3 mars 2007
Décidément, je vais de surprise en surprise : un opéra à Mérida, ville de quelque 350 000 habitants, dans les Andes vénézuéliennes!
Dido & Eneas étaient de visite hier soir, dans la petite salle César Rengifo de l’Universidad de Los Andes (ULA), 350 places au plus. Je me demandais où on allait placer l’orchestre et le chœur dans un espace aussi restreint. Je m’interrogeais sur la qualité des chanteurs, des danseurs, des musiciens de ce spectacle multimédia avant la lettre (fin du 17e siècle).
Finalement, Henry Purcell (1659-1695) a été bien servi. Tout y était, et se trouvait bien en place : une utilisation de l’espace intelligente, une mise en scène simple mais créative, des artistes engagés.
Bien sûr, on peut déplorer certaines faiblesses techniques du côté des musiciens et de quelques interprètes. Mais l’essentiel était là : l’émotion! En particulier, Olga Porras –professeure de mathématiques à l’université, mais aussi musicologue et interprète– a joué une très émouvante Dido. Le chœur (la chorale de la faculté des sciences de l’université) n’a pas hésité à se lancer dans une intéressante choréographie, les sorcières ont été méchantes à souhait, l’intégration de danseurs de capoeira a donné rythme et force au spectacle.
Une fois de plus, les Vénézuéliens ont montré leurs grandes qualités artistiques et ont su compenser leurs faiblesses par ce qui fait leur force : leur sens inné de l’émotion, leur engagement sans arrière-pensées.
Le résultat? Un spectacle étonnant, amusant, dramatique,…, mené par des amateurs éclairés qui ont su rendre justice à ce chef-d’œuvre de l’opéra barroque.
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Publié par Jean-Luc Crucifix
1 mars 2007

Je savais que cela brûlait autour de moi, mais pas à ce point. Ce matin, il m’est venu à l’idée de télécharger la couche Keyhole Markup Language (KML), qui permet d’afficher dans Google Earth les incendies actifs détectés durant les 48 dernières heures en Amérique du Sud (photo ci-dessus).Quelle ne fut pas ma surprise de voir que le Venezuela, avec sa voisine la Colombie, est littéralement en flammes! L’image ci-dessus parle d’elle-même : ce sont des milliers d’incendies qui, ces deux derniers jours, ont été détectés dans le pays. La saison sèche y est bien sûr pour quelque chose, mais l’humain aide énormément : depuis le paysan qui, dans le but de « nettoyer » un bout de terrain et le préparer pour les prochaines semailles, y met le feu, sans toujours en avoir le contrôle, jusqu’au pyromane qui trouve qu’un incendie fait joli dans le paysage…
Les conséquences en sont catastrophiques pour la faune et la flore, donc pour la biodiversité, sans compter la production d’énormes quantités de CO2 dans l’atmosphère, la déforestation et ses effets néfastes sur l’approvisionnement en eau et la pollution directe provoquée par la fumée.
J’observais hier, de ma fenêtre, l’incendie le plus proche de chez moi, à seulement quelques centaines de mètres de la ville de Mérida, dans les Andes (ci-contre). Un feu minuscule, si on le compare à d’autres, sur les flancs d’une colline en face du pic Bolivar, la montagne la plus haute du pays (4980 m).
Mais on distingue aussi, de l’autre côté de la ville, la fumée d’un incendie majeur qui s’attaque au páramo de los Conejos dans le parc national Sierra de la Culata. Près de Ejido, c’est une autre fumée qui s’élève et qui, portée par le vent, empeste toute la région. Où que l’on regarde, c’est bel et bien le Venezuela tout entier qui brûle…
PS : Pour un suivi en temps presque réel des incendies sur la planète, consultez le site du Fire Information for Resource Management System (FIRMS).
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Publié par Jean-Luc Crucifix