Artistique/Créatif/Musical

Artistes vénézuéliens en goguette

Sculpture de Jesus Soto

Sculpture de Jesús Soto (photo : Javier Volcán)

Coup sur coup, je tombe sur plusieurs informations concernant des artistes vénézuéliens en Europe, des musiciens pour être plus précis. On sait combien le talent musical est énorme dans ce pays. En voici encore deux illustrations, pour ceux qui auraient encore quelque doute à ce sujet.

Venezuela Crónica

Venezuela Crónica

Venezuela Crónica

Au Festival international de la guitare de Vendôme, dans le Loir-et-Cher, c’est un groupe vénézuélien qui, en compagnie d’un duo argentin, aura les honneurs du concert d’ouverture, le samedi 17 avril à 20h30. Son nom ? Venezuela Crónica. Cet ensemble a été créé par Cristóbal Soto à la fin des années 90. L’objectif premier était de rassembler les musiciens vénézuéliens vivant à Paris autour de leurs musiques traditionnelles et de faire partager au public leurs émotions. La richesse musicale du Venezuela aidant, le succès s’est trouvé au rendez-vous.

Cristóbal Soto

Le fondateur du groupe, Cristóbal Soto, est le fils de l’artiste plasticien Jesús Soto, célèbre pour ses peintures et sculptures géométriques d’art cinétique, mais aussi musicien à ses heures. Au début de sa carrière de musicien, il a été membre de nombreux groupes de musique traditionnelle vénézuélienne et sud-américaine. En 1971 et 1972, il est en France où participe comme musicien, acteur et acrobate au Grand Magic Circus que dirige Jérôme Savary. L’année suivante, il fait du cinéma : il est l’acteur principal du film de Jacques Doillon, Les doigts dans la tête.

Cristobal Soto avec Soledad Bravo en 1979

Cristobal Soto avec Soledad Bravo en 1979

Entre 1974 et 1996, il est de retour à Caracas où il travaille comme accompagnateur en concerts, disques et télévision de grandes figures vénézuéliennes et sud-américaines de la chanson, telles que Soledad Bravo, Mercedes Sosa, Simón Díaz, Cecilia Todd et Serenata Guayanesa. Il fonde plusieurs groupes de musique instrumentale vénézuélienne, comme Gurrufío, Los Anauco, Cañon Contigo et enregistre avec eux de nombreux disques.

En 1996, il revient à Paris où il continue sa carrière musicale : il participe à de nombreux groupes, en crée d’autres, comme Venezuela Crónica, la Fanfare La Tina, Yare, etc. Il joue aussi comme soliste de mandoline, son instrument de prédilection, et interprète aussi bien ses propres compositions que de la musique traditionnelle latino-américaine ou même des pièces baroques comme le Concerto pour deux mandolines de Vivaldi. Il dirige également des ateliers musicaux et est l’un des animateurs principaux des stages de musique vénézuélienne qui ont lieu depuis 2002 dans les Cévennes.

Les Festival de Vendôme vous offre donc une excellente occasion de rencontrer ce musicien prolixe, cette fois à la tête de l’ensemble Venezuela Crónica.

La Passion selon saint Marc

OSVALDO GOLIJOV, La Pasión según San Marcos

OSVALDO GOLIJOV La Pasión según San Marcos

La seconde nouvelle musicale du jour concerne la toute récente parution -chez Deutsche Grammophon, rien de moins- de l’œuvre La Pasión según San Marcos [La passion selon saint Marc] du compositeur argentin Osvaldo Golijov. Cet enregistrement exceptionnel a été réalisé par des musiciens vénézuéliens : les solistes sont Biella Da Costa, Jessica Rivera et Reynaldo González, le chœur est celui de la Schola Cantorum du Venezuela, l’orchestre est formé de membres de l’Orchestre symphonique de la jeunesse du Venezuela Simón Bolívar, le tout sous la direction de María Guinand.

L’œuvre est déconcertante et n’est sans doute pas facile à appréhender. Le critique Jacques Schmitt, sur ResMusica, la décrit de cette manière :

La musique est un mélange de rythmes afro-cubains et d’harmonies classiques modernes, tambourins et trompettes alternent aux chants, un melting-pot de rythmes et de mélodies insolites, mais avec une maîtrise de l’écriture dont témoignent les musiques de film du compositeur. Une passion profane dans les rues d’Argentine, du Venezuela ou de Cuba avec son concert de voix entremêlées. On est ici dans une célébration joyeuse et jubilatoire, sorte de tentative de synthèse des cultures comme Bernstein l’avait déjà envisagé dans sa géniale Messe.

Le coffret comprend deux CD (enregistrés à Caracas) et un DVD (enregistré en concert au Royal Carré Theatre d’Amsterdam en juin 2008).

Comme vous pouvez le constater, les artistes vénézuéliens se portent donc plutôt bien, même si leurs succès à l’étranger ne sont pas toujours reconnus à leur juste mesure dans le pays. Le vieil adage « Nul n’est prophète… » se vérifie donc une fois de plus.

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