poupées Sarah Palin

Petite devinette : quel est le dirigeant politique qui a menacé d’évincer d’un champ de gaz appartenant à l’État la plus grande compagnie pétrolière du monde, Exxon Mobil, ainsi que ses partenaires BP, Chevron et ConocoPhillips; qui a augmenté les taxes sur les profits pétroliers de 1,5 milliard de dollars par an; et qui a empêché les compagnies privées de s’approprier d’un pipeline de 25 milliards de dollars?

Hugo Chávez, vous dites?

Pauvres amis, mais vous n’y êtes pas du tout! Il s’agit de Sarah Palin, gouverneure de l’Alaska et pétulante colistière de John McCain à l’élection présidentielle des États-Unis! Étonnant, non? Il n’en fallait pas plus pour que s’instaure aux États-Unis un débat sur le thème Sarah Palin: The Hugo Chavez of Alaska.

Hypocrisies

Ho là! Pas si vite, cowboy! Il y a beaucoup de politique à la petite semaine derrière cette affirmation choc. Par là, les Républicains cherchent essentiellement à prouver deux choses : 1. qu’ils ne sont pas à la botte des grandes compagnies pétrolières, et 2. qu’ils sont eux aussi capables d’augmenter les taxes pour les redistribuer à la population. En d’autres termes, ils veulent créer la confusion et se faire plus Démocrates que Barack Obama! Belle hypocrisie, car l’histoire ne dit pas que Sarah Palin est une fervente partisane du développement des forages pétroliers dans la réserve naturelle de l’Alaska (Arctic National Wildlife Reserve) et qu’elle est de ce point de vue la candidate du lobby pétrolier.

Ce qui ne manque pas de piquant dans ce débat profondément biaisé, c’est que, sur l’estrade, Sarah Palin s’enorgueillit d’être une « dure » qui ne craint pas de combattre de front les compagnies pétrolières. Et comment justifie-t-elle la nouvelle taxe qu’elle a imposée sur les exploitations pétrolières? « Nous retournons la vaste richesse que possède maintenant l’Alaska au propriétaire de ces ressources, le peuple de l’Alaska ». On croirait entendre Hugo Chávez en personne!

Belle hypocrisie ici aussi : ce qui est bon pour une gouverneure de l’Alaska devient subitement mauvais pour le président du Venezuela, ce « dictateur socialiste » honni par tout Républicain qui se respecte.