Désolant/Dramatique/Politiquement incorrect

Au cœur de la guerre médiatique

Guerre médiatique au Venezuela

Une étudiante de l’école de commerce de l’ESSEC m’a contacté il y a quelques jours. Dans le cadre du mastère spécialisé Strategy and Management of International Business, elle et son équipe doivent réaliser une étude sur la situation de l’information et de la désinformation médiatique au Venezuela. Un sujet, il faut le dire, plutôt casse-pipe.

Elle a fait, me dit-elle, beaucoup de recherches sur la question. Après confrontation des documents glanés ça et là, elle est arrivée à la conclusion que seule la rencontre avec des personnes qui vivent sur place et connaissent le sujet peut l’aider à démêler le vrai du faux et avoir un réel aperçu de la situation actuelle. Aussi m’a-t-elle envoyé un questionnaire qu’elle a élaboré avec ses compagnons d’étude, dans l’espoir que j’y réponde.

Face à la tâche ingrate qui attendait ces courageux étudiants, je me suis presque pris de pitié ! S’ils savaient ! Depuis des années, nous vivons au Venezuela au cœur d’une guerre médiatique déclarée, que les récents événements ont encore aiguisée. Dans ce galimatias d’informations qui disent tout et le contraire, une chatte ne retrouverait pas ses petits. Des étudiants vivant à Paris, encore moins !

J’ai alors décidé de les aider. Voilà donc mes réponses au questionnaire, en guise de modeste contribution au débat. Je ne prétends pas dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, étant moi-même objet et sujet de la méchante guerre médiatique en cours. Prenez donc cela pour mon opinion du moment, que j’espère la moins biaisée possible.

Quelles formes prend et a pris la désinformation au Venezuela ?

Presse du VenezuelaLa désinformation fait partie de la vie quotidienne depuis de nombreuses années. En situation de crise, comme actuellement, elle se décuple jusqu’à atteindre des formes irrationnelles.

La désinformation se trouve partout, aussi bien dans les médias reconnus (presse écrite, radio, télévision) que sur les réseaux sociaux, aussi bien dans les médias officialistes que dans les médias d’opposition. Nous nous trouvons en effet dans une situation de guerre médiatique généralisée dans laquelle tout est bon pour tromper l’ennemi.

La presse internationale elle-même est largement influencée par cet état de fait et reprend à son compte les thèmes de la désinformation, parfois de bonne foi (mais pas toujours). On peut donc affirmer qu’il n’existe plus de moyen d’information crédible dans le pays. Faire le tri est presque impossible. Cela laisse la voie libre aux pires rumeurs, propres à toute situation de guerre.

Dans quelle mesure sait-on s’il s’agit d’une orchestration par plusieurs personnes ?

Impossible à savoir. On remarque cependant certaines analogies avec les étapes prévues pour faire un « coup d’État doux » tel que le décrit Gene Sharp dans son manuel : From Dictatorship to Democracy : Conceptual Framework for Liberation, Albert Einstein Institution,‎ Boston, 1993 (Paru en français sous le titre : De la dictature à la démocratie : Un cadre conceptuel pour la libération, L’Harmattan, Paris, 2009).

On sait aussi que des leaders étudiants reçoivent des formations à l’insurrection douce et à l’usage subversif des réseaux sociaux, qui sont assurées par des organismes liés aux États-Unis (J’ai déjà traité le sujet sur mon blog. Voir mes billets Cette belle jeunesse en lutte pour ses idéauxManipulations et RCTV: la mauvaise touche?).

On sait encore que des financements US sont attribués à des ONG vénézuéliennes qui travaillent sur le thème des droits de l’homme, de la bonne gouvernance, etc. Voir US, EU agencies fund Venezuelan opposition with $40-50 million annually et The National Endowment for Democracy in Venezuela

Quel est le comportement de la population face à cette désinformation ? Est-elle dupe ? Cherche-t-elle à accéder à de l’information par d’autres moyens ? Est-ce très différent selon les catégories sociales ?

Pour ABC, une scène de répression en Égypte devient vénézuélienne

Pour ABC, une scène de répression en Égypte devient vénézuélienne

La population déjà alignée sur l’un des deux camps, militante ou sympathisante en quelque sorte, est généralement dupe. Elle accepte pour argent comptant ce qui se dit dans son camp, y compris les rumeurs les plus folles et les informations les plus fausses. Elle multiplie les effets de cette désinformation en utilisant les médias sociaux. On trouve dans ce cas environ 70 % de la population, ce qui est considérable et assure à la guerre médiatique une ampleur tout à fait exceptionnelle.

Une autre partie de la population (que j’estime à environ 25 %) est consciente des manipulations dont elle est l’objet et se sait manipulée par les deux camps. Mais elle est frustrée de ne pas avoir accès à des informations crédibles. Désemparée, elle se trouve dans une situation de rejet des médias, quels qu’ils soient. On trouve dans ce bloc aussi bien des sympathisants chavistes que de l’opposition, qui ne sont pas des inconditionnels et peuvent être critiques de leur propre camp.

Enfin, une toute petite partie de la population (5 %) a la capacité (et le temps) de faire la part des choses entre la réalité et ce qui se dit, s’écrit, se montre, en d’autres termes de faire une critique circonstanciée des médias. Elle cherche (généralement sur Internet) les informations moins biaisées et plus crédibles, pour des résultats somme toute assez limités, tant ces informations sont rares et difficiles à trouver.

Y a-t-il des formes d’expression et d’information alternatives pour la population (Web, réseaux sociaux, TV participative (Vive TV)…) ? Accessibles à tous ?

C'était au Chili, on le présente comme si c'était  au Venezuela

C’était au Chili, on le présente comme si c’était au Venezuela

Le web et les réseaux sociaux constituent des formes d’expression alternatives, mais sont très peu crédibles en terme de qualité d’information, car ce qui s’y trouve reflète les manipulations dont fait l’objet l’ensemble de la population. C’est en grande partie un lieu de défoulement collectif qui illustre tant les insuffisances de l’information traditionnelle que les frustrations individuelles et collectives. Il n’y a donc pas grand-chose à en retirer, si ce n’est pour réaliser une analyse sociologique ou anthropologique de l’état général de la population vénézuélienne (un état psychologique qui est assez préoccupant, par ailleurs).

À la lumière de ce qui se dit dans les réseaux sociaux à propos de la situation au Venezuela, il faudra sans doute revoir sérieusement la thèse amplement diffusée selon laquelle ces médias favorisent et renouvellent le débat démocratique. Ici ces médias embourbent plutôt le débat.

Quelles sont l’influence et l’ampleur de ces formes d’information parallèles ? N’est ce pas réservé à l’opposition (seul les « riches » ont un accès à internet ?) ?

En l’absence de sources d’information traditionnelles crédibles, l’influence des ces formes d’information est très grande, d’autant plus que le Vénézuélien est un grand utilisateur de Facebook et de Twitter. En fait les réseaux sociaux sont aussi le lieu privilégié des rumeurs et de la désinformation. Leur effet multiplicateur, leur absence de contrôle en font les instruments idéaux pour mener la guerre médiatique.

La toute grande majorité de la population a maintenant accès à Internet, fût-ce par le biais de téléphones intelligents. On ne peut donc pas considérer que seuls les riches ont un accès à Internet. La différence se situe plutôt au niveau de la formation de base. Il est clair qu’un plus grand nombre d’antichavistes que de chavistes ont une formation qui leur permet de rédiger correctement, débattre, argumenter, etc. Cela leur donne une relative prédominance sur les réseaux sociaux. Cela dit, d’un côté comme de l’autre, les injures sont bien plus fréquentes que les argumentations…

Cela a t-il un rapport avec l’immigration de certains jeunes vénézuéliens ?

L’émigration (que ce soit des jeunes ou des moins jeunes) est un effet du désespoir qui s’est emparé d’une partie importante de la population (50 %). Celle-ci, avec raison, ne se sent pas prise en compte par les politiques gouvernementales, ni même reconnue comme opposition. En effet. le gouvernement ne comprend pas que dans un système démocratique l’opposition a aussi des droits. Il gouverne comme s’il avait 80 % de la population en sa faveur, alors qu’il n’en a que la moitié… C’est tout le problème du Venezuela.

Quelle est et a été la réaction du gouvernement à cette guerre médiatique ? N’est il pas allé trop loin (Globovision racheté par le gouvernement ?, fermeture de RCTV…) ?

Manipulation médiatique

Les morts du conflit syrien sont transférés au Venezuela

Il est clair qu’il existe depuis de nombreuses années une politique d’étouffement des médias privés d’opposition. Ceux-ci, il faut le dire, ne sont pas non plus des saints : la plupart avaient pris fait et cause pour le coup d’État de 2002. De manière générale, ils ne font pas le tri entre les faits et les opinions, et adoptent des positions politiques qui n’ont plus rien à voir avec leur mission d’information.

De son côté, répondant à la radicalisation des médias privés, le gouvernement a agi dans une optique de radicalisation de la révolution. Jusqu’à présent, il a pu profiter de chaque crise pour approfondir le processus socio-politique. Il en fut ainsi sous Chávez, cela reste le cas actuellement. La différence, c’est que Chávez, grâce à son charisme et son intelligence politique, pouvait unifier le parti et une grosse partie de la population derrière sa personne. Ce n’est pas le cas de Maduro, qui, plus faible et plus limité, se trouve obligé non seulement d’affronter l’adversaire, mais aussi de gérer les divergences dans son propre camp. Il n’est donc pas certain que la radicalisation l’emporte cette fois encore.

Cela dit, il est faux de croire que l’opposition est totalement baillonnée au Venezuela. Elle a accès aux médias privés (encore largement dominants en terme d’audience), même si elle ne gère plus à son gré ses propres chaines de « désinformation », comme l’étaient RCTV, Venevision et Globovision avant leur « intervention ». Voir http://venezuelanalysis.com/analysis/10400.

Quelle est votre vision de l’espace médiatique et informationnel au Venezuela aujourd’hui ? Quel a été son évolution depuis 10 ans et les tendances qui se dessinent dans le futur ?

Une manifestation à Sao Paulo devient une manifestation à Caracas

Une manifestation à Sao Paulo devient une manifestation à Caracas

L’espace médiatique actuel est extrêmement limité, étant sujet aux manipulations politiques les plus grossières. Celles-ci se confondent le plus souvent avec de la propagande pure et simple. Nous nous trouvons en situation de guerre médiatique, ce qui élimine quasiment toute possibilité d’information de qualité. Nous sommes en fait très proche du degré zéro du journalisme…

Quant au futur, il est imprévisible au Venezuela, même à trois jours…

25 réflexions sur “Au cœur de la guerre médiatique

  1. Merci de cette mise au point Jean-Luc. Nous sommes nous mêmes témoins désemparés de cet état de fait, recevant épisodiquement des « témoignages » qui pourtant à nos yeux d’européens (in)formés sont d’évidence une manipulation. Et comme tu le dis la presse internationale ne fait pas son travail, relayant – sciemment pour les journaux politiquement orientés, de droite comme de gauche – cette désinformation : il suffit d’être abonné à ScoopIt (http://www.scoop.it/t/venezuela) pour le constater.
    Tristes perspectives pour le Venezuela. Nous ne pouvons qu’espérer une transition non violente en souhaitant l’émergence d’un mouvement d’opposition capable de réunir une majorité désireuse de bien être pour tous et de démocratie respectueuse, espoir vain sans doute étant donné la fureur des extrémistes de tous poils. Il nous semble que les Vénézuéliens sont las de ce quotidien sans issue.
    Continue à nous informer !

  2. Bon, n’ayant pas le courage ni le temps de recommencer mon commentaire qui s’est effacé lors de l’envoi ( main invisible de la censure ou une mauvaise frappe ?), je me contenterais de quelques remarques
    – La question de la véracité n’est pas la seule qui se pose dans la guerre idéologique qui se joue par le biais des médias :
    par exemple il y a 2 semaines a eu lieu à Montreuil une très intéressante initiative culturelle et politique pour la Paix en Colombie : débats contradictoires sur diverses problématiques concernant la situation actuelle en Colombie, expo d’artistes colombiens , présence de nombreuses associations.: des chiffres , des statistiques , des analyses : quel en a été le relais médiatique ? nul .
    – Copé se chamaille avec Valls pour faire du cinéma à l’approche des Municipales : coup de projecteur sur ce non-événement .
    Donc déjà les médias , prétendument objectives , orientent l’opinion par le choix des thèmes simplement abordés .Ce que les médias disent ensuite est superficiel.
    On parle plus ici de 2 morts sur le Venezuela que des centaines de milliers de morts en Colombie, quel que soit ce qu’on en dit .
    Un autre exemple : auditeur de France Culture , je constate avec effarement qu’on y entend dorénavant les idéologues habiles ( ex.le sieur Philipot ) du FN sans oublier la pensée unique par ailleurs. Indépendamment du propos du journaliste, la chaîne nationale qui fut un lieu de résistance et de débat autrefois ( sans être le jouet de quelque obédience que ce soit ) banalise et valide une pensée antidémocratique: cea sans que se jour la question de la validité de l’info.

    – Bien entendu la première question pour moi n’est pas de savoir ce que disent les médias , mais qui les possède . Or au Vénézuela ce n’est pas Maduro qui les possède mais une élite , à 90% . De ce fait on est dans une situation où ce n’est pas l’Etat qui contrôle l’info mais des capitaux .
    Et en France c’est pareil. ( Dassault , Lagardère , Rothschild …)

    Par ailleurs je ne suis pas sûr qu’on puisse dire que Maduro a 50, ..% de soutien , et qu’il reste 49,…% pour l’opposition .Ce n’est que le score de la présidentielle , contesté par cette opposition en dépit de la fiabilité reconnue internationalement .
    C’était 76% aux Municipales .
    Mais il y a le score électoral et il y a le soutien plus ou moins prononcé, sur telle ou telle question . Et de plus il y a aussi les intérêts de quelle fraction de la population favorise la politique de Maduro .Et là, la disproportion avec les Capriles et Lopez est complète .
    Donc posons bien la question .
    Si je compare avec la situation en France et en Europe , au fond pour les médias c’est pareil sauf que chez nous les médias jouent très majoritairement du côté du pouvoir pour de gros intérêts .La contestation sur le fond joue à la marge .

    Je trouve donc très intéressant le choix de cette étudiante . et la difficulté du sujet en fait tout l’intérêt. Elle pose une question au coeur du processus politique .

    • Jean-Pierre, attention aux chiffres que tu utilises : les 76 % dont tu parles est le pourcentage de municipalités gagnées par les partis pro-gouvernementaux (dont beaucoup se trouvent en zone rurale et ont peu d’habitants) et non le pourcentage des votes exprimés.

      Si l’on se réfère au nombre de votes exprimés, on obtient ceci:

      PSUV et Polo patriotico: 5.216.522 voix (48,69 %),
      Opposition MUD : 4.373.910 voix (39,34%)
      Dissidence chaviste : 561.723 voix (5,05%)
      Dissidence opposition : 274.634 voix (2,47%).
      Autres partis : 283.169 voix (2,55%)
      Votes nuls : 412.977 voix (3,77%)

      Le résultat des votes à la présidentielle, dont le taux de participation était beaucoup plus important, me paraît plus conforme à la réalité des forces en présence.

  3. Je me souviens d’un temps pas si lointain, ou l’on pouvait se féliciter qu’une conscience politique naisse au Venezuela. Le temps ne m’a pas donné raison et le fanatisme et la bêtise s’est rapidement emparé de cet espace naissant. Les médias n’échappent pas à la règle.

  4. Cher Jean Luc

    Je me permets d’être profondément surpris et extrêmement déçu par ce texte. Comment a tu négligé de d’écrire l’écrasant monopole de la télévision d’état sur les réseaux ouverts? Les « cadenas » incessantes? Que Globovision ne vient que par câble dans les 4/5 du pays? Etc..

    Ce texte, j’ai le regret de l’ecrire, semble être écrit par un partisan quelconque du régime, utilisant même les examples offerts par la propagande officielle.

    • Cher Daniel,

      L’écrasant monopole de la télévision d’État ? En terme de nombre de chaînes peut-être (et encore), mais en terme d’audience ? À part les convaincus d’avance, qui regarde les chaînes officielles ?

      Les « cadenas » ? Mais qui les voit ? Qui y croit ? C’est du temps d’antenne perdu (pour les telenovelas…), sans plus.

      Quant aux autres médias, on doit peut-être vivre dans un autre pays. À Mérida où je vis :
      – il y a environ 25 radios dont 20 sont privées (et parmi elles, se trouvent les plus populaires)
      – il y a deux journaux régionaux, tous deux de tendance d’opposition. Quant aux journaux qu’on peut se procurer en kiosque, à part Panorama, Vea et Correo del Orinoco (quand on le trouve), tous sont d’opposition (on peut discuter pour Ultimas Noticias).
      – les deux télévisions régionales sont d’opposition
      – les trois sites web d’information de référence de la ville sont gérés par des radios privées ou des journalistes d’opposition.
      – Le câble diffuse CNN en espagnol, Caracol, Fox, TVE et j’en passe.

      À Caracas, pour autant que je sache, ce n’est pas vraiment très différent.

      Si l’on ajoute Twitter et Facebook, où l’opposition est plus active que l’officialisme, je vois mal comment on peut parler de monopole d’État dans l’information. Ici tout le monde s’exprime (pour le meilleur et le plus souvent pour le pire). La voix de l’opposition, relayée par une grosse partie de la presse étrangère, est indéniablement plus forte que celle de l’officialisme.

      Comme tu le remarqueras, je ne parle pas de qualité informative. C’est un tout autre débat. Dans un pays où l’éthique du journalisme (ou de la politique) n’a jamais été une valeur forte, il ne faut pas trop attendre sur ce point (car « no se puede pedir peras al olmo »).

      • Cher Jean-Luc
        Peut-être après tout que ces interventions de mauvaise foi sont à intégrer dans la stratégie visant à intimider toute expression non conforme à celle de l’Extrême-Droite capriliste ..
        Tu as le droit d’avoir ton analyse , de toute façon
        Mais en plus , ton effort d’objectivité et d’information est bien mal reconnu par certains . Je ne te souhaite pas la victoire de ces activistes fascisants .

        Alors on peut se poser pas mal de questions sur ladite opposition qui à Paris pour illustrer la « répression » au Venezuela maquille maladroitement des photos prises en Grèce , au Chili , en Syrie .. aveu confondant .

        Amnesty International a condamné d’ailleurs les manipulations et falsifications d’informations dangereuses ( visant à légitimer un coup d’Etat , il faut le dire ) de la grande presse contre le gouvernement élu dans des conditions démocratiques au Venezuela .

        Grande presse pas toujours récompensée vu comment dans les quartiers huppés de Caracas des étudiants d’Extrême-droite ont maltraité les journalistes de l’AFP et autres .

        Mais revenons au sujet sur lequel certains osent mettre en cause ta probité intellectuelle , ce qui n’est pas la même chose qu’exprimer un désaccord .
        Le désaccord est légitime . La mise en cause est avilissante et vise à discréditer la personne . Je ne conçois pas qu’on se permette cela à ton encontre . Mais cela en dit long sur leurs auteurs et leur propre probité intellectuelle .

        Voici donc une petite étude du MD sur cette question :
        « Chávez étouffe-t-il les médias ? » (Time, 29 mai 2007). La réponse ne fait aucun doute selon les patrons de presse vénézuéliens : le président du pays, M. Hugo Chávez, « bride la liberté de la presse » (BBC, 30 mars 2008). Après tout, n’a-t-il pas donné l’ordre de « fermer 34 médias d’opposition » (Le Figaro, 3 août 2009) prenant, ainsi, le « contrôle » de tout le secteur (France Soir, 3 août 2009) ?

        Une étude (1) du Centre pour la recherche économique et politique (CEPR) sur l’audience des chaînes de télévision vénézuéliennes – les médias les plus importants dans le pays – démontre pourtant le contraire.

        Les auteurs utilisent les chiffres d’une enquête réalisée par le cabinet AGB Panamerica de Venezuela Medicion S.A. – une filiale vénézuélienne du groupe Nielsen Media Research International – auprès de 1 000 foyers représentatifs (en termes de classes sociales, de genre, d’âge, etc.). L’étude est réalisée environ une fois par an et le document de CEPR en présente les résultats depuis le début de l’année 2000. Les chiffres sont d’une remarquable constance.

        En janvier 2000, les chaînes publiques recueillaient 2,04 % de l’audience, contre 80,79 % pour les chaînes privées (neutres pour les moins politisées, radicalement opposées au gouvernement d’Hugo Chávez pour la majorité) et 17,17 % pour la télévision à péage. En septembre 2010, la part des chaînes publiques était passée à 5,4 %, celle des chaînes privées à 61,42 % et celle de la télévision à péage à 33,14 %. Cette dernière a bénéficié du non-renouvellement de la concession de la chaîne RCTV, dont elle diffuse les séries, très populaires.

        Comme l’observent les auteurs de l’analyse, on est encore très loin des niveaux de concentration d’audience enregistrés en France, par exemple, où les chaînes publiques disposent d’une audience d’environ 37 %. Pourtant, lorsqu’il dénonçait une « mainmise sur les médias vénézuéliens », le 27 septembre 2010, le journaliste du Washington Post Jackson Diehl ne parlait pas de celle des entreprises de presse privées.

        (1) « Television in Venezuela : Who Dominates the Media ? » (PDF), par Mark Weisbrot et Tara Ruttenberg, CEPR, décembre 2010.

        Bien à toi .

      • Une spéciale pour Jean Pierre
        Vos chiffres ne correspondent pas à la réalité du Venezuela au mois de Mars 2014
        Et pour info la critique de la dictature au Venezuela ne veut pas dire Fasciste.
        Mais il faut vivre ici pour comprendre
        Allez bon vent Jean Pierre

  5. Bonjour
    J’en ai lu des anêries sur le Venezuela mais là …
    La presse au main de l’opposition, jajaja
    Faut être un Burro Bruto pour écrire cela
    Coluche disait quand on en sait au si peu …
    Patrick

  6. Merci pour votre réponse
    Mais vraiment …
    Donc pour vous media privée = opposition; Faux exemple Globovision
    Chaines étrangères = opposition; Bêtises ou Anêries au choix
    Parlez nous des interdictions de diffusions NTN24, RCTV, etc…
    Parlez nous des interdictions de la presse lors des dernières élections
    La presse écrite n’a plus de papier pour publier
    Enfin vos exemples sont issus de Twitter; cet instrument serait un média à la botte de l’opposition.
    Non juste un endroit de libre expression (qui peut être censuré).
    Ne parlons pas des projets gouvernementaux d’interdire Twitter, CNN, etc …
    Ne parlons pas des pannes d’internet particulièrement à Mérida et Tachira.

    Bref la guerre médiatique n’existe pas au Venezuela faute de combattant
    Elle est engagée entre le gouvernement Venezuelien et la presse mondiale.
    Qui a mon goût ne fait que des commentaires et peu d’analyse.
    Hasta luego

  7. @ Jean Pierre. Merci de tes apports. Je crains cependant que les sources que tu cites ne convainquent pas mes contradicteurs, les choses étant ce qu’elles sont ici…

    Quant aux injures gratuites, je suis blindé. Lorsqu’on écrit sur le Venezuela, il faut s’habituer à être taxé de tous les noms d’oiseaux ! C’est encore pire quand on essaie de faire la part des choses entre les deux camps, car les injures dénigrantes proviennent alors des deux côtés !

    • Bravo en effet écrire que TVE et CNN sont des chaines d’opposition c’est prendre les gens pour des cons.
      Les chiffres de Jean Pierre ne sont plus d’actualité mais vous le savez mieux que quiconque, alors pourquoi les approuvés, sinon prendre les gens pour des Anês.
      Côté insulte écrire que nous sommes des fascos c’est stupide
      Et écrire des conneries sur le Venez c’est insulté les Venezueliens
      Allez rester entre vous et les moutons seront bien gardés.

  8. Il est désolant de constater que – même sur ce blog d’excellente tenue – dès que l’on aborde la question politique vénézuélienne les excités de tous bords rappliquent… Mais que savent-ils de la réalité (je ne parle pas de vérité, chacun la sienne je suppose) de la vie locale ? Nous sommes tes lecteurs Jean-Luc parce que tu VIS là-bas et que tes informations et tes impressions sont de première main, se réfèrent essentiellement au quotidien, à la culture, aux us et coutumes, et de plus nous paraissent réfléchies, argumentées et mesurées (loin des tweets si banalement stupides).

    À chacun son opinion sur la politique menée par le gouvernement vénézuélien bien sûr, et sur les politiques menées au cours des décennies passées. Nous nous souvenons d’avoir été mal vus en 1973 pour avoir déclaré à des relations (amis, famille) faisant partie de la récente classe moyenne vénézuélienne que le pays allait se noyer dans son pétrole faute de développer une industrie de transformation des matières premières et de favoriser son agriculture, d’assurer un avenir indépendant… La gauche locale de l’époque (MAS et autres) était très minoritaire et peu entendue sinon écoutée. Hélas la suite ne nous a pas démentis. L’exode rural déjà important n’a fait que s’amplifier, la dépendance économique vis à vis de l’étranger se renforcer, le fossé social s’approfondir, jusqu’aux années 90 où une partie de la population excédée est finalement descendue dans la rue.

    Il n’y aura comme ailleurs de solution que politique, c’est à dire concertée entre interlocuteurs prêts à un consensus, ce qui ne semble pas être le cas aujourd’hui ! Du côté parti au pouvoir comme des partis d’opposition un sérieux ménage serait sans doute nécessaire pour écarter corrompus et incapables (le népotisme est universel mais plus ou moins… contrôlé). De ce nous entendons des Vénézuéliens ces dernières années ressortent lassitude, exaspération, désespoir même. La rage n’apporte rien de bon, trop de morts déjà. Nous sommes inquiets et tristes de regarder le Venezuela s’enfoncer un peu plus chaque année, mais n’étant plus sur place qu’épisodiquement qu’y pouvons nous ?

    Continue Jean-Luc ! Tes articles et tes photos sont pour nous un autre lien bien vivant avec le cher pays. Merci.

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