Archive pour octobre, 2009


pascal-coulon

Une lectrice de ce blogue, bonne connaisseuse de la musique du Venezuela, attire mon attention sur le travail artistique de Pascal Coulon, un musicien français tombé amoureux, il y a plus de trente ans, de la harpe llanera. Il ne s’en est jamais remis ! Et c’est tant mieux : devenu spécialiste de l’instrument, il en est aussi le meilleur ambassadeur partout où il se présente, que ce soit en festival, en concert ou… dans le métro!

Pascal Coulon est né en 1951 dans le nord de la France, une région qui ne se distingue guère par ses traditions musicales (aie, les Ch’tis vont m’en vouloir). Comme beaucoup d’adolescents de sa génération –celle de Bob Dylan, Joan Baez ou Donovan–, il s’initie à la guitare en autodidacte et interprète les chansons françaises du moment en  s’accompagnant lui-même.

À vingt ans, il « monte » à Paris. Il découvre la musique latino-américaine à L’Escale, l’un des plus anciens bars latinos du quartier latin. Là, il se familiarise avec les musiques paraguayennes, argentines, colombiennes, péruviennes et vénézuéliennes. Mais il y a un genre qui attire spécialement son attention : la musique des llanos vénézuéliens et colombiens et plus spécialement le pasaje, un style au rythme lent dans lequel la harpe constitue l’instrument mélodique principal.

Venezuela, Japon, Chine

À Paris, il fait la rencontre du harpiste vénézuélien Victor Reyna qui l’initie au cuatro, la petite guitare à quatre cordes du Venezuela. À cette époque, la musique latino-américaine est à la mode, ce qui lui permet d’accompagner Victor Reyna dans ses tournées en Europe.  À son retour au Venezuela, Victor Reyna lui vend sa harpe.

En 1974, Pascal Coulon fait son premier voyage au Venezuela. Il se rend directement à San Fernando de Apure pour rendre visite à Ignacio “El Indio” Figueredo, le grand harpiste et compositeur de musique llanera, qui le fascinait tout spécialement.

Il voyage ensuite au Japon pour y étudier le kōtō, un instrument japonais apparenté à la harpe. Il y reste plusieurs années. Après un crochet à Taiwan pour étudier le ku-chin (l’ancêtre du kōtō), il rentre en France et décide de se dédier exclusivement à la harpe llanera.

Premiers enregistrements

En 1985, il s’embarque à nouveau pour le Venezuela et y reste deux mois. Il rend visite une nouvelle fois à Ignacio “El Indio” Figueredo. À Barinas, il fait la connaissance et se lie d’amitié avec un autre harpiste, José Gregorio López.

De retour en France, il continue ses études de musique llanera de façon tout à fait autodidacte en s’aidant d’enregistrements. Lui-même enregistre sa première production Pascal y Arpa.

En 1993, il voyage en Colombie pour participer à plusieurs festivals de musique llanera à Arauca, Yopal, San Martin et Villavicencio. Il fait la rencontre de Carlos Orozco, un harpiste vénézuélien surnommé Mitralleta, tant son jeu est rapide. L’année suivante, il rend visite à Carlos Orozco à Barquisimeto. Ce dernier participe avec d’autres musiciens vénézuéliens à l’enregistrement au Venezuela du premier CD de Pascal, Caricias del Viento, qui sortira en 1997.

Depuis lors, Pascal a enregistré sept autres disques, dont le dernier, Arpaligato, est sorti en avril 2009. À côté de morceaux dans le style llanero composés ou arrangés par lui ou par d’autres, il crée ses propres compositions et ne craint pas de renouveler le genre, y ajoutant une instrumentation non traditionnelle dans les llanos, comme la flûte ou même le saxophone. Il ne craint pas de flirter avec le baroque et le celtique, papillonne avec la musique traditionnelle française, titille la musique contemporaine et batifole avec divers rythmes latinos. Mais il reste en toutes circonstances fidèle à l’instrument de ses premières amours : la harpe llanera.

En marge de toute carrière académique, Pascal Coulon promène son instrument jusque dans le métro parisien, où il trouve l’inspiration de certaines de ses compositions. Les llanos sont loin de s’imaginer qu’ils s’immergent ainsi dans les profondeurs parfois glauques de Paris !

Quelques enregistrements de Pascal Coulon :

Buenos aires llaneros/Mi Camaguán (pasajes traditionnels)
Harpe et arrangement : Pascal Coulon
Violon : Alexis Cárdenas
Basse : Sebastián Juan Jiménez

Valse en java
Composition et harpe : Pascal Coulon
Basse: Juan Sebastián Jiménez
Flute : Bernard Wystreate
Saxophone : Sylvain del Campo
Percussions : Alfredo Cutufla

Las tres damas
Composition : Ignacio “El Indio” Figueredo
Arrangement : Pascal Coulon et Sebastián Jiménez Real
Harpe : Pascal Coulon
Cuatro et maracas : Carlos Orozco
Contrebasse : José Velásquez

> Écoutez une interview de Pascal Coulon dans laquelle il parle de son instrument et de sa trajectoire musicale.

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Portrait équestre de Francisco de Miranda, par Emilio Mauri, 1887

Portrait équestre de Francisco de Miranda, par Emilio Mauri, 1887

Le lancement cette semaine par La Poste et Ipostel (les services postaux de France et du Venezuela) d’un timbre-poste à l’effigie de Francisco de Miranda, me donne l’occasion de parler de ce personnage hors du commun, précurseur des indépendances en Amérique latine et général de la révolution française. Portant la mention France-Venezuela, le timbre en question a déjà été émis par le service postal vénézuélien Ipostel tandis que La Poste le sortira en France le 6 novembre.

Qui est donc ce Francisco de Miranda, personnage suffisamment important pour mériter une émission commune entre la France et le Venezuela? Disons tout de go que ce Vénézuélien a des attaches particulières avec la France. Dès 1791, il prend une part active à la révolution française, durant laquelle il se lie d’amitié avec les Girondins Jacques Pierre Brissot et Jérôme Pétion de Villeneuve.

Sous l'Arc de triomphe

Sous l'Arc de triomphe

Il est pendant un temps général de l’armée révolutionnaire et, en 1792, participe à ce titre aux batailles de Valmy et Neerwinden, sous les ordres du général Dumouriez. Aussi est-il le seul Latino-américain à avoir son nom inscrit sous l’arc de triomphe à Paris, aux côtés d’autres combattants de la révolution française. Son portrait fait aussi partie de la galerie des personnages illustres du palais de Versailles et sa statue se trouve en face de celle du maréchal Kellerman au champ de Valmy. Voilà pour le côté face, celui que l’on commémore aujourd’hui.

Revers de la médaille

Mais il y a le revers de la médaille, dont on ne parle plus guère de nos jours, diplomatie oblige. En effet, en ces temps troublés de la révolution, Francisco de Miranda connaît quelques difficultés personnelles. Soupçonné de sympathie pour les Girondins, il est arrêté en avril 1793 sur l’ordre d’Antoine Quentin Fouquier-Tinville, accusateur public du tribunal révolutionnaire. Il est formellement accusé de conspirer contre la république.

Face aux attaques virulentes portées contre lui dans L’Ami du peuple de Jean-Paul Marat, il assume lui-même sa défense. Son éloquence et son assurance sont telles qu’il est déclaré innocent. Mais la campagne de Marat et des Jacobins contre sa personne n’en continue pas moins, si bien qu’en juillet 1793, il est une nouvelle fois arrêté. Il est alors incarcéré dans la prison de la Force, l’une des antichambres de la mort en ces temps de Terreur. À nouveau jugé, il ne craint pas d’accuser en plein tribunal le Comité de salut public de tyrannie.

Clandestinité

Francisco de Miranda par M. Tovar y Tovar

Francisco de Miranda par M. Tovar y Tovar

On ne sait trop comment Miranda s’en est finalement tiré. Il semble bien que le gouvernement révolutionnaire ne savait trop que faire de son encombrante personne. Aussi reste-t-il emprisonné à La Force jusqu’en janvier 1795, soit plus de six mois après la chute de Robespierre. Une fois libéré, maintenant convaincu que la direction prise par la révolution n’est pas la bonne, il va jusqu’à conspirer en compagnie de royalistes modérés. Arrêté une nouvelle fois, il reçoit un ordre d’expulsion du pays, mais décide plutôt d’entrer dans la clandestinité.

Il réapparaît quelque temps plus tard, après avoir reçu des autorités la permission de rester en France. Cela ne l’empêche pas de participer à une autre conjuration monarchiste en septembre 1797. La police reçoit l’ordre d’arrêter celui qu’on appelait par erreur le « général péruvien ». Il retourne alors dans la clandestinité, et, ayant perdu toute illusion quant à la France et sa révolution, s’embarque pour l’Angleterre en janvier 1798.

Péripéties

Ce ne sont là que quelques-unes des péripéties de la vie de Francisco de Miranda, grand voyageur et aventurier que Napoléon Bonaparte qualifiait de “Don Quichotte, avec cette différence que celui-ci n’est pas fou et qu’il a du feu sacré dans l’âme“.

On pourrait encore parler de sa participation indirecte, dans les rangs de l’armée espagnole venue lutter contre les Anglais, à la révolution américaine; de ses rencontres avec les révolutionnaires états-uniens George Washington, Thomas Paine et Thomas Jefferson; de ses voyages dans toute l’Europe; de ses amours supposées avec l’impératrice Catherine II de Russie; de ses expéditions en Amérique latine, pour libérer les colonies espagnoles du joug espagnol. Sans parler du côté people avant la lettre du personnage, grand courtisan et séducteur de ces dames…

Derniers faits d’armes

Retour au Venezuela de Francisco de Miranda, par Johann Moritz Rugendas

Retour au Venezuela de Francisco de Miranda, par Johann Moritz Rugendas

C’est au Venezuela qu’auront lieu ses derniers faits d’armes. Après une première expédition ratée en 1806, il revient dans son pays natal le 10 décembre 1810, alors que plusieurs juntes révolutionnaires locales, celle de Caracas en tête, s’opposent au pouvoir colonial espagnol. Un congrès est formé, une constitution est adoptée, la république est proclamée, l’indépendance est déclarée formellement le 5 juillet 1811.

La guerre civile éclate. D’abord victorieux, les républicains commencent à connaître en 1812 de sérieux revers militaires. Francisco de Miranda est nommé général en chef de l’armée et reçoit tous les pouvoirs. Mais il ne peut rien contre la poussée des royalistes et les défections dans son propre camp. Pressentant la défaite inévitable, il signe un armistice avec les royalistes le 25 juillet 1812, en échange de quoi il reçoit l’autorisation de quitter le pays. C’est la fin de la première république.

Trahison? Trahisons?

Considérant cette capitulation comme une trahison, plusieurs de ses compagnons d’armes, dont Simón Bolívar lui-même, viennent l’arrêter la nuit avant son départ et le livrent aussitôt aux Espagnols. Cela leur permet de quitter eux-mêmes le pays sains et saufs ! De cet épisode trouble, qui est sans aucun doute le plus controversé de l’histoire du Venezuela, on ne connaît toujours pas, aujourd’hui, tous les tenants et les aboutissants.

Miranda dans la prison de La Carraca

Miranda dans la prison de La Carraca

Une fois aux mains des Espagnols, Francisco de Miranda est transféré de prison en prison, jusqu’à aboutir à l’arsenal de la Carraca de Cadix, en Espagne. C’est là qu’il mourra en 1816, à l’âge de 66 ans.

Ironie ultime du personnage : il s’éteint un 14 juillet, comme pour souligner cette relation toute spéciale qu’il a avec la France.

> Pour en savoir plus :
Carmen Bohórquez, Francisco de Miranda: Précurseur des indépendances de l’Amérique latine, Paris, L’Harmattan, 2000.
Autres ouvrages sur Francisco de Miranda

Paradis des oiseaux

Steven Hilty, Birds of Venezuela

Steven Hilty, Birds of Venezuela

1381 : c’est le nombre d’espèces d’oiseaux connues au Venezuela. Soit 20 % des espèces d’oiseaux connues dans le monde et presque 40 % de celles d’Amérique du Sud. On ne dira jamais assez combien la biodiversité du pays est exceptionnelle. Et pour cause : Le Venezuela a la chance d’appartenir à trois grands écosystèmes bien différenciés : les Caraïbes, Les Andes, l’Amazonie. Il se trouve en outre sur les routes de migration de nombreux oiseaux venus du nord.

Pour les ornithologues et les observateurs d’oiseaux, c’est du pain béni. Leur ouvrage de référence pour le Venezuela, c’est celui de Steven Hilty, Birds of Venezuela (Princeton University Press). Y sont décrites et illustrées avec rigueur et précision  toutes les espèces et sous-espèces d’oiseaux présentes dans le pays. Un ouvrage indispensable pour tout amateur.

Pour illustrer cette richesse ornithologique extraordinaire, Edgar Vásquez de Pitangus est en train de réaliser une série documentaire en treize épisodes intitulée Venezuela, paraiso de aves [Venezuela, paradis des oiseaux], qui sera diffusée sur les chaînes de télévision nationales et d’Amérique latine. Je vous invite à en voir la démo. Vous ne serez pas déçus : en plus d’images de très grande qualité, vous bénéficierez de l’expérience d’Edgar, un guide de nature qui sait communiquer sa passion, même au non-spécialiste.

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Cet obscur objet du désir

Cet obscur objet du désir

Au Venezuela, le Blackberry, ce téléphone soi-disant intelligent, est devenu depuis son apparition sur le marché national un véritable objet de culte. Même les opérateurs téléphoniques s’étonnent de ce succès : 70 % des Blackberry vendus en Amérique latine le sont au Venezuela. Les ventes annuelles de cet appareil sur le marché vénézuélien sont deux fois plus élevées que celles combinées des marchés brésilien et mexicain. Mais il n’y a que 27 millions de Vénézuéliens face à 191 millions de Brésiliens et 100 millions de Mexicains. De quoi laisser rêveur…

Continuons dans les chiffres, pour nous faire une image plus précise du consommateur de Blackberry : sur le plan mondial, 70 % des clients de Blackberry sont des entreprises. Qui de plus normal pour un Business Phone? Au Venezuela, le pourcentage est inversé : 65 % des 500.000 utilisateurs de Blackberry sont des particuliers, essentiellement des jeunes de moins de 30 ans. Et qui plus est : la pénétration de l’appareil parmi les couches les moins favorisées du pays est loin d’être nulle. Ce que tous ces consommateurs en font? Peu importe. L’essentiel est d’en posséder un, et non la façon de l’utiliser.

Venezuela saoudite

On savait le Vénézuélien grand consommateur de nouveautés et de gadgets venus du Nord. À l’époque déjà éloignée de la « Venezuela saoudite » (avant la crise qui frappa le pays en 1983), il était courant pour la classe moyenne de s’envoler le week-end à Miami pour y faire quelques menues emplettes. C’était l’âge d’or du ‘ta barato, dáme dos [c'est bon marché, donne m'en deux]. À la limite de l’indécence.

De cette époque, il reste la nostalgie. Une énorme nostalgie encore bien ancrée dans les esprits. Que faire alors pour compenser la grande frustration de ne plus pouvoir consommer de façon aussi débauchée? Se reporter sur des objets qui restent disponibles sur le marché intérieur. Les téléphones cellulaires en font partie, car les compagnies téléphoniques se chargent de les importer. Mais attention : ces obscurs objets du désir doivent apporter différenciation et surtout statut. Important le statut.

Vaine illusion

Pour l’instant, le Blackberry fait l’affaire de ce point de vue, mais sa situation dominante se fragilise. En effet, maintenant que les « pauvres » commencent à l’acquérir, il perd inévitablement de son aura différenciatrice. Certains –les plus riches et les plus fûtés– ont compris la parade : ils vont acheter à l’étranger ou se font importer personnellement un iPhone décodifié. Ce dernier a le grand mérite de ne pas encore être commercialisé par les opérateurs téléphoniques du pays. Il est donc porteur de statut, car il assure une exclusivité. Armé d’un Blackberry (ou d’un iPhone, ou d’une BMW, ou d’une montre Cartier…), on veut se persuader que l’on est différent, que l’on existe, que l’on est. L’illusion est vaine, mais elle fonctionne particulièrement bien en terre vénézuélienne, qui fut longtemps terre de privation, où l’avoir prime sur l’être.

Tout cela est-il compatible avec le socialisme bolivarien que Hugo Chávez cherche à construire dans le pays, avec ses valeurs de justice sociale et de solidarité? Bien sûr que non. Car ce qui compte au fond dans ce petit jeu de la consommation à outrance, c’est d’exclure, non d’inclure ; c’est de se distinguer, non de participer.

Le socialisme a donc là, bien planté en face de lui, son ennemi principal. Qui n’est donc –n’en déplaise aux langues de bois– ni l’opposition politique, ni l’impérialisme.

Hugo Chávez dans son émission "Aló Presidente"

Hugo Chávez dans son émission "Aló Presidente"

Même ses adversaires politiques, lorsqu’ils ne sont pas de mauvaise foi, le reconnaissent : Hugo Chávez est un grand communicateur. S’il irrite, ce n’est pas parce qu’il est mauvais, mais parce qu’il est trop bon! Ses ennemis ont peine à le concurrencer sur ce terrain-là, et cela les met en rogne. Car en politique, être un bon communicateur fait gagner des votes, des centaines de milliers de votes.

La carrière de communicateur d’Hugo Chávez a débuté publiquement au matin d’un certain 4 février 1992, dans une circonstance très spéciale.

Face à l’échec du coup d’État qu’il dirigeait, Hugo Chávez demande à ses compagnons d’armes de se rendre. Il le fait avec un aplomb et une confiance en soi remarquable, assumant personnellement la responsabilité entière de ce qui s’est produit. En moins d’une minute, il fait devant les caméras du pays une prestation mémorable. Beaucoup retiendront de ces quelques paroles deux petits mots : por ahora (pour le moment), par lesquels il laissait entendre qu’il avait certes perdu une bataille, mais pas la guerre. Bref, grâce à ce don presqu’inné pour la communication, le vaincu du jour se transforme pratiquement en vainqueur.

Producteur et animateur

Arrivé au pouvoir, Hugo Chávez a tout loisir de mettre à profit ses qualités de communicateur. Il ne s’en prive pas, utilisant tous les moyens à sa portée. Pour la télévision, le média le plus populaire, il crée sa propre émission hebdomadaire, Aló Presidente, dont il est à la fois le producteur et l’animateur. Chaque dimanche, en direct depuis un lieu différent du pays (et parfois de l’étranger), il tient le micro et l’écran pendant plusieurs heures pour traiter des sujets les plus divers. À la radio, les nombreuses cadenas (diffusion en chaîne obligatoire pour toutes les radios du pays) viennent régulièrement perturber les programmations normales. Dans la presse écrite, il tient une espèce de blogue, Las Líneas de Chávez, publié dans plus d’une vingtaine de publications nationales et régionales et repris sur Internet.

Bref, l’homme est omniprésent dans les médias, cherchant à contrebalancer ainsi la machine anti-Chávez des médias dominants –laquelle est plus omniprésente encore, faut-il le préciser? S’il irrite ses opposants, il charme ses partisans, utilisant un langage à leur portée –leur langage– pour leur dire des choses qu’ils n’ont pas l’habitude d’entendre.

L’instit

Chávez se transforme ainsi en un véritable professeur, ou mieux, un instituteur –c’est-à-dire une sorte de guide complice dont on respecte non seulement l’enseignement, mais aussi l’attitude. En d’autres termes, il dépasse le simple savoir pour arriver à l’être. Et là se trouve sans doute le secret de son indéniable succès auprès des millions de laissés-pour-compte de la Venezuela pré-Chávez : paysans, ouvriers, marginaux aux petits emplois précaires, etc.

Cela nous vaut quelques « leçons » à la fois simples et profondes –une mixture pas vraiment facile à obtenir. Des leçons destinées en priorité à ces laissés-pour-compte qui, grâce à l’effort de pédagogie populaire de leur président, se sentent enfin devenir « quelqu’un ». Mais des leçons que ne devraient pas négliger pour autant (comme ils le font trop souvent) les gens « cultes », les élites, car elles véhiculent des valeurs sociales universelles qui devraient être internalisées par tous : solidarité, respect, fraternité, ouverture à l’autre…

Voici quelques exemples, sous-titrés en français, de ces interventions opportunes d’Hugo Chávez (remercions au passage Librepenseur007 qui les publie sur Dailymotion) :

Sur la morale et l’éthique sociale (juin 2009):

Sur la liberté d’expression (interview au festival de cinéma de Venise le 6 septembre 2009):

Sur les classes sociales et la relation de la bourgeoisie avec la démocratie et l’éducation (Aló Presidente du 13 septembre 2009):

Il est plutôt étonnant, n’est-ce pas, d’entendre un président parler de la sorte ? Combien voudrait-on que d’autres suivent l’exemple et soient également des « instituteurs » au service de leur peuple.

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