Finca près de Mucuchachí (Venezuela)

Je mets ma main au feu que certains lecteurs trouvent que ce blogue manque de vécu. Trop sérieux, trop académique, trop didactique. Pour tout dire, un brin ennuyeux… Vous voulez du vécu ? Vous voulez du sang, de la sueur et des larmes ? Continuez à lire, en voici.

Commençons par le commencement. Regardez la photo ci-dessus. Splendide paysage bucolique. La photo a été prise à Mucuchachí, l’un des Pueblos del Sur de l’état de Mérida, au Venezuela. Une magnifique région que je fréquente régulièrement pour des raisons professionnelles. Je travaille en effet pour la Fondation Programa Andes Tropicales, qui développe depuis deux ans un projet de tourisme de base communautaire dans les Pueblos del Sur.

Inoffensives ?

Jusqu’ici, rien que de très normal, mais ne vous fiez pas aux apparences. La belle prairie que vous distinguez en contrebas -et même la végétation que vous voyez en avant- ne sont pas aussi inoffensives qu’il n’y paraît. Elles sont chargées de milliers (de millions peut-être) de petites bêtes appelées localement garrapatas. Il s’agit en fait d’une des nombreuses espèces de tiques, ces acariens parasites qui se nourrissent du sang des vertébrés.

tique_garrapata

La grandeur d'une tique: comparaison avec une allumette

Je déambulais donc dans ce site enchanteur afin de l’explorer et d’évaluer son potentiel touristique (qui est élevé, je peux vous l’assurer, si ce n’était la présence de ces bestioles). Première constatation : les garrapatas du lieu sont vives à trouver leur proie, en l’occurrence les bovins ou encore les pauvres humains qui se risquent sur les lieux. J’en étais un…  Mes compagnons d’infortunes et moi-même, nous sommes donc sortis de là recouverts chacun de dizaines de ces petits acariens récalcitrants, dont les plus petits avaient la taille d’un grain de sable et les plus grands deux millimètres.

Autant vous dire qu’à notre retour, nous avons dû procéder à un examen minutieux du corps suivi d’un bain complet. Trois jours plus tard, je suis encore marqué par des dizaines de piqures sur tout le corps, comme si j’étais frappé de varicelle. Je vous épargne les photos…

Sanguinolant

Tout cela, c’est du vécu, mais à part celui que pompent silencieusement les tiques, il n’y a pas encore beaucoup de sang… Attendez la suite, le second épisode est plus sanguinolant.

Le lendemain, dans un autre village des Pueblos del Sur appelé El Molino, je me rendais chez un ami. Les portes de la maison étant ouvertes, tout indiquait qu’il se trouvait chez lui. Mais j’avais beau appeler, personne ne répondait. Je me suis donc résolu à contourner la maison pour me rendre au jardin et voir si l’ami en question s’y trouvait. Mais subitement, à deux ou trois mètres de moi, un énorme berger allemand, noir de surcroît, a déboulé sans crier gare. Trop tard pour réagir. Le fauve m’a saisi le mollet, y enfonçant ses crocs.

Résultat : une jambe ensanglantée, une blessure de plusieurs centimètres. Après les premiers soins sur place, ce fut la recherche du médecin du village. Par chance, on l’a trouvé sans trop de problèmes. Désinfection, quatre points de suture, puis retour à la ville de Mérida, où je me suis fait appliquer le vaccin antirabique quelques heures plus tard. Ici aussi, je vous épargne les photos.

Sentier aérien

Vous vouliez du vécu, vous l’avez eu. Ce n’était là que le récit d’une semaine (presque) comme les autres sous les Tropiques…

Pour ce qui est de ma personne, rassurez-vous : malgré ces aventures quelque peu désagréables, le moral est là. Ce dimanche, je me suis baladé sur un sentier aérien entre les cimes des arbres du Jardin botanique de Mérida. Là, je ne vous épargne pas la photo !

Sentier aérien au Jardin botanique de Mérida (Venezuela)

Au sentier aérien du Jardin botanique de Mérida