Désolant/Ecologique

À Margarita, perroquets en danger !

Amazona barbadensis

Amazona barbadensis

Je me trouvais il y a peu à Margarita, à l’invitation de l’ONG Provita, qui développe sur l’ile, depuis de nombreuses années, un programme de protection de l’Amazona barbadensis.

L’Amazona barbadensis (cotorra cabeciamarilla ou cotorra margariteña en espagnol, Amazone à épaulettes jaunes en français, Yellow-shouldered Amazon en anglais) est un perroquet du genre Amazona, quasi endémique du Venezuela. Actuellement ne subsistent que sept populations de cette espèce, dont six se trouvent sur la côte et dans les îles du Venezuela (la septième population se trouve dans l’ile néerlandaise de Bonaire, au large du Venezuela). L’une des populations les plus importantes se trouve dans l’ile vénézuélienne de Margarita, plus particulièrement dans sa partie occidentale, la péninsule de Macanao. C’est l’unique espèce du genre Amazona adaptée à la vie dans des milieux désertiques, comme l’est Macanao.

Espèces endémiques

L’aire de répartition des perroquets du genre Amazona va de l’Amérique du Sud au Mexique, en passant par les Antilles. Un grand nombre d’espèces sont particulières à chacune des îles des Caraïbes, où elles ont développé des caractéristiques propres, qui les ont rendues endémiques. Certaines espèces ont tout simplement disparu sous l’effet d’une chasse indiscriminée, telles que l’amazone de la Martinique (Amazona martinicana) et l’amazone de la Guadeloupe (Amazona violacea). La plupart des autres sont en danger d’extinction. En effet, les perroquets du genre amazone sont considérés comme d’excellents imitateurs et habiles parleurs, ce qui en fait des proies privilégiées pour les amateurs d’oiseaux de compagnie. Ils sont devenus ainsi l’objet d’un trafic international qui les a décimés à l’état sauvage sur leurs lieux d’origine.

C’est le cas de l’Amazona barbadensis, classifiée comme une espèce en danger d’extinction au Venezuela. À Macanao, elle est menacée non seulement à cause de la capture des oisillons pour le commerce d’oiseaux de compagnie, mais aussi à la suite de la destruction des ses habitats de nidification et d’alimentation, sous l’effet de l’extraction massive de sable destiné à la construction.

Surveillance permanente

Écogardes à Macanao, Margarita, Venezuela

Le groupe d’écogardes

La récupération de la population d’Amazona barbadensis constitue le fer de lance de l’action de Provita à Margarita. La plus grande partie de l’effort se situe dans la région de La Chica, le principal site de nidification de l’espèce. Dans ce milieu désertique, une surveillance permanente, jour et nuit, est organisée pendant toute la période de reproduction. Un groupe de jeunes des villages environnants, pour la plupart eux-mêmes d’anciens pilleurs de nids, ont été formés comme parabiologistes et écogardes. Ce sont eux qui assurent la surveillance et le monitorage systématique des nids, afin d’éviter la capture des oisillons.

Même si les écogardes bénéficient de l’appui de la Garde nationale (l’équivalent de la gendarmerie) et de la police locale, l’opération est délicate car elle se déroule dans des endroits déserts et peu hospitaliers, face à des braconniers qui sont parfois armés.

Pour compléter le travail, les écogardes réparent chaque année les cavités d’arbre que les perroquets utilisent pour établir leur nid et installent des nids artificiels dans le but d’augmenter les possibilités de nidification.

Succès relatif

Les résultats de ce travail sont mesurés par le biais de recensements périodiques de la population. Au début de l’action, en 1989, un total de 700 amazones avaient été recensées à l’état sauvage ; en 2011, la population était estimée à quelque 1600 individus. Malgré ce succès relatif, le pillage et la commercialisation restent élevés, car les nids ne faisant pas l’objet d’une protection spécifique sont presque tous systématiquement pillés. Ainsi, en 2010, on a répertorié 3000 amazones en captivité –soit près du double des oiseaux vivant à l’état sauvage– dans la seule presqu’île de Macanao !

Rien n’est donc gagné et ne le sera sûrement avant qu’une vaste campagne de sensibilisation n’arrive à modifier la vision qu’ont la plupart des Vénézuéliens de leur faune et de la nature en général. À l’international, la tâche est plus vaste encore : il s’agit de démanteler les mafias qui commercialisent illégalement les perroquets, tout en faisant prendre conscience aux amateurs d’oiseaux tropicaux qu’en se procurant ceux-ci, ils participent à la disparition des espèces et à la destruction des équilibres écologiques aux quatre coins de la planète.

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> Vous désirez appuyer le travail de Provita ? L’ONG britannique World Land Trust, partenaire international de Provita dans ce projet, organise une récolte de fonds pour permettre de continuer l’action de protection de l’Amazona barbadensis au Venezuela.

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Une réflexion sur “À Margarita, perroquets en danger !

  1. Pauvres Amazones, transbahutés de droite et de gauche pour le bon plaisir des Européens. Comme le gris du Gabon. Rien ne vaut une vie en liberté, dans leurs arbres, avec leur compagne ou compagnon et leurs petits. Merci pour ce bel article. Bonne journée.

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