la place des jeunes couples en question. Ils vivent dans une société où la morale est reine (il faut sauver les apparences), mais où le libertinage est la règle. Un pays où les passions se vivent à fleur de peau et où le sexe en est l’expression la plus directe. En effet, le sexe –camouflé au mieux en amour– est partout. Pas seulement à la télé, dans ces interminables telenovelas qui, si elles dissimulent l’acte, ne parlent en fait que de ça. Pas seulement dans les pubs toutes aussi aguichantes les unes que les autres. Pas seulement sur les plages, généralement très déshabillées (quoique jamais nues –la moralité je vous dis). Pas seulement non plus dans l’urbanité ou la modernité. Non, il est littéralement partout. Même dans les villages andins réputés constituer la réserve morale du pays. Même dans le passé supposé être plus prude que notre présent.

Ainsi, dans ce même village de El Molino, on me raconte qu’auparavant les jeunes couples se rencontraient dans les champs d’arvejas (une variété de pois). C’est qu’on décortiquait cette légumineuse sur le lieu même de la récolte pour en recueillir la graine comestible. Les gousses étaient alors amoncelées sur place en d’énormes montagnes bien moelleuses.

C’était là le lieu privilégié des amours d’antan, bien à l’écart du village. Les amoureux s’enfouissaient dans la montagne végétale pour s’y rencontrer en toute quiétude. Parfois, racontent les plus impertinents, plusieurs couples y officiaient en même temps et il se produisait, volontairement ou involontairement, l’un ou l’autre échange de partenaire… On n’a décidément rien inventé.

Substitution

Malheureusement pour la jeunesse actuelle, on ne cultive presque plus d’arvejas à El Molino. Les cultures commerciales de la pomme de terre, du poivron et du apio criollo (Arracacia xanthorrhiza) ont remplacé cette légumineuse qui constituait pourtant l’une des bases de l”alimentation dans les Andes.

Pour le meilleur ou pour le pire, l’abattoir du village a donc servi de lieu de substitution. Reconnaissons que le romantisme y a beaucoup perdu! Dans le passé, un amoureux pouvait dire à sa belle : « Mon amour, on va à la récolte des petits pois? ».  C’est tout de même plus engageant que d’inviter sa petite amie en lui disant : « Mon cœur, on va à l’abattoir? »


Hugo d’Arabie

22 janvier 2009
Sallam

Photo: Sallam

Je continue sur la lancée de l’article précédent et je reste dans les pays arabes.

Manifestation pro-palestinienne au Yémen, le 16 janvier dernier. Du monde, des calicots, des pancartes. Et, trônant au beau milieu de la foule, un énorme portrait de vous savez qui : Hugo Chávez dans toute sa splendeur! Quand je vous disais que le bonhomme est pris au sérieux, et par plus de gens qu’on ne pense.

L’abaisser à un simple folklore, comme le font certains, est donc une erreur. Le prendre pour un fou, comme le font d’autres, est une marque d’ignorance politique.

Prenons-le plutôt comme un phénomène, un animal politique qui mérite étude et analyse, parce qu’il ne laisse pas les foules indifférentes et que, d’une certaine manière, il marque son temps. Comme Lénine, comme Staline, comme Mao, comme Castro, comme Perón, j’ose même dire comme Hitler! Et puis, pour rester plus près de chez nous, comme Sarkozy… Et sans doute (mais attendons un peu) comme Obama.

Petit travail donc pour les étudiants de science po, de sociologie, de psychologie, d’anthropologie : expliquez-moi donc pourquoi Chávez se trouve au cœur d’une manifestation anti-israélienne au Yémen, tel un fier Hugo d’Arabie?


Rue Hugo Chavez

13 janvier 2009

chavezyloro

Je suis à peine revenu de la froidure canadienne que, déjà, m’arrive un scoop. J’apprends que Bireh, un village du nord du Liban, vient de baptiser une de ses rues « rue Hugo Chávez ». Il l’a fait à la suite de la décision du président vénézuélien d’expulser l’ambassadeur d’Israel à Caracas, en représailles aux crimes israéliens commis dans le territoire palestinien de Gaza. « C’est le moins que l’on puisse faire pour ce grand homme, qui a fait revivre l’espoir dans nos cœurs et pris une revanche en notre nom à l’égard de l’entité sioniste (Israël)», a déclaré le maire de Bireh, Mohamed Wehbe.

Il s’agit d’un geste destiné à « l’honorer et à nous redonner le moral », a-t-il ajouté. Le Venezuela a expulsé, le 6 janvier, l’ambassadeur israélien à Caracas pour protester contre l’agression meurtrière israélienne sur le peuple de Gaza, qualifiée de « génocide » par le président Chavez.

Un portrait géant du président vénézuélien a été installé à l’entrée de cette ville de 17.000 habitants et de grandes banderoles ont été déployées le long de la route menant à Bireh, située à 45 kilomètres au nord de Tripoli, clamant : « la nation a besoin d’hommes comme Chávez » et « Chávez a expulsé l’ambassadeur israélien. Quand ferez-vous de même, dirigeants arabes? ».

Simple anecdote?

Cette petite information de rien du tout pourrait n’apparaître que comme une simple anecdote quelque peu risible. Elle révèle cependant deux choses :

  • Premièrement, que Hugo Chávez n’a pas son pareil pour profiter de situations tendues ou injustes sur la planète pour maintenir son image et gagner en popularité.  Si les mauvais esprits diront qu’il n’est qu’un « pêcheur en eaux troubles », ils reconnaitront au moins qu’il  est un bon pêcheur.
  • Et deuxièmement, que, même si le stratagème ne marche pas pour vous, cela fonctionne très bien pour de grands pans de populations de notre monde qui se sentent lésées ou laissées pour compte. Cela fait beaucoup de monde. Ces gens-là voient en Chávez un leader qui, enfin, ose exprimer tout haut leurs frustrations.

Et l’on pourrait croire que ces personnes souffrant dans la marge et parfois en silence ne se trouvent que dans les pays musulmans, ou encore au fond des bidonvilles sud-américains. Détrompez-vous, j’en ai rencontré plusieurs en plein Montréal : c’était ce jeune gars, québécois pure laine, venu installer ma ligne téléphonique qui comptait Chávez pour un grand leader, ou encore cette petite vendeuse de Walmart, pas arabe pour un sou, qui en apprenant que ma carte de crédit était vénézuélienne, s’est déclarée une admiratrice inconditionnelle de notre cher président.

> Communiqué du Ministère des Affaires Étrangères du Venezuela à propos de l’expulsion de l’ambassadeur d’Israël, Caracas (6 janvier 2009)

Ô Barack, attention à la frite!

13 octobre 2008

Rien à voir avec le Venezuela (encore que…), mais je ne peux résister à la tentation de vous offrir une petite vidéo désopilante de La Chanson du Dimanche, deux joyeux drilles dont je viens de découvrir l’existence. Leur site web m’apprend qu’ils en sont à leur quatrième saison de dégâts. Je suis donc sans doute le dernier à en prendre connaissance. Veuillez excuser ma plate ignorance, je vis au fin fond des Andes…

Mais laissons-les casser allègrement la Barack :

Et pour les plus cultureux parmi vous, voici les paroles, histoire de bien apprécier les finesses linguistiques de ce chef-d’œuvre digne du Canard enchaîné :

Ô Barack Obama
Tu veux casser la baraque
Du Maroc à l’Amérique
De l’Irak à Bamako
Tu n’as pas la baraka au bas mot
Car tu te frottes à la frite
Mc Cain

Il incombe à Barack Obama de foncer au combat comme un Rocky Balboa
De blamer l’amerloque qui se moque des renois
Comme un renard qui croque les corbaques aux abois

Il incombe à Barack Obama de jouer au Mikado
Avec Ban Ki-moon, le king du kimono, le roi du karaoké
Qui ne fait pas de cadeau. Jamais.

Il incombe à Barack Obama de manger un Big Mac au Mac Do
La barbaque qui te donne mal à l’estomac, mal au dos,
Manaudou, Madonna
Qui donne à Maradonna
Le maillot de Rosicki
Sur un centre de Ballack
C’est le but de Ronaldo à l’Euro

Nadal à Roland Garros qui a battu Federer qui avait battu Ferrer, battu par Monfils,
Ne bats pas ton fils, tous les fils de la terre, de la terre battue de Roland Garros

Baisse ton froc baraque à fric, baraque à frites Mac Cain
Montre-moi ton braquemard, tes morbaques, lascar au bar à caïpirihna, tel un piranha tu raques et tu roques aux échecs et mat, et mate la meuf aux lunettes écarlates, la nénette en bottines de croco comme rocco siffredi dit à Freddie Mercury qu’il aime le poulet au curry Mac Cain

Platini aux platines nous fait danser le mambo
Dans sa barackomobile dans un style baroque et mobile
Il est back home en mobile home

Les bombes tombent sur le Liban, c’est bientôt l’heure du bilan des morts au combat victimes de l’embargo pendant la tombola, pendant qu’Alberto Tomba glisse sur la neige beige en Belgique, il y a un hic mais je n’ai pas le hoquet, ni je ne fais de hockey sur glace, ok, ni je n’aime le sucre glace Mac Cain

Te fais pas de bile Harry, il est pas tout clean Tom, fais moi un bisou sur la bouche Georges
Sous sa douche Bush met du Obao fraicheur fresh fraicheur sèche, sèche tes larmes Hillary,
Il a ri, tu l’as déjà dit ça…

Source : Blogue de La Chanson du Dimanche


La lune de Yare était rouge

23 septembre 2008
La luna de Yare

Hugo Chávez (1954-), La luna de Yare, 1993

Bon, ce n’est pas une œuvre immortelle, mais elle est signée (en bas à droite) par quelqu’un qui n’est pas tout à fait un inconnu : Hugo Chávez en personne!

Notre président l’a peinte en 1993, alors qu’il était emprisonné pour sa tentative de coup d’État contre le gouvernement de Carlos Andrés Pérez. La prison dans laquelle il se trouvait était située à Yare, une petite localité non loin de Caracas, d’où le titre de l’œuvre : La luna de Yare. Comme tout bon prisonnier, les heures devaient lui paraître longues. Ce soir-là, il s’est mis à peindre le seul paysage qu’il pouvait apercevoir : celui qui filtrait à travers les barreaux de la cellule.

Le résultat est plutôt naïf et maladroit. Mais heureusement, la lune était rouge!  Elle vient colorer un tableau plutôt tristounet. Rouge, couleur prémonitoire pour ce petit lieutenant-colonel à l’époque déjà adulé des foules, resté populaire tout au long de son emprisonnement, et qui allait plus tard se lancer dans l’arène politique pour devenir ce que l’on sait.

Grosse surprise

En septembre 2008, quinze ans après avoir peint ce tableau glauque, Hugo Chávez en fait don à son parti, le PSUV (Partido Socialista Unido de Venezuela), afin qu’il le mette aux enchères lors d’un dîner de collecte de fonds organisé dans un hôtel de Caracas (les élections approchent…). Et alors, grosse surprise : le tableau, mis à prix à 30.000 Bs. F. [environ 10.000 euros], atteint la somme extravagante de 550.000 Bs. F. [environ 175.000 euros]. Plus de 40 personnes prennent part aux enchères. C’est finalement un entrepreneur local, Bakhos Antoun, aidé de ses deux amis Alfonso Canán et Jesús Salazar, qui acquiert l’œuvre à ce prix pour le moins étonnant.

Étonnant, parce que les œuvres des peintres vénézuéliens les plus renommés (Armando Reverón, Jesús Soto, Carlos Cruz Díez, Héctor Poleo, Manuel Cabré, etc.) atteignent rarement un tel sommet : internationalement, elles sont cotées en général entre 35.000 et 200.000 euros.

Voilà donc une belle occasion de se poser la question : à quoi tient la valeur marchande d’une œuvre? Début de réponse : sans doute plus à la signature qu’à l’esthétique! Pour vous en assurer, je vous propose une petite galerie d’œuvres des artistes vénézuéliens cités plus haut. Vous comparerez.

Armando Reverón ((1889-1954), "Light Behind My Arbor," 1926

Armando Reverón (1889-1954), "Light behind my arbor", 1926

Jesús Soto (1923-2005)

Jesús Soto (1923-2005)

Carlos Cruz Diez (1923)

Carlos Cruz Díez (1923-)

Hector Poleo (1918-1989), Familia Andina, 1944

Hector Poleo (1918-1989), Familia andina, 1944

Manuel Cabré (-1984), Vista del valle de Caracas desde el Calvario, 1927

Manuel Cabré (1890-1984), Vista del valle de Caracas desde el Calvario, 1927